Article 8 des Statuts – La mutuelle

L’A.G.O. confie à la mutuelle la définition du projet politique.

Ainsi, en cohérence avec les orientations définies en A.G.O., la mutuelle a pour missions :

  • l’élaboration, l’écriture et l’actualisation de :
    • un manifeste ;
    • un vademecum ;
    • des propositions programmatiques concrètes.

Son fonctionnement est précisé dans le R.I.

→ Le « noyau de la MCD » fournit le cadre idéologique des travaux de la MCD :

Exposé synthétique du « noyau »

  • Définition de la décroissance comme ensemble des propositions politiques pour repasser démocratiquement sous les plafonds de la soutenabilité écologique.
  • Fondement : s’appuyer sur la défense des limites, dans le cadre de ce que les Amis de la Terre nomment « espace écologique » = l’espace encadré par un plancher et un plafond.
  • Objectif de la décroissance, c’est la « vie sociale » (ce qui suppose une critique radicale de l’individualisme)
  • Mobile : sous le nom d’argument du « quand bien même« , il faut entendre un effort (spirituel) pour libérer (« décoloniser ») notre imaginaire.

Les membres de la Mutuelle

Fleur Bertrand-Montembault

Très récemment arrivée dans la Mutuelle, je m’appelle Fleur Bertrand-Montembault, j’ai 26 ans et je vis à Caen en Normandie ! Je prépare le concours pour devenir professeure de Français Langue Etrangère, ce qui me permet d’avoir pas mal de temps libre cette année que j’entends bien consacrer à la MCD et à d’autres activités associatives « locales ». A côté je vis de petit boulots, notamment de cours à domicile. Je suis venue à la Décroissance via le journal et les textes de Serge Latouche rencontrés lors de mes études de sciences politiques. En cherchant à m’impliquer, je suis tombée sur ce qui était à l’époque le « processus décroissance ». Pendant longtemps j’ai suivi de loin avant de franchir le pas de l’implication concrète après l’élection de Trump (eh oui, chacun son truc pour passer à l’action !). J’ai rejoint la Coopérative de la MCD, dont je fais toujours partie, en avril 2017. Comme les sujets traités par la Mutuelle m’intéressent je me suis dit que c’était le moment d’y participer également. J’ai envie de travailler à la production d’un contenu global de la MCD mais je ne pense pas (ou très rarement) publier de textes par moi-même. Mon emploi du temps étant assez malléable, je peux consacrer plusieurs heures à la Mutuelle lorsque cela est nécessaire. S’il y a d’autres décroissantes normands parmi vous, je serai ravie de les rencontrer « en vrai » cette année, sur Caen ou ailleurs !

Paul Bredontiot

Paul Bredontiot, j’ai 24 ans et je trempe les pieds dans la décroissance et les questions de limites matérielles depuis plus de 2 ans.

Malgré ma méfiance envers le milieu ingénieur, j’ai finalement décidé (et surtout ai été encouragé à) intégrer une école Centrale (Nantes), me disant 1) que j’allais acquérir des savoirs techniques utiles, et 2) que je participerai peut-être à réorienter à l’avenir les priorités vers l’écologie… Bref, j’étais croyant.

En première année, j’entends par des étudiants de 2ème année les premières critiques des énergies renouvelables du fait des ressources nécessaires à leur déploiement. Les livres à ce sujet se multiplient (Bihouix, Pitron). Je côtoie des visiteurs de ZAD à l’école via l’association Ingénieurs sans Frontières (pour la petite histoire, ils n’ont pas fini leur première année) qui m’ouvrent vers d’autres rapports humains, et participe/organise des ateliers en tout genre (débat mouvant, projections débat…), des Week end riches en rencontres autour de la gestion de l’eau participative, l’extractivisme (ISF SystExt)…

En deuxième année, on enfonce le couteau dans la plaie, cours en amphi sur la décroissance. 2h de diapos où l’intervenant (David Merlaut, un ami à présent) balance du steak, avec des références, un fil conducteur cohérent… Me voilà convaincu. Le voici pour les curieux et curieuses (on peut l’ouvrir avec Libreoffice) : https://we.tl/t-EjItmUQmDl

Mes passions naissantes pour les écosystèmes, la botanique, l’envie de travailler à l’autonomie des besoins essentiels à mesure de lectures me conduiront à quitter mon école en cours de 2ème année. Aussi parce que je m’opposais frontalement à travailler pour un projet éminemment intensif en technologies/énergie qui n’avait aucun sens pour moi (modélisation numérique mécanique non linéaire... Miam).

A vrai dire, j’ai perdu toute foi en la transformation des écoles d’ingénieur (ou alors à la marge), qui pataugent dans leur inertie en vantant la croissance verte et l’élitisme, malgré quelques espaces de réflexion et une direction de la formation consciente. Et de façon plus pragmatique, je savais que je n’apprendrai rien d’utile autour des low tech, de la botanique… Rien qui ne me permette de combler ces lacunes qui autrefois étaient le quotidien paysan/artisan.

A mes yeux, les paysans étaient d’ailleurs ingénieurs : ils trouvaient des solutions (mécaniques, …) à des problèmes localisés, avec des ressources trouvées sur place, exploitées à petite échelle et avec peu d’impact sur l’environnement (c’est peut-être bien mon doudou idéologique, tiens…). Bref ces populations étaient ingénieuses avec peu de ressources et sans diplôme. Dans le milieu ingénieur aujourd’hui, il y a éventuellement de l’ingéniosité technique, mais perfusée aux ressources abondantes et incapable de faire sans.

J’ai eu la chance de faire un service civique dans une association d’agroforesterie cette année, dans laquelle j’ai pu lire au sujet des arbres, découvrir des pratiques qui m’étaient inconnues (plessage, greffage…).

