Critique de Jean-Marc Jancovici, par Jean-Luc Pasquinet

Jean-Marc Jancovici et le nucléaire

A l’origine, le mouvement écologiste en France, s’est constitué autour de la lutte antinucléaire. Certes, on attribue à Rachel Carlson et à sa dénonciation du DDT, la création d’un mouvement soucieux de l’écologie, néanmoins en France il ne s’est vraiment développé qu’après les manifestations contre les centrales du Bugey et de Fessenheim en 1971.

En un sens, il prolongeait l’opposition à la bombe atomique, qui avait pu beaucoup mobiliser dans les années 1950 et 1960 dans le monde.

Depuis quelques années cependant s’impose de plus en plus, au sein du mouvement écologiste, un changement qui ne peut qu’inquiéter quiconque est soucieux de la santé de la biosphère : il s’agit de l’abandon de l’opposition au  nucléaire lequel pourrait être considéré comme un moyen pour sauver le climat.

Et pour imposer cette idée dans les esprits, on trouve un militant passionné : M. Jean-Marc Jancovici.

Ce X/Télécom qui a commencé sa carrière à la Direction des Affaires Industrielles et Internationales de la Direction Générale de France Télécom à la fin des années 1980 (la DAII est l’entité étatique qui a créé le secteur des télécoms et de l’informatique en France à l’époque où l’Etat colbertiste impulsait l’activité économique) est devenu entre autres le président du « Shift project », qui réfléchit à un monde numérique sobre : peut-on concilier sobriété et numérique ?

1- Son style est inquiétant, il assène des vérités qui ne sont pas si évidentes

Par exemple, il affirme une chose qui a été démentie dans les années 1970 par les études sur l’économie morale, en particulier par l’historien britannique EP Thomson qu’en cas de famine il y a nécessairement révolte, instabilité et donc dictature. Or, c’est faux, l’histoire nous montre que c’est justement pendant les périodes de famine que les gens sont résignés, ils ne se révoltent que lorsqu’ils ressentent une injustice, cad que les règles de l’économie morale (le blé doit être vendu au marché, à tel prix, tel jour…) ne sont pas respectées.

Il ignore l’économie de guerre où les coûts comptables en vigueur en temps « normal » disparaissent et pendant laquelle on peut mettre en oeuvre un rationnement sans qu’il n’y ait nécessairement de dictature comme ce fut le cas entre 1914 et 1918 et pendant les deux ou trois années ayant suivi la seconde guerre mondiale en France..

2- Le déni que le nucléaire soit une catastrophe

Pour J-M Jancovici le nucléaire n’est pas dangereux, et par conséquent n’est pas une catastrophe.

Et ce malgré  le désastre de Tchernobyl et ses millions de victimes ; malgré l’abandon forcé de territoires rendus inhabitables pour des siècles à Maiak, Tchernobyl, Fukushima, Bikini, aux Tuamotou, etc., ou très pollués comme Handford, Lop Nor, etc.; malgré les études sur les conséquences des dispersions de radioactivité comme  « Tchernobyl, conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement » Alexey  V. Nablokov, Vassili B. Netserenko, et al, (cinquième édition de l’ouvrage, version française publiéé par Independant WHO, avril 2015) ; malgré même les études officielles de l’IRSN d’octobre 2015 sur les rémanences radioactives en France des essais de  bombes atomiques dans l’hémisphère nord et surtout de l’accident de Tchernobyl, document disponible sur le site de l’IRSN, etc..

Pour J-M Jancovici 1https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w les déchets se limitent aux résidus les plus dangereux (« qui pourraient tenir dans cette pièce »). Il ignore les effets des faibles doses, l’existence en France d’une quantité phénoménale de déchets dits à courte vie (jusqu’à 300 ans) ou de censément faible ou moyenne activité et leurs conséquences sur la santé des populations, les mineurs d’uranium qui meurent à 50 ans d’un cancer de la gorge, et peu importe si à 500 mètres sous terre CIGEO pouvait exploser, « ça serait comme l’explosion souterraine d’une bombe atomique », assure-t’il, faisant fi du fait que Bure se trouve juste au dessus d’une des plus grandes nappes phréatiques d’Europe.

