La décroissance, votre drapeau, notre expérience

La lecture de l’intervention de Delphine Batho à la Convention nationale de GE du 11 juillet 2021[1] a été une bonne surprise pour nous qui militons depuis des années pour faire avancer les idées de la décroissance.

« Faire avancer ces idées » pour la Maison commune de la décroissance (la MCD), c’est assumer de d’abord « faire sens » avant de « faire nombre ». Ce « faire sens », c’est mettre à disposition de toutes celles et tous ceux qui veulent échapper au « monde de la croissance » des critiques, des analyses, des concepts, des propositions… Le « commun » de la MCD c’est celui de la mise en commun, mais pas celui du plus petit dénominateur commun.

1. Notre grille de lecture : 3 façons d’esquiver la décroissance 

Comment avons-nous lu ce texte ? L’expérience nous a permis de repérer qu’il y avait 3 façons principales de manquer la décroissance tout en s’en revendiquant pourtant :

1.1 La critique du capitalisme sans critique de la critique du capitalisme

On sait bien qu’on n’a pas attendu la décroissance pour critiquer le capitalisme. Les socialismes (utopiques, marxistes, socio-démocrates) l’ont porté depuis presque 2 siècles. Mais aujourd’hui – sauf à n’avoir pas rompu avec les mythes du matérialisme historique – il faut constater la résilience du capitalisme (le socialisme financier et numérique pour dépasser les contradictions du capitalisme de consommation qui lui-même devait dépasser les contradictions du capitalisme de production). Face à ces « succès successifs » du capitalisme[2], nous n’opposons le plus souvent que des lambeaux de la vulgate marxiste. Cette paresse idéologique dans la critique du capitalisme – cette absence de critiques de la critique du capitalisme – est d’autant plus indigente que le capitalisme a su profiter du travail idéologique[3] accompli par le libéralisme depuis le Colloque Lippmann (1938) et les travaux de la Société du Mont- Pèlerin (depuis 1947) pour détenir aujourd’hui l’hégémonie culturelle.

→ la décroissance doit porter le projet idéologique de repenser dans son intégralité une critique du capitalisme. Quitte même à se remettre dans la lignée du socialisme : ce qui ferait de la décroissance un socialisme pour le 21ème siècle, un « socialisme sans croissance »[4], un socialisme de la vie sociale[5].

1.2 La critique tronquée du monde de la croissance.

Il ne faut jamais sous-estimer à quel point la croissance (comme idéologie) peut avoir colonisé nos imaginaires. Les marques les plus flagrantes de cette colonisation sont a/ la critique sur le choix du nom de décroissance et b/ la suggestion qu’il faudrait une décroissance sélective.

  1. Sur le choix du nom : il serait « négatif », il resterait dans le vocabulaire de l’économie. Cette critique ne comprend pas que la croissance est un concept qui a réussi à devenir « un monde et son idéologie » ; cette incompréhension est en réalité un déni du dépassement des plafonds de la soutenabilité écologique. Ce dépassement a une conséquence terrible : il ne s’agit pas simplement d’arrêter de croître, il va falloir décroître : voir notre tribune récente dans Le Monde[6].
    1. Sur la décroissance sélective : là aussi cette critique est dans le déni que la croissance est « un monde et son idéologie », qui transforme tout « être » en « avoir ». La variante la plus courante est qu’il serait bon de défendre une croissance du bonheur[7]. A contrario de millénaires de spiritualité, voilà que même le bonheur[8] devrait croître alors que toutes les sagesses du monde ont au contraire toujours défini le bonheur par l’équilibre et le durable, le constant.
    1. Les critiques tronquées de la croissance, de son monde et son idéologie trouvent deux autres domaines où se loger : i/ l’oubli que la critique de l’économie doit porter sur toute la chaîne, à savoir l’extraction, la production, la distribution, la consommation et les déchets ; ii/ la croissance comme « monde et idéologie » est portée par l’idée de Progrès (celui que l’on n’arrête pas !) : beaucoup de critiques de la croissance ont néanmoins du mal à se lancer dans des chantiers idéologiques de reconsidération de la technique[9], du travail[10]

1.3 La critique comme inventaire d’opinions juxtaposées et de ressentis bricolés.

Le traumatisme causé par les idéologies systématiques (totalitaires) ne doit pas être écarté. Pour autant, il ne s’agit pas d’osciller d’un extrême à l’autre et de passer du système à la mosaïque, au patchwork. La patchworkisation idéologique résulte d’une victoire intellectuelle du relativisme (et de l’individualisme) et se manifeste de plusieurs façons :