A présent, j’essaye de nourrir mes réflexions autour de la décroissance, j’essaye aussi de me frotter au milieu de la résistance (c’est pas du tout dans ma culture…), et d’acquérir/diffuser des connaissances utiles autour des productions nourricières.
Pas facile tout ça, quand on dépend des parents, qu’on est sans logement et sans moyens financiers propres. Donc officiellement sans activité pour l’année qui vient.

Mes disponibilités pour la mutuelle sont incertaines (si je pars vers une zad…), mais ponctuellement je peux y consacrer beaucoup de temps.

Thierry Brugvin

Je suis militant à Attac Besançon (membre du conseil scientifique et ancien membre du CA national) et militant dans des associations décroissantes et écolos depuis une vingtaine d'années.
Je suis enseignant chercheur et docteur en sociologie. Mes recherches portent sur l’écologie sociale, l’action des mouvements sociaux transnationaux dans la régulation démocratique du travail, du commerce éthique, équitable et de , ainsi que sur l’influence des pouvoirs économiques internationaux sur le pouvoir politique.
J'écris régulièrement dans la revue les Z'indignés de Paul Ariès.
Je suis l’auteur de plusieurs ouvrages individuels et collectifs
A bientôt
Thierry Brugvin

PUBLICATION D’OUVRAGES INDIVIDUELS
– 2019 Qu’est-ce qui dirige le monde ? (à paraitre)
– 2018 6 chemins pour la décroissance, sous la direction de Thierry Brugvin (Dir), Ed. Le Croquant, septembre 2018 (6 auteurs)
– 2015- Etre Humain en système capitaliste, Psychologie du néolibéralisme, Ed. Yves Michel (5 co-auteurs) sous la direction de Thierry Brugvin
– 2014 Le pouvoir illégal des élites, Max Milo.
– 2014 Commerce équitable et éthique : opportunités et limites, L’Harmattan, 222 p.
– 2007 , Les mouvements sociaux face au commerce éthique : Une tentative de régulation démocratique du travail, Hermès/Lavoisier, Londres, 402 p.

PUBLICATIONS D’OUVRAGES COLLECTIFS
ECOLOGIE ET PAUVRETE
2018 « De la transition écologique à l’écosocialisme autogestionnaire » in Transition Écologique et durabilité : Politiques et Acteurs. Regards franco-allemands sur le changement socio-écologique ? Nachhaltigkeit und Transition: Politik und Akteure. Sozio-ökologische Transformation aus deutsch-französischer Perspektive, Anahita Grisoni, Rosa Sierra (eds.) ouvrage collectif en langues allemande et française, Frankfurt/New York, Campus Verlag, 2018, p. 167-188, 408 p.,
2014 « Culture populaire, culture de la pauvreté et sobriété heureuse », in IRTS, Nouvelle formes de solidarité et d’intervention sociale, Les cahiers du travail social, IRTS, 2014, p.91-104, p. 120 p.
2014 « Ecologie, culture populaire et culture de la pauvreté », Revue du Mauss, Novembre 2014, 13 p.
2013 « L’autonomie alimentaire dans une perspective écologiste », Mouvements, juin 2013, 8 p.

LA REGULATION DES NORMES ET L’ETHIQUE
2012 « Systèmes de vérification et de normalisation des produits agricoles : quelle fiabilité sur le marché du commerce équitable ? », Mantiaba COULIBALY et Thierry BRUGVIN, in Bernard CHRISTOPHE, Roland PEREZ, agro-ressources et environnement, enjeux sociétaux et pratiques managériales, Collection « Capitalismes – éthique – institutions », Presses universitaires du Septentrion, 2012 , p. 341-361, 437 p
2012 « Histoire du commerce équitable », in Dictionnaire du commerce équitable, sous la dir. de V. Blanchet, A. Carimentrand, p. 147-150, 262 p.
2012 « Certification », in Dictionnaire du commerce équitable, sous la dir. de V. Blanchet, A. Carimentrand, p. 25-33, 262 p.
2010 « Des critiques formulées par le courant ’’MINGA’’ aux limites du commerce équitable », , in Mettre en marché pour une cause, enjeux commerciaux et impacts du commerce équitable, MF. B. Turcotte (dir.), Presses de l’Université du Québec, p 160-166, 287 p.
2009 « La régulation des normes sociales par les codes de conduite des ONG », in Normer le monde, sous la dir. de Yves Schemeil et Wolf-Dieter Eberwein, L’Harmattan, Paris, p 111-131, 384 p.
2009 Commerce équitable, Importer et vendre autrement, Thierry Brugvin, Elisabetta Bucolo,Thomas Coutrot, Anne Olivier, Editions Sylepses, 102 p .
2008 La privatisation de la régulation internationale du travail favorise-t-elle sa démocratisation ? In la Mondialisation au risque des travailleurs », Collection questions contemporaines ? Sous la dir. Bazin L. et Selim M., L’Harmattan, (p. 161-172), 290 p.
2003 « La régulation démocratique internationale et les codes de conduite », Chaire Economie et Humanisme de l’UQUAM (Université du Québec à Montréal) Montréal, mai 2003, (p. 208-213), 357
2000, L’action des codes de conduite et des labels sociaux dans la régulation du travail dans les PED », les enjeux du developpement durable et les strategies des acteurs : la place des entreprises, sous la dir. de Kamala Marius Gnanou, Paris Unesco / Karthala, (p. 133-156), 251 p.
1999 « Le rôle de l’OIT et de l’Union Européenne vis à vis des codes de conduite relatif aux normes fondamentales du travail », sous la dir. d’Auroi C. et Schumperli-Younossian C., Le commerce durable, IUED (Institut universitaire de Genève), Genève, 2000, (p. 163-175), 351 p.

