La décroissance, pour sortir de la désorientation des critiques « classiques » du capitalisme

Avec les pandémies et les effets économiques des reconfinements successifs, que l’occasion est belle pour les adorateurs de la croissance de pousser à la confusion entre décroissance et récession. Mais au fond, à cela rien de surprenant, rien de nouveau sous le soleil du capitalisme : car chaque crise, chaque catastrophe, ne sont que des opportunités d’accélérer leur stratégie du chaos. Et en avant pour le télétravail, la surveillance généralisée, la réduction de la vie aux activités productives, la réorientation des économies vers les modèles entrepreneuriaux et managériaux portés par les Gafam…   Les capitalistes sont ainsi dans leur rôle. Dont acte.   Mais comment alors interpréter les attaques portées contre la décroissance – même si c’est plutôt contre ses caricatures – par les partisans pourtant résolument anticapitalistes d’une gauche toujours marxisante et parfois repeinte en vert ?  

  • Article dans Le Monde diplomatique de février : « les mirages de la décroissance ».
  • Articles de Michael Löwy présentant naïvement l’écosocialisme comme troisième voie permettant de renvoyer dos à dos croissance et décroissance (articles en anglais dans la revue Climate&Capitalism).

   Par rapport à une telle désorientation idéologique par ceux censés ou se prétendant à la pointe de la critique anticapitaliste, la bonne attitude n’est-elle pas d’affirmer la décroissance dans ce qu’elle peut avoir de plus désirable ?

  1. Elargir la critique de la croissance capitaliste à la critique de la croissance économique en tant que telle : c’est la voie excellemment suivie par Timothée Parrique et Giorgos Kallis dans un article de Terrestres. Surtout quand elle aboutit à définir la décroissance comme un « socialisme sans croissance ».
  2.  Revenir au sens originel du « socialisme » comme critique radicale de l’individualisme. L’individualisme combattu par la décroissance n’est pas tant une attitude psychologique qu’une conception erronée de la vie sociale quand elle est caricaturée en simple addition de vies individuelles.

  Contre le non-sens de la croissance et la désorientation des critiques « classiques » du capitalisme, c’est à la décroissance de porter l’exigence politique d’une vie sensée, humainement sensée, socialement sensée; écologiquement sensée, démocratiquement sensée.

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