  1. La réduction de la décroissance à la simplicité volontaire. Elle peut être aussi nécessaire que l’on veut (en particulier parce que la décroissance n’est pas qu’un engagement mais qu’elle est aussi un mode de vie ; et c’est pourquoi la première question que l’on pose à un militant décroissant c’est s’il a un portable, une voiture, une carte bleue…) elle ne peut pas prétendre est suffisante : à moins de valider une version décroissante de la main invisible qui réussirait à unir « tous les gars du monde… ». Il ne faut pas que le palmier des « petits gestes » cache le désert de la transformation sociale et écologique.
  2. La réduction de la décroissance aux « alternatives concrètes » et aux « expérimentations minoritaires ». Là aussi, elles peuvent être nécessaires (en particulier pour retrouver un plaisir et un sens du collectif) mais elles ne peuvent prétendre être suffisantes pour « changer le monde »[11]. Il ne faut pas que l’oasis cache le désert[12] : car il n’y a pas de main invisible qui garantisse que toutes ces initiatives qui prétendent préfigurer le monde d’après puissent suffisamment essaimer pour aboutir à la bifurcation où une masse critique ferait basculer la société du « bon côté ».

→ C’est de théorie et d’histoire dont la décroissance a besoin pour échapper à ces « politiques des confettis » dans lesquelles : à chacun sa simplicité volontaire, les alternatives renfermées dans l’entre-soi. De théorie pour théoriser les pratiques ; d’histoire pour arrêter de se raconter que « cette fois-ci, ça va être la bonne » alors qu’il n’y a là qu’ignorance de toutes les vagues d’alternatives qui se sont succédées depuis le 19ème siècle et qui ont échoué ; et elles ont peut-être d’abord échoué parce qu’elles ont refusé de tirer les leçons des échecs précédents (dans un mélange d’anti-intellectualisme et de culte du  « nouveau » et de la « première fois »).

2. Le combat politique de la décroissance et la voie des valeurs

Pourquoi ce rappel des 3 esquives de la décroissance ? Après tout, ne suffirait-il pas de constater les dégâts du monde de la croissance et de son idéologie pour convaincre de s’engager en faveur de la décroissance, c’est-à-dire en faveur d’une organisation démocratique de mesures pour repasser sous les plafonds de l’insoutenabilité écologique ? Pas simplement d’arrêter la croissance (ça, c’est l’objection de croissance), non de repasser sous les indicateurs quand ils sont dépassés (empreinte écologique, jour du dépassement…).

Si c’était le cas, tout le monde ne devrait-il pas être devenu décroissant ? Or ce n’est pas le cas[13]. Pourquoi ?

Parce qu’il serait naïf de croire que l’on devient décroissant en constatant les dégâts de la croissance (faire « les dégâts des lieux ») ; c’est l’inverse qui se passe. C’est celui qui est décroissant qui voit les dégâts de la croissance comme une évidence.

Être décroissant.e, ce n’est donc pas d’abord partager des faits et des constats, c’est d’abord partager des valeurs (qui doivent être présentées comme des « préférences »[14] fortes).

Le combat politique porté par les partisan.es de la décroissance doit donc retrouver la voie des valeurs.

Ce sont ces valeurs qui nous permettront de critiquer la croissance :

  • Critique physicaliste de la croissance[15] : une croissance infinie dans un monde fini est impossible.
  • Critique culturaliste de la croissance : une croissance infinie dans un monde fini est absurde.
  • Critique politique de la croissance : une croissance infinie dans un monde fini est indécente et injuste.

3. Nos motifs de satisfaction sur ces textes

A la lumière de tout ce qui précède, voilà pourquoi la MCD a relevé avec beaucoup de satisfaction :

  • Que la dénonciation de la croissance comme « arnaque totale » vient après l’engagement en faveur de la décroissance[16].
  • Le paragraphe qui assume le terme de décroissance – et pas a-croissance, post-croissance, croissance sélective… – a été un pur régal.
  • Il est vrai que toutes « les autres forces politiques proposent le même choix » de la croissance.
  • Le refus de continuer à prendre l’indicateur du PIB comme boussole pour orienter nos politiques[17].
  • La bataille politique qui assume la décroissance est bien une bataille culturelle.
  • Le lien très fort qui doit relier décroissance et écoféminisme[18] : Quand l’économie prend toute la place, alors l’économie de marché produit une société de marché. Dit autrement : la sphère de la production économique (marchande) colonise la sphère de la reproduction sociale (non-marchande). Or il se trouve que dans le capitalisme, cette sphère de la reproduction sociale est assignée aux femmes : et c’est ainsi que la domination économique (l’exploitation de l’homme par l’homme) est en même temps une domination patriarcale (l’exploitation de la femme par l’homme).
  • La critique de la présidentialisation de la République en France.
  • Le § sur les écologistes « potentiels » est un plaidoyer en faveur des gens de tous les jours, ceux de la décence ordinaire  (George Orwell), ceux de la « vie sociale  »[19].