DEMOCRATIE POLITIQUE, SOCIALE ET GOUVERNANCE
2012 « L’hégémonie de la gouvernance globale libérale », in Aux confins de la nation, Pour une sociologie des frontières, Boudreault P.W. et Dressler W. (dir.), L’Harmattan, 2012, p. 119-146, 280 p.
2010 « Luttes sociales pour la gratuité », in Liberté, égalité, gratuité, Pour la gratuité des services publics, sous la dir. de Ariès Paul, p.65-75, 127 p.
2008 « L’ONU peut-elle réguler les multinationales ? », in Chronique de la gouvernance, Editions Charles Léopold Mayer, (p. 161-p164), 238 p.
2006 Le petit alter, dictionnaire de l’altermondialisme, ouvrage collectif Sous la direction de Jean Marie Harribey, Presses des Milles et une nuit, Paris, 2006, 450 p.
2005 « La gouvernance par la société civile : une privatisation de la démocratie ? In quelle democratie voulons-nous ? Sous la dir. d’Alain Caillé, La découverte, 2005? (p. 68-77), 142 p.
2004 « global civil society 2004/5 », sous la dir. de Helmut Anheier,
The London of Economics and Political Science (LEPS), Sage Publications, London, 2004, 374 p.
PSYCHOSOCIOLOGIE
2015 Psychosociologie du capitalisme, sous la direction de Thierry Brugvin (Dir), in Psycho-sociologie du capitalisme, sous la direction de Thierry Brugvin (Dir), Edition Yves Michel

ARTICLES DANS DES REVUES
REGULATION DES NORMES, AUDIT ET ETHIQUE
2015 « Gouvernance et démocratie au regard de la privatisation des normes », L’homme et la société, mars 2015.
2009 « Certification : le manque d’indépendance des audits privés », Numéro spécial, Ethique & Economique sur le thème « Certification & Développement Durable », Ethique économique, Centre de recherche en éthique de l’université de Montréal, 6(2), 2009.
2009 « La RSE et danger de la privatisation non démocratique de la régulation du travail »,
Bulletin Oeconomia Humana de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable-UQAM Université de Québec à Montréal, Canada, Avril 2009, p 19-20, 28 p.
« La responsabilité sociale d’entreprise (RSE) et le contrôle citoyen de l’économie» article collectif, Economie Politique, n° 53, mars 2004, (p. 7-25), 65 p.
2002 « L’application des normes fondamentales du travail et son implication
sur les clauses sociales et les codes de conduites : Une comparaison Nord/Sud », Multitudes, Modes de développement du capitalisme cognitif, Paris, N° 10/ Octobre 2002, (p. 65-75), 223 p.
2002 « Les codes de conduites : un instrument à double tranchant »,
Economie et Humanisme, Lyon, février 2002, (p. 77-81), 97 p.

DEMOCRATIE POLITIQUE, SOCIALE ET GOUVERNANCE
2010 « La dimension adémocratique du pouvoir des élites économiques et politiques », The Romanian Review of European Governance Studies, Vol.2, No.3, June 2010
2007 « Bonne gouvernance » : L’institutionnalisation mondiale de la précarité du travail, interrogations ? n°4. Formes et figures de la précarité, juin 2007.
2005 « Les sens cachés de la gouvernance », La Gouvernance et ses enjeux,
Nouveaux Regards, n°29, avril-Juin, 2005, p. 8-11, 73 p.
2003 « Gouvernance contre régulation citoyenne internationale »,
La Pensée, N° 333, janvier/mars 2003, (p. 147-156), 179 p.

PSYCHOSOCIOLOGIE
2010 « Les causes psychosociologiques de l’addiction dans une société capitaliste », Pensée Plurielle, N°23 « Les conduites addictives », Avril 2010, p.45-61.

Thierry Brulavoine

Né en 1971, (un an avant la publication fameux rapport Meadows « Les Limites à la croissance (dans un monde fini) »), dans une famille maternelle où la valeur travail est/était cardinale, mon histoire de vie, comme celle de chacun des êtres humains, raconte, avec son prisme, une facette du monde dans lequel nous habitons et vivons. Ma mère, ouvrière dans l’industrie de la chaussure, a connu les affres des premières délocalisations. Mon père électricien dans une régie, tous deux ont cru en l’ascenseur social en investissant dans les études supérieures de leurs trois enfants.

L’imaginaire dominant lorsque j’avais 10-12 se façonnait encore à coup de conquête de l’espace. Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras plus grand ? Astronaute puis astrophysicien. Ce fut ensuite entomologiste. Et ce furent des études de biologie des organismes et des populations, de biochimie et de génie biologique et médical. Chercheur scientifique… d’emploi. Premier souvenir d’une formation en agence nationale pour l’emploi : « Il faut apprendre à vous vendre ! » « Never surrender » chantait Supertramp.

Les premières batailles sur le terrain de l’écologie : du nimby. Marre des puants et polluants épandages d’effluents d’abattoir de volailles issus de l’industrie agroalimentaire (où je bossais chaque été), première pétition en porte à porte. Ritournelle encore d’actualité « L’emploi ou le chômage ? »

1994, une rencontre déterminante avec Pierre Girod et Gisèle Dimary deux écologistes de la première heure. Je découvre l’écologie politique, ils me racontent leurs luttes antinucléaires, Larzac. Ils me prêtent de nombreux ouvrages (Ivan Illich, Georgescu Roegen). Ils sont engagés dans les alternatives concrètes, à l’origine du premier Système d’échange local en France.

13 juin 1995, la radio suédoise d’Uppsala, où je passe dix mois en cursus Erasmus, fait retentir le bruit des essais nucléaires chiraquiens : la honte d’être Français devant les camarades de labo médusés.

1998, mouvement des chômeurs. 2138 F de Revenu minimum d’insertion. Six mois de participation à Grenoble (occupation du hall de la mairie pendant un mois, d’une annexe du conseil général, de la Place de Verdun.

1998, l’éditorial d’Ignacio Ramonet dans le Monde diplomatique allume l’espoir : « Un autre monde est possible ». Adhésion depuis à Attac (dont je deviendrai administrateur de 2013 à 2016 pour tenter de causer décroissance).

1999, sur la côte sauvage au Croisic, les bottes maculées de mazout nous évacuons les entrailles du pétrolier l’Erika, battant pavillon de complaisance maltais,.

