Les fables sont riches d’enseignements. Celle d’Ésope, L’enfant qui criait au loup, apparaît particulièrement instructive : un jeune berger mentait pour s’amuser, en criant au loup et sollicitant l’aide du village, alors qu’aucun danger ne rôdait ; jusqu’au jour où vint réellement le loup, et où plus personne ne répondit à son appel.
Qu’en retenir et quel parallèle avec aujourd’hui ?
La funeste conclusion à laquelle conduit nécessairement une parole que l’on ne croît plus, démonétisée comme l’on dit. Pis encore lorsque cette parole est politique. Que peut-il advenir sans confiance ?
40 fois en trois mois, voilà le décompte (de CNN) des fois où Donald Trump a annoncé un accord imminent avec l’Iran. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? Un faisceau d’indices pourrait le laisser à penser, d’autres acteurs ayant eu la sagesse, eux, de ne pas crier au loup. Et nous ne pouvons que l’espérer.
Cela dit, l’évanescence des déclarations de ce triste king n’est, malheureusement, plus une surprise. Pourrait-il même être sincère, et in fine se duper lui-même avant tout ? Répondre à ces questions est hors de notre portée, et même si elle l’était, il serait bon d’y réfléchir à deux fois avant de s’y aventurer, car l’obscurité ou le néant nous y attendraient probablement. Et plus encore, serait-ce seulement nécessaire ?
Notons que sa parole n’est pas encore totalement démonétisée pour tous : les marchés financiers comme les petits boursicoteurs, continuent à le croire, ou a fortiori à accorder une certaine importance à ses déclarations. A l’annonce d’une opération militaire, le cours du pétrole s’envole et les bourses chutent. A l’annonce d’un accord, le cours du pétrole dégringole et les bourses repartent à la hausse.
De proche en proche, ne devrions pas nous demander si cette versatilité boursière, plutôt qu’une conséquence, ne serait pas plutôt une cause de l’instabilité trumpienne ? Tout le laisse à penser, et, à la différence de Midas, il semble naïf d’espérer que Donald s’aventure un jour à plonger dans les eaux du fleuve Pactole.