4. Quelques réticences de la MCD

Nous pourrions juste exprimer trois réticences :

  1. Il reste quelques concessions malheureuses à l’idéologie de la croissance : cette idéologie pour qui le « plus » ce serait « mieux » (alors qu’il suffirait que ce soit « bien »). Le § sur la décroissance que l’on ferait « sans le savoir » retombe dans les rets du « plus » et se met à quantifier ce qui n’est que qualité (de vie). Le dernier alinéa du 6ème § de la « note de campagne » propose aussi un tel inventaire des « plus » de la décroissance. En particulier « plus de sens » : cette formule n’a pas de… sens ; sauf celui de n’être qu’une… formule. Le « slogan » de la MCD est : « la croissance n’a pas de sens ; le bon sens, c’est la décroissance ».
  2. Sur la question du travail et de l’emploi (et du réemploi) : la critique que l’on doit porter contre le travail doit se justifier par une revalorisation sociale de l’activité, de toutes les activités[20], marchandes et non-marchandes, rémunérées et gratuites. Dans ce cas, il faut être très au clair sur l’emploi des termes « travail » et « activité » : ils ne sont pas opposés mais ils sont différents parce que le travail n’est que l’une des formes d’activité[21]. La vie humaine ne peut pas exister sans activité (vita activa, selon Hannah Arendt) mais la valorisation du travail comme « valeur » est récente depuis les temps modernes et résulte d’une réévaluation portée par une réforme religieuse certes mais d’abord par une poussée idéologique de la bourgeoisie (qui dans les 3 ordres des temps féodaux ne trouvait pas sa place puisque la bourgeoisie était riche comme le clergé et la noblesse mais travaillait comme le tiers-état) : bref, la valorisation moderne du travail a accompagné celle du capital. Critiquer l’un sans critiquer l’autre, c’est bancal et c’est risquer d’être pris à revers. Pour le dire d’une formule, quand on défend une réduction du temps de travail, il ne s’agit pas de dire « qu’il faut travailler moins pour travailler tous » mais à l’inverse « qu’il faut s’activer tous pour travailler moins ». Ce que l’on voit aujourd’hui dans la précampagne présidentielle, c’est le retour d’une « société du travail ».
  3. S’il manque une thématique forte, il nous semble que c’est celle d’un retour au Commun[22]. Celui qui ne dispose pas du minimum est rejeté hors du commun ; celui qui dispose du plus que superflu se place lui-même hors du commun. Les inégalités sont des injustices et elles sont vécues comme des humiliations. La décroissance doit être capable de s’afficher comme une décroissance contre les inégalités et d’assumer toute une rhétorique contre les fables de la richesse (le gain comme mobile universel, le mérite, le déversement…).

5. La décroissance : une philosophie politique humaniste dans un cadre écologique

Pour la décroissance, toutes ces analyses sociales se placent dans un cadre écologique. Il ne faut pas placer l’écologie au cœur de la politique mais placer la politique au cœur de l’écologie.

Cela veut dire que :

  • Les limites de capacité de charge ne sont pas des contraintes mais juste le domaine de définition (l’espace écologique[23] avec ses planchers et ses plafonds[24]) à l’intérieur duquel se loge l’espace public de l’action et de la discussion politiques.
  • Ses limites doivent être pensées comme des autolimitations : non seulement parce que les humains sont des êtres vivants mais aussi parce que, même s’il n’y avait pas de telles limites[25], nous ne trouverions aucune raison de continuer à maltraiter la nature comme un stock de « ressources ».

La comparaison des empreintes écologiques entre pays permet d’affirmer que les inégalités sociales sont des inégalités écologiques.

D’où la capacité de la décroissance pour être à la fois une écologie radicale et un socialisme de la vie sociale.

Pourquoi donc un socialisme de la vie sociale doit-il protéger la nature ? Parce qu’un tel socialisme est un socialisme où la liberté n’est pas définie par l’indépendance (conception libérale) mais comme interdépendance[26]. L’interdépendance est la clé. Parce que la nature est l’écosystème des vivants interdépendants dont nous faisons partie, comme nous le savons et le sentons.

Nous n’avons donc pas besoin d’inventer on ne sait quelle finalité extérieure à la nature (qui serait un intelligent design) pour s’en sentir responsable, nous n’avons pas besoin de prétendre en être les sauveurs ou les protecteurs, nous avons juste à vouloir pour objectif de prendre la responsabilité d’assumer la continuité de ce qui est notre condition naturelle. Pas plus, pas moins.

Nous ne le faisons pas pour la nature, nous le faisons pour notre humanité. Voilà aussi pourquoi nous sommes plus inquiets des menaces sociocidaires que notre irresponsabilité écologique fait peser sur l’humanité que sur des menaces écocidaires que l’évolution libre du vivant saura de toutes façons surmonter.