2003 Le rassemblement du Larzac contre l’Organisation mondiale du Commerce. A l’époque Attac était pro-nucléaire et l’écologie n’était pas un sujet d’importance.

2005 Formidable campagne avec les copains d’Attac St Nazaire Presqu’île guérndaise, Pays de Retz contre le projet de Traité constitutionnel européen. 23 mai Victoire du NON.

Décembre 2006, délégué nazairien à la rencontre des collectifs antilibéraux de St Ouen pour préparer la campagne présidentielle de 2007. Je constate les écoeurants truandages électoraux du PCF. Je découvre les Objecteurs de croissance avec Claude Leguerranic en non charismatique représentant. A la tribune se succèdent Marie-George Buffet, Yves Salesse, Clémentine Autain. Cela débouchera sur une autre candidature que je soutiendrai, celle de José Bové.

C’est alors la rencontre de Jean-Marie Robert (fondateur des premières rencontres des objecteurs de croissance en 2006 près de chez lui à St Nolff dans le Morbihan) qui vient parler en meeting décroissance à St Nazaire pour la campagne de Bové.

2007 Première rencontre des OC à laquelle j’assiste. Je participe à la rédaction de l’Appel de Vassivière qui marque la volonté des OC d’entrer dans le champ politique avec Christian Sunt

Une deuxième rencontre déterminante : le trio romanais Michel Lepesant, Annie Vital et Pierre. On participera à l’éphémère mouvement du MAI. Les échanges discussions, préparations des rencontres des OC puis des Festives avec Michel vont dès lors vertébrer mon regard sur le monde.

2008 A St Nazaire, aventure collective avec Label Gauche, notre liste empêche le Maire Joël Batteux d’être réélu au premier tour pour son cinquième mandat. Elu, je cède ma place comme convenu au bout de deux ans. Ce seront six ans d’implication intense, de compréhension et de contribution à la vie de l’agglomération nazairienne, pilier de l’industrie aéronautique, navale, pétrolière et chimique. Terre de mission pour causer décroissance...

Entre les deux tours des municipales, sûr d’être élu, à la salle des chênes de Notre Dame des landes, je lance l’idée d’un collectif d’élus contre le projet d’aéroport. Quelques mois plus tard, avec Jean-Paul Naud (Sans étiquette), Gilles Denigot (Le Verts), Françoise Verchère (PS), Bertrand Vrain (Les Alternatifs), Isabelle Loirat (Modem), nous initierons le Collectif d’élu.e.s doutant de la pertinence du projet d’aéroport.

2009-2019 Chroniqueur dans le journal La Décroissance J'y raconte par le menu jusqu'en 2014 la vie de la cité nazairienne par la lorgnette de mon expérience d'habitant d'un territoire où règne la démesure A380, Paquebots, etc.).
Depuis mon exode urbain en juillet 2014, je raconte de petites histoires vraies au sujet de l'hypocrisie des écologistes de pouvoir et de la colonisation des imaginaires par la productivisme, le consumérisme et le technoscientisme y compris en milieu rural… J’ai en parallèle co-écrit plusieurs tribunes dans des journaux nationaux (L’Humanité, Politis, Médiapart, Marianne, Reporterre), et contribué à plusieurs ouvrages par la rédaction d’articles (Le Progrès m’a tuer 2016, Récits de jeunes privés d’emploi, 2018, Critiques de l’école numérique 2019)

2009 Le Manifeste pour des produits de haute nécessité (https://reporterre.net/Manifeste-pour-les-produits-de). Un texte au souffle politique et poétique énorme. Je rêve que nous (membres de la Mutuelle) puissions être à l’origine d’un manifeste de cette tenue !

Juillet 2009, avec Christina ma compagne, Christian Sunt et Odile Pelet, nous organisons la présence des rencontres des OC au sein de la semaine de résistance et du Camp climat à Notre Dame des Landes. Jusqu’à l’abandon du projet, je porte la parole politique des objecteurs de croissance (MOC) à chaque meeting politique organisé lors des rassemblements à NDDL au même titre que les têtes d’affiche (EELV, PG, NPA, etc.) Pour la décroissance du trafic aérien, contre l’aéroport et son monde.

2009 et 2014 : candidat à des élections pour défendre explicitement la décroissance aux Européennes

2012 Élections législatives Candidat MOC/NPA sur St Nazaire en reprenant des éléments de la plateforme élaborée par les camarades drômois

Participation aux rencontres du Processus décroissance, qui après deux ans de labeur ont abouti à la création de la maison commune de la décroissance dont je suis l’un des 4 porte-parole.

Depuis trente ans, j’observe les faits et méfaits du libéralisme dans ma vie quotidienne, ces dix dernières années d’expérience dans le mouvement politique des objecteurs de croissance et décroissant.e.s m’ont conduit à penser qu’il était fondamental d’oeuvrer à un travail sur le champ des idées, avec un principe cardinal : la théorie doit nourrir les pratiques et réciproquement. Conjointement il me semble indispensable de mener une réflexion pour comprendre les manières de rendre visible ce possible changement paradigmatique et assimilables par les êtres humains contemporains.

Le défi : penser et mettre en marche l’articulation du Je/Nous pour sortir des impasses de l’individualisme et du collectivisme, et vivre dans une « société écologiquement soutenable, socialement décente et démocratiquement organisée » au moyen de politiques de décroissance des inégalités sociales et décroissance de notre empreinte écologique.

Je terminerai par cette citation de l’anthropologue Margaret Mead : "Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes réfléchies et déterminées puisse changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé."

Simon Desbois

J'ai 39 ans, j'ai travaillé pour des collectivités territoriales aux services assainissement, puis dans l'enseignement en physique chimie en lycée agricole, et je suis en ce moment en pleine reconversion en boulangerie, avec Anne, ma compagne. Nous habitons depuis 3 ans à côté de Château-Chinon, dans le Morvan, mais nous envisageons de déménager dans le cadre de cette reconversion.

