Chacun.e se souvient de cette interrogation du président Macron lors de ses vœux du 31décembre 2022 : « Qui aurait pu prédire la vague d’inflation, ainsi déclenchée [par la guerre en Ukraine] ? Ou la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été dans notre pays ? »
Chacun.e se souvient de la phrase du président Chirac lors de son discours au 4ème sommet de la Terre en 2002, à Johannesburg : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».
Qui se souvient de ce que René Dumont, candidat à la présidentielle de 1974, prédisait : « Vous savez ce qu’il va se passer ? Nous allons bientôt manquer de l’eau, et c’est pourquoi je bois devant vous un verre d’eau précieuse puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera ».
Qui a lu Silent spring (1962 ; première traduction française dès 1963) de Rachel Carson dont le livre s’ouvrait sur une citation d’Albert Schweitzer : « l’homme a perdu l’aptitude à prévoir et à prévenir. Il finira par détruire la Terre« .
Oui, mais pour prévenir, il faut au préalable avoir identifié les causes.
Oui, mais pour prévoir, il faut au préalable avoir cherché les causes.
En effet, soigner les effets, ce n’est pas exactement la même chose que s’attaquer aux causes.
Cette recherche, cette enquête, dirigée vers les causes devrait être un préalable à toute action, à tout engagement ; sous peine de n’affronter, au nom de l’urgence, que des effets et de laisser intactes les causes.
Ces derniers jours, cela a donné côté RN « un grand plan d’équipement pour la climatisation » ; côté Maud Bregeon, l’annonce bravache de l’arrivée de l’A400M…
Mais chacun sait qu’il en ira cette fois comme des fois précédentes : les « derniers de cordée » seront renvoyés à la réalité de l’austérité budgétaire et la crise suivante, forcément « extraordinaire », prendra la place dans le flux des « actualités ».
Trêve d’ironie et d’amertume : si au moins toute cette agitation pouvait nous servir de leçons, à nous qui nous présentons en faveur de la décroissance, pour cesser de (se) raconter que nous pourrons nous opposer au paradigme de la croissance en croyant qu’il suffirait de crier à l’urgence de l’effondrement (les bulles noires) ou d’affubler nos critiques de tous ces adjectifs pour rendre la décroissance « sexy » (les bulles roses). Telle est l’un des leçons politiques des 6 jours que nous venons de passer pendant nos (f)estives en relisant André Gorz et en cherchant les « freins à la décroissance ».
C’est d’une décroissance d’attaque dont nous avons besoin pour garder quelque… espérance.

Oui, mais pour prévenir, il faut au préalable avoir identifié les causes.
Oui, mais pour prévoir, il faut au préalable avoir cherché les causes.
Linkedln fait partie des causes !!!!