3- Les Gaz à effet de serre

Pour J-M Jancovici :

Le réchauffement climatique est une calamité due aux émissions de gaz à effet de serre produits par les combustibles fossiles. Ses explications sont intéressantes, même si à notre humble avis il ne met pas le doigt sur la cause fondamentale des émissions de gaz à effet de serrre anthropique, qui se situe dans la société industrielle dans son ensemble, et en particulier dans la religion de la croissance illimitée dans une Terre limitée, plutôt que dans une technique particulière comme la production d’électricité avec du charbon.

Il existe un lien étroit entre croissance du PIB et consommation énergétique. Aujourd’hui, celle-ci est constituée massivement de matières fossiles et notamment de pétrole. Nous partageons ce point de vue. Mais, alors que JM Jancovici affirme que le découplage entre croissance du PIB et croissance de la consommation énergétique n’est pas possible, dans un rapport (p. 4) de 2018 du Shift Project on considère au contraire que c’est possible, et on avance même le chiffre de -1,8 % par an, par contre, la croissance du numérique serait de + 4 % par an, et comme la numérisation du monde s’accélère elle pourrait remettre en cause cette baisse de l’intensité énergétique du PIB mondial.

Il admet que quoique nous ayons fait (COP, RNR) les émissions n’ont cessé d’augmenter, alors pourquoi le nucléaire 2Il rappelle lui-même l’existence de 400 GWé de puissance nucléaire contre 2200 Gwé de puissance pour les centrales au charbon. existant, « qui n’a rien fait » pourrait il être une alternative ?

 

Comme J-M Jancovici n’imagine pas une remise en cause de la société industrielle à l’origine des émissions de gaz à effet de serre il ne croit pas au renouvelable qui bien que produit de cette société ne peut pas répondre à sa demande première : la stabilité dans l’offre d’électricité car celle-ci ne se stocke pas de façon sûre, fiable et reproductible. Cependant, JM Jancovici ne s’étend pas sur les méthodes de stockage de l’électricité, s’il évoque l’hydrogène c’est pour dire que sa production nécessiterait plus d’énergie que ce qu’elle produirait elle-même 3https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w.

Pour J-M Jancovici seul le nucléaire pourrait permettre de remplacer le fossile :

Reconnaissons qu’il ajoute aussi la sobriété sans voir qu’elle est – comme le renouvelable éolien et solaire – totalement incompatible avec la société industrielle qu’il soutient.

Pourtant, J-M Jancovici ne doit pas ignorer que les centrales nucléaires ont un très mauvais rendement thermodynamique (rapport entre l’énergie électrique produite et l’énergie entrante).

Pour les CCG, centrales combinés au Gaz ce rendement est de l’ordre de 60 %, pour les centrales au charbon du même ordre mais séparé entre 40 % pour produire de l’électricité et 20 % de la chaleur pour chauffer les habitations.

En ce qui concerne le nucléaire français ce rendement n’est que de l’ordre de 33 % et la récupération de la chaleur n’a jamais été mise en oeuvre pour des raisons de coûts et de contraintes supplémentaires pour EDF.

En conclusion à production électrique équivalente le nucléaire entraîne un réchauffement direct de l’environnement plus important que les centrales à gaz ou à charbon et évidemment infiniment plus élevé que les énergies renouvelables telles que l’hydraulique, l’éolien et le photovoltaïque.

En ce qui concerne les émissions de CO2, c’est-à-dire le réchauffement indirect par effet de serre additionnel, c’est beaucoup plus compliqué que ce que disent les nucléaristes qui utilisent le seul indicateur qui les arrange : l’émission théorique calculée par unité d’électricité produite sur la base d’études d’analyse de cycle de vie (ACV).

D’une part il est très réducteur de considérer que le CO2 est le principal responsable de l’effet de serre additionnel (le rôle de la vapeur d’eau étant mal pris en compte par exemple) et d’autre part les valeurs des émissions de CO2 équivalent (vapeur d’eau exclue) calculées sur tout le « cycle de vie » du nucléaire sont très différentes selon les auteurs des études.