Du côté des études, j'ai obtenu un DUT Génie Chimique (2002), un BTSA gestion et maitrise de l'eau (2004), une licence pro gestion et aménagement durable des espaces et des ressources (2012) et un master 2 gestion sociale de l'environnement (2014).

Jusqu'en 2015, je défendais le concept de décroissance économique pour la nécessité de stopper les désastres écologiques, l'épuisement des ressources et la hausse des inégalités. J'ai eu la chance de rencontrer les décroissantEs fin octobre 2015 aux Ramières lors de leur première réunion du processus de construction de la maison commune qui allait (miraculeusement ?!) aboutir. J'ai aimé construire cette maison, je milite aujourd'hui pour une décroissance politique désirable entre planchers et plafonds. J'essaie d'appréhender aussi le moins désirable, l'effondrement, au cas où.

C'est par les discussions et les lectures que je m'intéresse à la décroissance, à l'écologie (Virginie Marris), aux rapports aux mondes (Philippe Descola), à l'histoire de la société industrielle capitaliste ou à son avenir (Serge Audier) (par exemple).

Il m'est arrivé de donner des petites conférences autour de la décroissance.

Localement, nous sommes investis dans la vie du petit marché bio et local, qui devient ainsi également petite bibliothèque militante et atelier vannerie.

Notre reconversion et notre déménagement ne seront pas des plus favorables à mon engagement actif au sein de la Mutuelle au cours des prochains mois, mais ce contact avec la MCD me motivera à y revenir dès que possible.

Hervé Le Meur

Je m'appelle Hervé Le meur. J'ai 53 ans. J'ai fait des études scientifiques.

Peu après mon recrutement, je me suis dit que certains combats méritaient d'être menés et pas que publier des articles scientifiques sur des sujets qui n'intéressaient que des pouillièmes de personnes. Il se trouve qu'à l'époque on commençait à parler des OGM. J'ai milité contre les OGM et les brevets sur le vivant. Puis je me suis dit que quelque chose d'aure me motivait que les seuls risques sanitaires. J'ai alors compris que ce n'est pas seulement aux OGM et aux brevets que je m'opposais, mais aussi au monde qui leur a donné naissance. Et peut-être encore plus au _meilleur des mondes_ vers lequel ils nous entraînent.

J'ai donc compris que le but que Descartes assignait à la Science était mortifère en enfermant la vie dans un processus. J'aime le texte de Bakounine sur la Science (Dieu et l'Etat).

Bizarrement, cela a rejoint mon enfance où, fils unique élevé par sa mère (je ne voyais mon père qu'un mois par an), j'ai ressenti la toute-puissance parentale dans ma mère. J'ai docn toujours voulu m'échapper à cette toute-puissance qui niait ma liberté.

Et j'ai alors compris qu'en m'opposant aux OGM, je voulais défendre non pas seulement ma liberté de ne pas être sous le pouvoir de ma mère, mais même la _liberté_ des animaux et des plantes de ne pas être réductible au "projet" d'un humain quelconque. Cette irréductible altérité est ma motivation derrière tous mes combats (contre l'artificialisation du vivant notamment dans sa conception).

Si vous ne voyez aucun rapport, c'est pas grave. Moi je le vois 🙂 En gros je défends la liberté des plantes ;)) c'est à dire la limitation du pouvoir des humains (sans prôner leur castration !). Ce sens des limites me motive pour la décroissance. Je déteste les anathèmes et les camps (genre gauche/droite ou laïc/religieux).

Pour ce qui est de mon temps, il est quasi nul car je n'arrive déjà pas à lire tout ce que je voudrais lire. Je suis plutôt dans la logique de me retirer d'engagements.

Je ne pense donc pas être d'une grande aide !

Michel Lepesant

Il y a une quarantaine d'année j'ai interrompu des études (dans une école) de commerce pour répondre à l'appel de (faire de) la philosophie (et aussi de la logique et des mathématiques). De mes études de philosophie, alors que je n'avais jamais entendu vraiment parler de décroissance (même si j'avais lu un livre de Marc Guillaume et... Jacques Attali, L'anti-économique, paru en 1975, en particulier le chapitre 4), je retiens que mon mémoire de maîtrise portait sur L'optimisme de la finitude (je crois que c'est encore l'idée qui me mobilise dans la décroissance = il y a des limites, et c'est tant mieux) et que mon cours de titularisation portait sur Les limites de la connaissance scientifique.

C'est donc en tant que professeur de philosophie que de 1983 à 2000 j'ai travaillé "à l'étranger" (Mauritanie, Niger, Ile Maurice) : histoire d'être au plus près des méfaits du modèle occidental (avec un passage en France en 1986-1988 (dans le Jura), où j'avais comme collègue et ami Michel Moreau qui fut le premier conseiller régional vert).

→ De retour en France en 2000, dans la Drôme (où j'habite toujours), c'est l'engagement pour le "non" au TCE qui m'a mis le pied à l'étrier politique : campagne Bové en 2007 (avec Annie Vital), puis tentative de mouvement politique altermondialiste en 2008 (avec Thierry Brulavoine et Annie, entre autres), création du MOC (avec Thierry, Annie et Jean-Luc Pasquinet, entre autres) en 2009 et première apparition nationale des décroissants aux élections européennes, tentative de l'AdOC (avec Jean-Yves Renouf, Thierry, Annie, Jean-Luc entre autres)...

→ En parallèle, je me suis investi - au local- dans ce qu'on appelle "alternatives concrètes" (café citoyen, amap, coopérative de consommateurs/producteurs) et en particulier les monnaies locales (avec Annie, entre autres) (j'ai animé activement pendant plusieurs années le réseau français des monnaies locales complémentaires ; pour un bilan finalement critique : http://decroissances.ouvaton.org/category/projet/mlc/).

