6- Little Brother

Dimanche 24 avril 2022, il est 19h59, toutes les chaînes de télé affichent le compte à rebours du résultat imminent des élections présidentielles : d’ores et déjà, les sondages mettent en évidence un coude à coude ultra serré entre le « candidat en marche avant » et la « candidate décroissante en marche arrière » comme les avaient baptisé.es Libération, à l’issue du premier tour… de vices ? de vis ? Fallait-il donner crédit à ces résultats puisque le mensonge régnait en maître sur Le Domaine depuis bien longtemps déjà ? Fi de cela, examinons les parties.

Superbement esbaudi dans son palais pestilentiel, doté d’une cour garnie de terrassiers, charpentiers, menuisiers, maçons et plombiers, il s’apprête au nouveau couronnement fitnal, heu… final…heu fatal… Je ne sais pas.

À 19h59 minutes et 30 secondes il s’exclame « Êtes-vous prêts à finir le trou ? ».

« Oui chef » répondirent les valets céans.

NDLR : Chers lecteurs, je vous dois une explication : la terre est plate, n’est-ce pas ? Évidemment ! Nul ne le conteste autour de notre héori…heu ! … héros…heu ! …honni…. Je m’y perds. Soyez patients chers liseurs (euses). Soyez courtois. Donc, compte tenu de cette platitude, il fait montre, une fois encore, d’une bravitude remarquée, et comme un seul homme, soucieux de sa seule postérité, si méritée, il ambitionne percer la croûte terrestre, si peu épaisse, afin d’installer, par en dessous, un somptueux palais, garni de valets et prébendes, issus de son glorieux très passé, afin, peine de règne assouvie, de se prémunir des avanies du-dessus, par lui advenues. Ainsi pourra-t-il bientôt se délecter dans son isoloir, d’un air pur et d’infinies ressources neuves et saines. « Ah, bienheureuse immoratalité ! ». Pour ce faire, point besoin de la cassette d’harpagon, les esclaves y pourvoiront, munis des précieux outillages, par lui nommés « tour de vis » … heu… »tout de vices » … je m’égare à nouveau. Allez, disons tourdevisces, au cas où le mot « emploi » n’y suffirait pas. Car, en effet, l’oisiveté étant la mère de tous les vices, l’emploi de présidant est opportun tourdevisce. Cet Alexandros Grantos Micronos Premieros, n’eut de cesse, rappelez-vous, de creuser… creuser, ce que nous pensions être notre tombe à tous. Erreur ! Grossière erreur ! « Fuck off le troupeau, je vais me glisser subrepticement dans mon garde-manger à moi, à moi, vous dis-je, est-ce clair ? Inutile de terrasser votre tombe, vous y êtes déjà. C’est compris ? Je ne le redirai pas une autre fois. Allez, au boulot, marchez, droit devant, et marnez en silence s’il vous plait. Affouillez, extrayez, coupez, sabrez, croissez, multipliez, pesticez, lavez à grande eau, fabriquez, progressez… progressez, m’entendez-vous au fond de vos campagnes, creusez le sillon, je répète, creusez le sillon, c’est le fond qui manque le moins, et vous les gafaffammés, mes fidèles con-pagnons, prenez soin de balayez tous les obstacles qui élèveraient un front devant mes si légitimes et si justes aspirations ».

« Oui chef ».

Voilà succinctement brossé le premier tableau. Je l’adoros ! Ah oui ! je l’adoros, le Primeros. Fin de la NDLR.

À 19h59 minutes, l’immonde (selon les sondages) candidate de l’opposition, vaccinatate contre les tourdeviscates, juchée sur 4 palettes, aux normes européennes, en guise de fauteuil, se gavait, telle une vache enchamptée, d’infâmes légumes bio, dans son studio du 29ème étage sarcellisé, ascenseur en panne depuis 8 ans. Cette vieille folle, habitait un étage de plus chaque année, car, disait-elle, « plus il creuse, plus je m’élève, ça compense ».

Pas de télé, évidemment, elle l’avait échangée contre des poignées de mains et de cerises.

Complètement folle je vous dis, enfin, plutôt comme ils disent, 5 fois par jour, de son balcon branlant, elle se tourne vers l’unique arbre de la cité, un chêne centenaire, et crie, aux feuilles qui pendeloquent, des inepties du genre :

« Prisonniers du monde entier, vos gêoliers sont vos billets, vos machines à laver, vos cracheurs de feue la démocratie, vos crieurs à la maréechaussée, vos médecines à varier les plaisirs, vos ordonnateurs portables, vos cellophones à taire rare, votre agroculte à la viande à chier, vos urnes urinoirs, vos métros et tramways comblés d’asphyxiante confornormitée. Libérez-vous de vos chaînes… de télé, libérez-vous de vos mentors professionnels, reculez vers le temple des pestiférants, bâti pour eux avec l’or de nos vies. Reculons ensemble pour détruire ces murs de la honte, pour avancer et voir grandir notre chêne séculaire, grâce aux rayons de soleil que nous lui offrirons ensemble ».