Le GIEC publie des valeurs pour le nucléaire comprises entre 3.7 et 110 g CO2/kWh (rapport de 65 entre la valeur la plus élevée et la valeur la plus basse) alors que les valeurs qu’il publie pour les centrales à gaz à cycle combiné sont comprises entre 410 et 650 g CO2/kWh (rapport de 1.58 entre la valeur la plus élevée et la valeur la plus basse). A l’évidence on ne peut accorder aucune confiance à des valeurs calculées pour le nucléaire aussi différentes d’une étude à l’autre. En outre, toujours selon le GIEC, les valeurs d’émissions des centrales à gaz à cycle combiné avec capture de CO2 seraient comprises entre 94 et 340 g CO2/kWh, la valeur la plus basse étant inférieure à la valeur la plus haute publiée par la GIEC pour le nucléaire.

Une étude réalisée par Jan Willem Storm van Leeuwen (Climate Change and Nuclear Power) indique pour le nucléaire une valeur d’émissions de CO2 équivalent de 117 g CO2/kWh plus ou moins 29 g, en précisant par ailleurs que le minerai extrait devenant de plus en plus pauvre en uranium cette valeur pourrait dépasser 400 g/kWh, vers 2050 si la part du nucléaire augmente de 2% par an, et vers 2070 si elle reste stable.

Une autre approche moins théorique, des liens entre nucléaire, renouvelables et émissions de C02 équivalent (vapeur d’eau exclue et potentiel de réchauffement direct également exclu), vient d’être publiée dans la revue « Nature ». Elle met en évidence sur deux périodes relativement longues (1990 à 2004 et 2000 à 2014) les corrélations fortes qui existent entre l’évolution des émissions de CO2  dans plus d’une centaine de pays, et la part du nucléaire ou des renouvelables dans le mix électrique. Cette analyse est clairement en défaveur du nucléaire 4Ce paragraphe a été écrit grâce à une contribution de François Vallet sur le sujet..

4- La techno-dictature numérique stade ultime du capitalisme productiviste ?

Pour J-M Jancovici les seuls pays qui mènent la bonne politique, car elle est pronucléaire, c’est la Russie et la Chine. Malheureusement, il s’agit de dictatures. Mais pour lui la démocratie n’est pas acceptable pour sauver le climat, il soutient donc ouvertement les régimes dictatoriaux, notamment pour faire taire les antinucléaires. Nous aurions besoin d’un « cadre structurant de long terme » et les échéances et tergiversations électorales ne sont pas acceptables5https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w.

Pas de chance pour lui, car la Chine – toujours d’après le document EDGAR 6https://edgar.jrc.ec.europa.eu/overview.php?v=booklet2… , EDGAR – Fossil CO2 emissions of all world countries. – aurait  vu passer son intensité énergétique de 1,18 en 1995 à 0,51 en 2019, alors que le nucléaire y est marginal (sa part dans la consommation finale d’énergie ne dépassait pas 2 % en 2017, le renouvelable atteignant 11,7 %). Ce qui veut dire qu’un léger découplage serait possible sans nucléaire, et même dans une société hyperproductiviste comme la Chine.

5- Mais le pire, c’est l’inanité d’une relance suffisante du programme nucléaire comme solution à la crise climatique

Pour J-M Jancovici l’objectif premier serait de remplacer la production d’électricité, assurée à 40 % par le charbon dans le monde, par de la production électronucléaire, soit 2200 GWé de puissance aujourd’hui 7https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w.

On attendrait d’un ingénieur qu’il chiffre le nombre de réacteurs nucléaires qu’il faudrait construire pour atteindre son objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre en conservant la société productiviste, mais nous ne l’avons trouvé nulle part.  En l’occurence il n’y a aujourd’hui « que » 400 GWé de puissance nucléaire et le projet de J-M Jancovici serait de passer à 2200 + 400 GWé = 2600 GWé de puissance électronucléaire dans le monde, soit 6,5 fois la puissance actuelle.