→ En parallèle, j'ai mené un travail de réflexion idéologique et théorique : au MOC, j'ai multiplié les textes appelant à la convergence des libertaires, de l'écologie radicale, sociale, de l'antiproductivisme (http://ladecroissance.xyz/category/histoire-decroissance/) : pour un bilan finalement critique sur toutes ces tentatives de convergence avec des gens qui n'ont pas accompli le travail de rupture/décolonisation de leur imaginaire (travailliste, technoscientiste, productiviste...).

Bref :

  • ces 3 axes en parallèle (la visibilité politique, les alternatives concrètes et la théorie) ont donné en 2013 un livre Politiques de la décroissance (livre préparé par 2 autres ouvrages que j'avais coordonnée l'un sur Notre décroissance n'est pas de droite et l'autre sur l'Anti-productivisme).
  • Aujourd'hui, je ne crois plus à la convergence de ces 3 axes (ce que j'avais appelé Les 3 pieds de la décroissance) et je crois que toutes les tentatives d'abord par les alternatives concrètes et la visibilité politique non seulement iront à l'échec mais, avant d'échouer, n'auront fait que renforcer le système qu'elles prétendent contester tant que le travail de réflexion théorique n'aura pas été davantage mené :
    • d'où l'engagement que j'ai mis depuis quelques années dans le "processus-décroissance" puis dans la création de "La Maison commune" : engagement qui repose sur la mise à jour de ce que j'ai appelé "le noyau philosophique" de la décroissance.
    • d'où l'espoir que je mets dans notre "Mutuelle" pour accomplir collectivement ce travail théorique de réflexion ("Ce qui manque, terriblement, c’est la théorie, c'est-à-dire une philosophie générale définie non par l'intransigeance mais par la cohérence" ← c'est l'exergue de mon blog)

Depuis le 1er février 2020, je suis à la retraite et je consacre (presque) toute mon énergie à défendre mes "croyances" en la décroissance (en particulier la "croyance" suivante : avant d'être une écologie, la décroissance est un plaidoyer (humaniste) pour la vie sociale, un "socialisme" → http://decroissances.ouvaton.org/2018/02/14/la-decroissance-doctrine-sociale/)

Gary Libot

Je m'appelle Gary Libot, j'ai 24 ans. Je suis journaliste pigiste depuis un an. Après avoir travaillé pendant 3 mois en Palestine (pour le Palestine Monitor sur place et l'Orient XXI en reporter pigiste) où je me suis intéressé pour les questions d'écologie dans le contexte atypique de ce pays. Je travaille aujourd'hui principalement pour Sciences Critiques (réalisation d'émission radio et animation plateau, rédaction articles, entretiens, enquêtes à l'avenir). Bien que pouvant toucher à tous les supports, je m’investis principalement dans le journalisme écrit et le photojournalisme. À l'avenir je compte élargir mes collaborations avec d'autres journaux, revues et magazines pour y avancer des propos en rapport direct avec l'écologie. Pour autant, étant fortement attiré par la recherche (philosophie, histoire, épistémologie entre autre), il n'est pas impossible que je bifurque vers la rédaction d'une thèse. Je m'intéresse bien entendu au rôle de la science et de la technique dans notre société (notamment au travers des oeuvres d'Ellul, de Charbonneau, d'Illich, de Castoriadis, d'Olivier Rey), et tout particulièrement à la question de l'autonomie et aux divers chemins pour l'instituer : villages autogérés - zones à défendre - coopératives d'autoproduction, etc. Ce sont des lieux que je fréquente assez régulièrement. Je ne sais pas encore dans quelle mesure je voudrai/pourrai m'investir dans la mutuelle dans les prochains mois. En tout cas, il n'est pas impossible que je puisse ponctuellement y consacrer du temps.

Jean-Luc Pasquinet

Nom : JLuc Pasquinet

Diplomes :  Japonais,Institut National des Télecom, Médecine Trad Chinoise.

Boulot : retraité depuis 2010. Ex de Orange je suis partie civile dans le procès contre Lombard pour harcèlement moral, membre de SudPtt depuis quasiment le début....J'aurai travaillé 34 ans dans ma vie : "Ne travaillez jamais" comme le disait GE Debord et bien j'aurais essayé !

Luttes : lecture en 1972 du numéro spécial sur "Halte à la croissance" dans le Nouvel Obs, et en 1973 de "La société du spectacle" de Guy Debord. Ensuite critique de la société industrielle et du nucléaire. J'ai fait parti des quelques individus qui ont échappé au marxisme-léninisme dans les années 1970 et rien que ça, ça  mérite une médialle !

Au début ultra gauche conseilliste et post situationniste, lecture des premiers critiques marxistes du marxisme (Karl Korch, Rosa Luxembourg, Georg Lukacz)  puis de l'école de Francfort, Marcuse, sur la fin du négatif et de la lutte des classes, puis de l'EDN, des précurseurs de la décroissance (Serge Latouche, Aries notamment), et enfin de la critique de la valeur (Jappe, Postone, Kurz, Trenke, etc). Luttes antinucléaires dès les années 1970, Malville en 1977, au Japon me suis intéressé aux luttes contre l'aéroport de Narita, et contre la  construction d'un barrage sur la Niagara gawa et aux luttes antinucléaires. Suis allé à Fukushima en 2016.

Luttes contre la société industrielle dans des petits groupes : A Dijon (avec JLuc Bailly), ACNM, Comité Stop Nogent, puis décroisscance dès 2005 : PPLD (élu Porte parole en 2006), MOC, puis MPOC (Belgique, je suis le seul adhérent français), et MCD. Bon j'ai participé à tant de trucs que je ne peux pas tout lister. Coordinateur de Technologos depuis 2018 et animateur du site de décroissance idf et du groupe.

Ecriture : j'ai écrit des trucs que personne ne lit  ! Mais au moins j'ai fait l'effort !

Mon temps : j'ai 66 ans et j'entrevois la mort, je commence donc à me retirer, plus la perspective de l'effondrement...bon un peu de temps juste pour rigoler en attendant la fin du monde pourquoi pas ?