Malgré son grain de point finie, elle reçue les suffrages de 1,2% des votants, les autres candidats n’ayant eu le loisir d’en collecter, chacun, moins qu’elle.

C’est dire si les je étaient faits.

À 19h59 minutes et 30 secondes, elle se rendit sur son dit promontoire afin d’y clamer la 5ème et dernière bavassée du jour.

Elle n’eut pas le loisir de s’y faire entendre car une foule de voyous iconoclastes, massée sur la dalle bétonnée de son merveilleux environnement tache elle aime, scandait, casseroles, assiettes et récipients divers brandis à bout de bras, hagards tournés vers elle : « Liberté, liberté, plat net, plat net, des croissants, des croissants ! ».

20h sonna. 30 secondes de pub aux micros sauvte, pour le goût gueule des faces de boucs émissaires.

20h et 31 secondes : la folle est élue avec une écrasante majorité.

Quel est l’artifice qui provoqua ce raz de bolmarée au profit d’une des rangées ?

Les journal, eux, se précipitèrent chez la bonne femme pour recevoir les ordres de la nouvelle patronne.

Quelques-uns atteignirent le 29ème étage. Les autres moururent d’asphyxie, dès le 9ème, dans les escaliers du merveilleux poulailler industriel.

Comme il se doit, les chiures-vivants, n’attendirent pas l’ouverture de la porte et la défoncèrent.

Les questions fusèrent à l’adresse de l’élue.

Dans un premier temps elle les fit reculer, descendre d’un étage, se tourner dans le sens de la descente et, au-dessus d’eux, imposa le silence. 5 minutes de silence.

Puis elle posa cette question : « Êtes-vous heureux de mon érection ? »

« Oui chef ! » rugit le chœur.

Silence. 3 minutes de silence.

« Comment expliquez-vous mon érection surprise ? »

« Parce que l’autre il a dit qu’il voulait emmerder les français et ça n’a pas plu à tout le monde ».

« Donc, vous pensez que lesdits français me prennent pour une démerdeuse, celle qui va nettoyer les écuries ? ».

« Oui chef ».

« Mais ça pue les écuries, et puis le fumier, où va-t-on le mettre ?

« Chez les voisins chef, chez les voisins ».

« Mais les voisins en ont souvent plus que nous, que fera-t-on alors ? »

« On s’en fout, Chef, pourvu qu’on soit bien chez nous, Chef, et qu’on continue comme avant, Chef ».

« C’est quoi continuer comme avant ? ».

« Marcher droit, taillader, extraire, traiter, enfouir, s’approprier, guerroyer, grandir, croître, grossir, gagner, acheter, inventer, punir, écraser, outrepasser, bref, profiter de la vie. En tout cas c’est qu’ils nous disaient la haut. Y sont quand même plus intelligents que nous tous, non ? Nous on obéit parce que, eux, ils savent. Et puis on s’en fout, du moment qu’on a à manger, et qu’on peut jouer…le reste, rien à foutre ».

« Parfait, parfait…, mais maintenant que je suis là-haut, c’est moi qui sais. Me croyez-vous ? ».

« Oui chef ».

« J’ai un scoop à vous divulgâcher, dont vous allez vous régaler ».

Cette promesse de nouvelle sensationnelle, synonyme de promotion et d’abondante fructification, fit l’effet d’une bombe parmi les journal, eux. Chacun exigeant d’être le seul porteur du scoop, les deux plus forts estourbirent leurs homologues. À ce moment-là, la Madame fit cesser le combat.

« C’est quoi, Madame, c’est quoi le scoop ? ».

« Little Brother vient de m’informer qu’il avait attrapé une gastroentérite aigue ».

« Et alors ? On s’en fout aussi ! ».

« Vous connaissez les effets des gastroentérites, n’est-ce-pas ? »

« Ben oui, ça sort de tous les côtés ».

« C’est cela en effet, mais il convient de trouver l’endroit idéal pour se délivrer des chargements intempestifs, n’est-ce pas ? »

« Ben quoi ? Il a des chiottes, non ? Il n’a qu’à s’en servir ».

« Oui, c’est ce qu’il compte faire, mais il a du mal à choisir entre les deux cabinets les plus sales dont il dispose. Il ne souhaite pas barbouiller ses immaculés autres lieux d’aisance, si immaculés d’ailleurs que leurs locataires en ont fait des salons, salle à manger, où, selon les dires de mon correspondant, ils peuvent manger parterre. Il m’a donc mis le marché en main ».