L’humanité aura depuis bien longtemps disparu et abandonné ses chimères de « progrès » que la nature continuera son évolution.


Notes et références

[1] Nous référons par la suite directement à ce texte ; et indirectement à la note de campagne « La décroissance, pourquoi, comment et comment ? ».

[2] Pour les succès du capitalisme, la fameuse boutade de Warren Buffet : « la lutte des classes existe, et c’est nous les riches qui l’avons gagnée ».

[3] Serge Audier, Néo-libéralisme(s), Grasset, 2012. De ce livre, nous devons tirer une terrible leçon : C’est d’un effort idéologique – et donc théorique –  équivalent à celui accompli par le libéralisme dont nous avons besoin pour porter une forte critique contre le capitalisme. Ce travail aujourd’hui n’a pas été fait. Est-ce à la décroissance de le faire ?

[4] https://www.terrestres.org/2021/02/18/la-decroissance-le-socialisme-sans-la-croissance/

[5] https://ladecroissance.xyz/2019/09/10/vie-sociale/

[6] https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/24/la-decroissance-sera-certes-une-recession-mais-elle-ne-sera-pas-une-depression_6095899_3232.html

[7] La référence au BNB du Bhoutan arrive vite.

[8] https://ladecroissance.xyz/2021/08/07/en-quoi-la-decroissance-porte-bien-son-nom/

[9] Interview pour Mr Mondialisation : https://ladecroissance.xyz/2018/07/17/1348/

[10] https://decroissances.ouvaton.org/2021/03/12/eloge-indivision-sociale/

[11] Voir par exemple notre contribution au n°14 de la revue canadienne Nouveaux Cahiers du Socialisme (automne 2015) : https://id.erudit.org/iderudit/79390ac.

[12] Il faut s’interroger sur l’étrange faveur dont jouit aujourd’hui dans les milieux alternatifs la notion d’archipel alors que l’archipélisation est l’une des manifestations les plus efficaces de la fragmentation du vivre ensemble, de la « dissociété » (Jacques Généreux).

[13] https://trends.google.fr/trends/explore?date=all&geo=FR&q=decroissance,effondrement

[14] https://decroissances.ouvaton.org/2021/06/08/preferer-la-decroissance/#Preferer_la_decroissance_a_la_croissance_une_affaire_de_preference

[15] Seule cette première critique est explicitement formulée dans la « note de campagne ». Les 2 autres critiques ne le sont pas aussi explicitement.

[16] Dans la « note de campagne », le constat physicaliste précède le constat n°2 qui mêle la question du bonheur et celle des inégalités. Cet ordre est plus classique mais c’est cet ordre classique qui prête le plus facilement le flanc à la présentation de l’écologie comme écologie punitive. Alors que 1/ c’est l’économie aujourd’hui qui est une économie punitive ; b/ la croissance pour la croissance est un projet social qui paradoxalement vide de sens la « vie sociale ».

[17] Mais – à cause de l’impossible découplage entre PIB et empreinte écologique – il restera un indicateur tant que l’empreinte écologique n’aura pas retrouvé un niveau soutenable.

[18] https://decroissances.ouvaton.org/2020/10/18/feminisme-et-decroissance/

[19] https://ladecroissance.xyz/2019/09/10/vie-sociale/

[20] C’est évidemment dans cette reconnaissance que trouve place une revendication comme celle du revenu universel : https://ladecroissance.xyz/2021/06/26/dossier-sur-le-revenu-inconditionnel/. Lire de Michel Lepesant et Baptiste Mylondo, Inconditionnel, une anthologie du revenu universel, éditions du détour, 2013.

[21] L’activité est le genre ; le travail n’est qu’une espèce d’activité. On peut valoriser les activités – en particulier celle de la sphère qui s’occupe et prend soin de la société, la sphère de la reproduction sociale – sans tomber dans le piège de valoriser le travail en tant que tel. Cette remarque a des conséquences très forte pour savoir quel écoféminisme la décroissance peut défendre : le rattrapage par le travail ou bien le rattrapage par le soin ? Est-ce aux femmes de se libérer en travaillant comme des hommes ou bien aux hommes de s’émanciper du monde de la production et de rediriger leur soin vers la protection de la société en tant que telle ?

[22] https://decroissances.ouvaton.org/2020/08/30/la-double-dynamique-vertueuse-du-commun/

[23] Ce concept d’espace écologique est fondamental pour la décroissance, et il faut en remercier Les Amis de la Terre : https://www.amisdelaterre.org/wp-content/uploads/2018/08/societe-soutenable-web-.pdf .

[24] https://ladecroissance.xyz/2019/07/06/espace-ecologique/

[25] https://ladecroissance.xyz/2019/06/09/quand-bien-meme/

[26] https://ladecroissance.xyz/2020/12/17/interdependance/


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