Amandine Quin
Je m'appelle Amandine Quin, j'ai 30 ans, et je suis en itinérance dans le sud de la France, donc sans lieu fixe.
Titulaire d'un master 2 d'ethnologie, je suis actuellement une vagabonde sans emploi, à la découverte des lieux et modes de vie collectif. C'est mon dada en ce moment. Comment fait-on pour vivre ensemble? Ca veut dire quoi de vivre collectivement? Peut-on faire collectif et être dans une logique capitaliste (rapport à la propriété privée) ? De fil en aiguille, je suis ainsi arrivée à la décroissance. Vivre collectivement, c'est aussi se donner les moyens de diminuer son empreinte écologique, de repenser les relations entre les individus, de reconstruire un autre rapport au travail et aux besoins nécessaires pour vivre "bien" (qu'est que la vie bonne?...).
Hormis cela, je n'ai écrit aucun article, je n'ai pas de blog, ni de site. Par contre je lis.
Je participe également à des actions de désobéissance civile. Ce qui me questionne également : Pourquoi lutter? Quel est l'objectif d'une journée de blocage? A quoi bon? Qu'est ce qui se crée durant ces moments?
Je suis très intéressée et j'ai plutôt pas mal de temps à accorder à la mutuelle. En revanche je n'ai pas internet au quotidien, ce qui fait que je peux manquer de réactivité.
Michel Simonin

Je me présente donc aussi : Michel Simonin, 55 ans, de Nancy, professeur d'histoire en lycée

J'ai commencé à faire de la politique en dilletante à cause du tirage au sort, à la suite d'une intuition puis de la lecture de Bernard Manin (1996) et j'avais été surpris de constater que la quasi totalité des intellectuels qui écrivaient sur la démocratie, forts nombreux, ignoraient totalement le tirage au sort, alors qu'il était utilisé dans les sondages depuis les années 1950.

Je suis rentré chez les verts à la fin des années 1990 pour voir si des gens "normaux" étaient capables de comprendre que le tirage au sort était un mode de désignation par nature plus démocratique que l'élection : je déposais alors motion sur motion en région comme au national, quelques unes furent majoritaire en 1999-2000 mais en Lorraine seulement, les autres furent minoritaires au national ou bien leur présentation était refusée par le bureau des motions. Il y avait une assez forte minorité d'adhérents pour soutenir l'idée ( alors qu'il n'y avait pas de réflexion théorique à l'époque, ce n'est plus le cas aujourd'hui avec Sintomer, Testart, Chouard .. ). Les décalages étaient éclairants : la base hors tendance était pour le tirage au sort, la base inféodée aux tendances suivait le plus souvent ses chefs, qui étaient tous contre, et obligés de le dire : c'était amusant de voir les élites du parti vert monter à la tribune pour condamner le tirage au sort dans des termes qui paraîtraient ridicules aujourd'hui ( j'aurais pleins d'anectodes à raconter )

Ensuite, une longue période de repli sur la vie privée m'a fait découvrir G Roegen et devenir franchement décroissant. J'ai alors retrouvé le même type de décalage avec la décroissance qu'avec le tirage au sort 10 ans plus tôt : tous ceux qui sont un peu ambitieux, "grands intellectuels" compris ( les exceptions comme O Rey, Michéa ou qq autres sont rares ) déclinent des concepts plaisants sur le développement durable et maintenant sur la transition, répètent qu'écologie et économie prospèrent ensemble ( alors que le vulgaire sent bien qu'il y a antagonisme ), expliquent avec érudition que les problèmes écologiques c'est de la faute à Voltaire et à Descartes ( sous entendu : pas de ceux qui se déplacent en avion ou en 4x4 ), oublient ou condamnent la décroissance, cette idée simpliste, etc.. tandis que des citoyens moins ambitieux mais plus éthiques n'hésitent pas à s'en revendiquer.

Je trouve que la plupart des intellectuels professionnels sont souvent en retard sur les demi intellectuels amateurs et même sur le citoyen lambda ayant un peu de morale, à cause de simples questions de stratégie de carrière : se dire décroissant, c'est jouer perdant dans la lutte pour les petits fours distribués par le capital et c'est tout à fait contre indiqué pour gérer une carrière professionnelle de manière optimale ( les intellectuels décroissants sont l'heureuse exception qui permet de ne pas déprimer ). Etre plaisant, positiver pour ne pas désespérer le consommateur, voilà le nouvel impératif catégorique de la philosophie à l'ère de l'anthropocène. Mordre les mollets serait notre premier travail.

J'en avais conclu ( hâtivement ? ) qu'un mouvement de décroissance doit s'appuyer sur le peuple pour pouvoir exister et que celà passe par une présence des décroissants au suffrage universel.

J'ai alors consacré un peu de mon énergie à partir de 2010 à faire émerger un groupe décroissant à Nancy et dans le département, à rédiger des recto-verso électoraux, à présenter à chaque élection un maximum de candidats décroissants au SU, et de tenter de faire la même chose nationalement, avec plus de difficultés.

Les questions de programme politique m'intéressent naturellement mais j'aurai peu de temps disponible l'année prochaine car les programmes scolaires viennent de changer. Je ne ferai souvent que suivre ce qui se passe pendant au moins un an, alors qu'il faudrait selon moi fournir un cadre pour les municipales ( en plus du reste ) C'est dire si je compte sur le collectif....

Jérôme Vautrin

Jérôme Vautrin, 46 ans, lillois d'origine, je réside actuellement à Paris.

Puisqu'il faut bien nourrir ma famille, j'exerce plusieurs activités, toutes à temps à partiel ce qui me permet de mieux contrôler mon temps et d'atténuer autant que possible l'aliénation propre au salariat: je travaille dans une petite société (4 personnes) qui se pique de faire de la gestion locative, je fais du conseil en gestion pour de petites entreprises et je suis enseignant dans une école d'art appliqué à Paris.