« Quel marché ? »

« Eh bien voilà. Notre planète, et une lointaine voisine, se disputent, en son brillant cerveau, les honneurs de recevoir ses excréments et ses vomissures.

La nôtre, en effet, à ses yeux avertis, possède toutes les qualités requises de saletés, de délabrement et de vieillissement pour qu’elle lui serve de poubelle ou dégout préférée, avant incinération, extermination ou extinction définitive des microbes qui en tiennent lieu d’habitants et de dégustateurs. Une seule autre planète, lointaine, disais-je, nous ferait une sévère concurrence. Little Brother nous laisse le choix. Soit, nous nettoyons nos écuries, nous cessons de produire des vapeurs nauséabondes et toxiques, nous entamons un processus de régulation des diverses productions et de partage entre tous, et nous évitons ainsi les cadeaux de notre ami ; soit nous continuons comme avant, ainsi que vous le disiez, et dans ce cas, LittleBrother se fera un plaisir de libérer ses flans des doux effluves dont il nous aura réservé la primeur ».

« Mais c’est dégueulasse ! On ne mérite pas ça. Il le savait Alexandros Grandos Micronos Primeros ? ».

« Bien sûr qu’il le savait, mais, préférant creuser son trou d’or dur massif, pour se protéger desdits effluves, et n’ayant ni le courage, ni l’intérêt de prendre balai, balayette, petite pelle, ni ceux d’interdire les pestiférations multiples, il se garda bien d’en faire l’annonce à qui aurait pu l’entendre et agir. »

« Mais c’est dégueulasse ! ».

« C’est normal car vous utilisez vos bulletins de vote comme des torches culs. Vous avez eu ce que vous méritez ».

« Bon ben alors qu’est-ce qu’on fait ? ».

« Ah voilà une bonne question ! N’auriez-vous pas l’envie des offrandes de notre Little Brother ? En êtes-vous sûr ?

« Oui, Chef, oui ! On ne veut pas de ses cochonneries ».

« Très bien. Je vous rassure, moi non plus. Mais il va falloir se mettre très vite au boulot parce les gargouillements intestinaux et stomacaux de notre informateur nous obligent à une réponse urgente ».

« Dites, Madame la Présidente, si on est tout seul à faire le ménage, ça suffira pas pour empêcher notre grand patron de faire des siennes sur nous tous ».

« Évidemment, très bien vu. Pour éviter le gras bouge général, je vais partager l’info avec mes homologues plat net taire, afin de faire briller de mille feux chaque recoin de notre galette. Çà c’est mon premier job. Vous pendant ce temps-là vous répandrez la nouvelle et ferez en sorte de mobiliser tous les microbes de notre pays ».

« Et si les autres ils ne veulent rien faire ? »

« Les nezs des ores qu’on dora, supputant l’élévation imminente du niveau de la mer de Little Brother, n’auront d’autres choix que de s’en parer de conscience et renoncer au lucre actif et privilégier leur sauve tâche.

Afin de ne point se priver de leur or gueule de loups affamés, ils sauront, avec la splendor qu’ils affectionnent, imposer, à leurs pissantes populaces et voisins, l’usage des désordorants et autres des uns fequants.

Ainsi naîtra un orgasme international, à but non-lucre actif, a pelleter à distribuer toutes les ressources, natures, elles, en fonction des stricts besoins de tous les habitants, sans en oublier un seul. Ce sera le début de la libération de l’or par l’homme. LA LIBERTE ».

« Dites madame, y aurait pas un endroit où on pourrait aller tous les trois, pour nous éviter tout ce fatras. Un truc, rien que pour nous trois. Hein ? Ce serait bien non ? Comme ça on serait tranquille non ? On a qu’à piquer le palais sous la planète d’Alexandros Grandos Micronos Primeros. Hein Madame ? »

« Ça, c’est du « comme avant ». J’évoquais il y a quelques instants la notion de liberté. Ma devise sera celle-ci, souvenez-vous en et faites-en vos titres : « Parce que défendre la liberté ce n’est pas permettre à quelques-uns de s’affranchir des limites, mais permettre à toutes et tous de bien vivre ensemble ».

« Bon ben d’accord Chef. On va faire comme vous dites, on compte sur vous ».

« Non, non, on ne compte plus. Terminé les con-tables, et les con-teurs de pas fiables. On décompte, on des couches, on recule, on montre ses fesses propres, plus de fuck, plus de trucks, plus de trucs, on rabaisse son caquet et les coquets diamantés.

Mais pour cela, gentils demoiselles et damoiseaux, veuillez désormais distinguer dans vos poches entre les mouchoirs, les bulletins de vote et les torches culs, vous respirerez mieux et plus longtemps ».

« Oui Chef ! ».

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