Or, aujourd’hui, il doit y avoir environ 440 réacteurs nucléaires dans le monde et la part de celui-ci dans la consommation finale d’énergie est aux alentours de 2 %. Certes les puissances des réacteurs sont diverses et variées, et les calculs qui suivent ne sont que des ordres de grandeur ce qui n’est pas important dans notre démonstration. Imaginons que nous voulions faire passer la part du nucléaire dans la consommation finale d’énergie  à 10 % (correspondant peu ou prou au remplacement du charbon) ce qui serait certainement encore insuffisant  pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pour « sauver le climat » même dans la vision erronée de la relation entre gaz à effet de serre et nucléaire des pro-nucléaires (notamment que le nucléaire ne produirait que 5 g de CO2 par kwh, ce qui est très controversé la vérité étant sans doute plus proche des 66 g de Sovacool 8Repris dans notre livre : « Nucléaire, arrêt immédiat », Pierre Lucot et Jean-Luc Pasquinet, ed. Golias, 2012, voir « Valuing the greenhouse gas emissions from nuclear power: A critical survey », Benjamin K. Sovacool, 2008, https://www.journals.elsevier.com/energy-policy). Mais à puissance moyenne constante, pour atteindre cet objectif, il faudrait construire plusieurs milliers de réacteurs en plus des 440 existants et sans doute un chiffre proche de 2000 se rajoutant aux 440 à remplacer.

Peut-on imaginer possible de respecter une cadence suffisante pour répondre à l’urgence climatique quand on sait que dans la période où le nucléaire était en vogue (avant 1986) on n’a pu en connecter au réseau au mieux plus de 33 par an, et en moyenne 15 environ par année comme nous pouvons le découvrir dans le tableau ci-dessous :

Imaginons que le chiffre soit proche de 2000 réacteurs avec en moyenne disons 15 par an pour faire plaisir à M. J-M Jancovici, il faudrait 133 ans pour réaliser ce programme très hardi….! Est-il nécessaire d’aller plus loin dans la démonstration ?

Peut-on imaginer possible de pouvoir construire le nombre de cuves suffisant et surtout de pouvoir alimenter en uranium à un prix abordable ces réacteurs ?

Une seule certitude reconnue par tout le monde, les réserves d’uranium naturel sont limitées et même très limitées. On trouve de l’U238 et de l’U235 dans l’uranium naturel (et de l’U234). « Malheureusement » seul l’U235  est utilisable aujourd’hui et il n’est présent qu’à dose homéopathique. Les réserves sont estimées au regard d’un coût d’extraction. Par exemple, les ressources récupérables à moins de 130 $/kg d’uranium sont estimées à 5,3 millions de tonnes en 2011 9https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/reserves-d-uranium-naturel-dans-le-monde, on parle de RRA, ressources raisonnablement assurées.. La quantité mondiale d’uranium naturel nécessaire pour produire de l’électricité en exploitant la fission de l’uranium 235 (réacteurs de 1ère à 3ème génération) est estimée à 65.900 tonnes en 2014. Les ressources à un coût d’extraction de moins de 130 $/kg d’uranium permettraient de soutenir cette consommation au rythme actuel (440 réacteurs !) durant un peu moins de 100 ans. Au-delà, l’exploitation devra se porter sur des ressources aux coûts d’extraction supérieurs (voire dans les millions de tonnes d’uranium contenus dans les phosphates à 150$/kg pour le coût d’extraction) et les quantités encore plus importantes contenues dans l’eau des océans (350$ le kg pour le coût d’extraction), toutefois dans d’infimes proportions. Mais si l’on se fixe sur un cours de 80$ le kg, les réserves sont estimées à environ 70 ans.

Comme on peut le voir dans le graphique ci-dessus, les cours étaient de l’ordre de 24 $ le kg fin 2017, ce qui indique combien la filière est en crise, et combien les ressources se « raréfient », car si le coût est inférieur à une vingtaine de dollars, on ne peut pas extraire. Pour surmonter ces limites on projette d’utiliser des ressources plus abondantes comme l’uranium 238, du plutonium, du deutérium, ou du lithium 10Juste par comparaison :  Pétrole, environ 53 ans de réserves prouvées ; gaz, environ 56 ans ; charbon, environ 109 ans.. On travaille sur d’autres techniques comme les surgénérateurs ou réacteurs à neutrons rapides 11En France, le programme Astrid a été abandonné en 2019. et la fusion, mais il s’agit là encore de lubies.