J'ai fais originellement des études d'économie et de gestion, pour commencer un parcours aussi classique que déprimant de cadre dans une grande entreprise. J'ai rapidement explosé en vol en réalisant la complète absurdité de ce parcours... Après que mon employeur se soit rapidement débarrassé de moi, je me suis mis à mon compte et j'ai entrepris des études de philosophie.

J'ai obtenu un DEA (Master 2) de philo en 2014. J'ai travaillé, pour la maîtrise, sur les fondements philosophiques de l'écologie politique. Puis, en DEA, sur les rapports entre Marxisme et écologie radicale. J'envisage maintenant une thèse (pour laquelle je ne suis pas encore formellement inscrit) qui porterait sur l'opposition entre naturalisme et constructivisme, et son éventuel dépassement.

J'ai découvert la décroissance à l'occasion des recherches que je menait sur les mouvements d'écologie radicale. J'ai été particulièrement intéressé par ce mouvement qui pose les bonnes questions, et qui articule des questions politiques (la nécessaire remise en cause de l'organisation générale de nos société, dans un sens antiproductiviste et démocratique) et éthiques (la simplicité volontaire comme exigence de cohérence personnelle avec le discours que nous portons)... Comme j'ai été effrayé par les spectres réactionnaires qui hantent ce mouvement. En tout cas, il y a un encore gros travail théorique à mener et c'est une tâche particulièrement passionnante!

J'ai participé à un ouvrage collectif réalisé sous la direction de Michel Lepesant: Notre décroissance n'est pas de droite. Je suis actuellement membre du groupe Décroissance Ile de France (avec Jean-Luc Pasquinet notamment). J'ai également animé la rubrique environnement du site de l'IRESMO dirigé par Irène Pereira: https://iresmo.jimdo.com/page-d-accueil/blog-de-l-iresmo/environnement/

Mon travail et mes obligations familiales (j'ai deux enfants en bas age: 5 et 8 ans, et je suis sans solution de garde le soir et le week end...) font que je suis très rarement disponible pour des réunions physiques ou des déplacements hors de Paris. En revanche je suis tout à fait disponible pour travailler de chez moi, faire des recherches, des CR de lecture ou pondre des textes.

Sans possibilité de participer à des alternatives concrètes ou un travail de visibilité politique, je suis en revanche disponible pour un rôle de "militant-chercheur" (comme dirait Michel Lepesant) et d'apporter ma petite pierre au travail de réflexion théorique que notre mouvement doit mener... Ca tombe bien, c'est le rôle de la Mutuelle !

Annie Vital

Je suis Annie Vital j'ai le même âge que Paul Ariès mais j'ai beaucoup moins écrit et causé à la télé et je vis à Chalon sur Saône (71), entre Dijon et Mâcon, depuis 2 ans mais je viens de Charpey dans la Drôme où s'est tenue la première rencontre du processus qui a donné naissance à la Maison commune de la décroissance.
J'ai été archéologue, médiatrice culturelle, animatrice démocratie participative et suis actuellement chargée de projet Générateur BFC (ahaha!), j'accompagne des territoires pour faire émerger des projets d’économie sociale et solidaire (ahaha!).

Je suis venue à la décroissance par Attac et d'autres mondes possibles. Depuis 2005 j'ai traversé la France dans tous les sens souvent avec Michel Lepesant pour participer à des groupes d'altermondialistes, d'écologie radicale puis de décroissance (MOC, ADOC, ...). J'ai été tête de liste Europe décroissance (sud est) aux élections européennes de 2009 puis aux législatives de 2012 avec un suppléant NPA (A gauche toute osons l'utopie). Voilà pour le pied de la visibilité
.
Concernant le pied des alternatives concrètes, j'ai co-créé avec le même Michel et Pierre une des premières monnaies locales en 2011, La Mesure. Comme je suis un peu monomaniaque j'ai même réalisé une recherche-action de 2 ans sur l'utilisation de cette monnaie locale, ce qui m'a permis d'obtenir un brillant Master de gestion d'entreprise ESS. J'ai aussi participé activement au réseau national des monnaies locales et même à la Mission gouvernementale sur le sujet !

Concernant le pied du projet je ne vais pas faire une liste à la Prévert des auteurs qui me parlent, je n'en citerai qu'un Karl Polanyi, ré encastrer l'économie dans la société me semble le pivot du combat contre le capitalisme qui nous détruit. Je n'ai écrit péniblement que 2 articles pour 2 livres coordonnés par Michel Lepesant Notre décroissance n'est pas de droite et un article"Décroissance de l'argent, monnaies de la décroissance " (et oui encore) dans L'antiproductivisme un défi pour la gauche ? Ah j'oubliais j'ai participé à la création de la revue Limites (j'ai encore quelques numéro 0 collector!) pour laquelle j'ai du rédiger un article sur l'empreinte écologique et une fiche de lecture sur "La décroissance, 10 questions pour comprendre et en débattre".

J'ai pour le moment un peu de temps à consacrer à la Mutuelle car je ne suis plus engagée dans aucune association,même si concrètement je ne vois pas trop comment. Je crois que ce dont nous manquons c'est un projet politique qui fasse rêver les gens pas les militants.

Bon heureusement que je n'ai pas dit que j'allais faire court !

William de Witte
En guise de présentation très succincte:
Je m'appelle William de Witte, 24 ans. J'entamerai en septembre ma 4e année à Grenoble. J'y serais, entre autre, service civique chez Alternatiba (avec l'ambition d'infuser le mouvement climat grenoblois d'idées décroissantes et de stratégies d'action plus radicales).
Mon lien avec la décroissance se résume à la MCD et à certaines communautés de vie que je côtoie. Au delà de ça, c'est à travers mes lectures que je me suis d'abord familiarisé avec la Décroissance.
Je n'ai pas trop de visibilité sur mes disponibilités pour la Mutuelle...Tout ce que je sais, c'est que je suis enthousiaste à l'idée de participer à la réflexion collective.