Il existe enfin des problèmes inhérents au fonctionnement du nucléaire. Nous savons que si la France a conservé des centrales au gaz (et quatre au charbon) c’est pour satisfaire la demande en pointe notamment en hiver. Le nucléaire a toujours besoin d’un appoint, et le renouvelable ne fonctionnant pas en permanence ne peut pas être cet appoint, car cela engendrerait des ruptures du réseau fort dommageables, d’où le recours au fossile. Par conséquent le nucléaire en base a besoin du fossile en appoint, il n’entraîne pas sa disparition. Et finalement, on se retrouve avec les impasses de la société productiviste.

6- Société productiviste = addition pas substitution

Dans la société productiviste jusqu’ici nous n’avons pas assisté à une véritable transition d’une technique pour produire de l’électricité à une autre, mais plutôt à une addition de techniques.

Et si l’on considère la soit-disant « transition écologique », en fait il n’y a pas de transition énergétique, mais addition de différentes sources d’énergie comme l’explique J-B Fressoz :

«A mieux considérer le passé, on s’aperçoit qu’il n’y a en fait jamais eu de transition énergétique, fait remarquer Jean-Baptiste Fressoz. On ne passe pas du bois au charbon, puis du charbon au pétrole, puis du pétrole au nucléaire. L’histoire de l’énergie n’est pas celle de transitions, mais d’additions successives de nouvelles sources d’énergie primaire12Libération 4/12/2019

On peut donc se demander s’il y aura vraiment remplacement total du fossile par du renouvelable, voir du nucléaire dans le cadre de la société industrielle, car toute nouvelle source d’énergie est bonne à prendre, pourvu qu’elle rajoute des capacités de production pour satisfaire une demande grandissante d’énergie qui pourra impulser une croissance du PIB.

Conclusion

Les thèses de J-M Jancovici n’ont qu’un seul but sauver le nucléaire en France en se cachant derrière une lutte universelle pour le climat, dont nous avons pu voir l’inanité.

Jean-Luc Pasquinet

Références[+]

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4 commentaires

  1. Jean Marc Jancovici ne détient surement pas toute la vérité sur ces questions complexes. nul n’est parfait. JMJ est honnête et il fait un très gros travail d’éveil des consciences, il ne faut donc pas lui couper les ailes (il s’en fout d’ailleurs). Il faut par contre s’unir sur l’essentiel, sans union pas de salut, pour limiter la casse environnementale.
    Que dit d’abord JMJ : pas de lutte contre le changement climatique sans mise au régime (de nos consommations). Voilà l’essentiel.

  2. Je conseille à quiconque a vraiment envie de lire une critique de JMJ de plutôt aller vers cet article, immensément plus factuel.
    https://signauxfaibles.co/2020/12/26/regard-sur-le-phenomene-jean-marc-jancovici/

    Mais le mieux serait encore de regarder ne serait-ce que les 2 premières heures de son cours à l’école des mines pour vous faire votre idée. Vous y constaterez que le personnage n’est pas du tout l’espèce de caricature présentée ici comme une sorte d’avocat masqué du productivisme capitaliste (et que le nuke est assez secondaire dans son discours même si c’est ce qui revient perpétuellement)

    1. @ Tim
      Cet article auquel vous renvoyez est en fait composé de 4 parties ; les 2 premières n’ont aucun intérêt car centrée sur le « phénomène JMJ ». Les 2 suivantes sont plus intéressantes en effet car elles pointent certaines limites (des « biais » écrit l’auteur) des analyses de JMJ.
      L’intérêt de l’article publié ci-dessus, c’est précisément de juger des thèses de JMJ n’ont pas par rapport à des faits mais par rapport à la critique portée par les décroissants contre le productivisme.
      Ce cadre productiviste ne semble jamais thématisé en tant que tel chez « Janco » : c’est bien dommage parce que ce serait l’occasion de faire surgir le paradoxe d’un décroissant dont le productivisme reste impensé.

    2. Tout à fait d’accord, si à mon avis J M Jancovici a un discours favorable au nucléaire, c’est parce que notre société est incapable de réduire drastiquement sa consommation d’énergie, et que les pays émergents veulent eux en consommer plus. Il ne dit jamais que le nucléaire est la solution miracle, puisque l’uranium est également en quantité limité sur notre planète. Convaincu que la décroissance est la bonne voie, j’ai du mal à réduire ma propre empreinte écologique.

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