Critique de Jean-Marc Jancovici, par Jean-Luc Pasquinet

Jean-Marc Jancovici et le nucléaire

A l’origine, le mouvement écologiste en France, s’est constitué autour de la lutte antinucléaire. Certes, on attribue à Rachel Carlson et à sa dénonciation du DDT, la création d’un mouvement soucieux de l’écologie, néanmoins en France il ne s’est vraiment développé qu’après les manifestations contre les centrales du Bugey et de Fessenheim en 1971.

En un sens, il prolongeait l’opposition à la bombe atomique, qui avait pu beaucoup mobiliser dans les années 1950 et 1960 dans le monde.

Depuis quelques années cependant s’impose de plus en plus, au sein du mouvement écologiste, un changement qui ne peut qu’inquiéter quiconque est soucieux de la santé de la biosphère : il s’agit de l’abandon de l’opposition au  nucléaire lequel pourrait être considéré comme un moyen pour sauver le climat.

Et pour imposer cette idée dans les esprits, on trouve un militant passionné : M. Jean-Marc Jancovici.

Ce X/Télécom qui a commencé sa carrière à la Direction des Affaires Industrielles et Internationales de la Direction Générale de France Télécom à la fin des années 1980 (la DAII est l’entité étatique qui a créé le secteur des télécoms et de l’informatique en France à l’époque où l’Etat colbertiste impulsait l’activité économique) est devenu entre autres le président du « Shift project », qui réfléchit à un monde numérique sobre : peut-on concilier sobriété et numérique ?

1- Son style est inquiétant, il assène des vérités qui ne sont pas si évidentes

Par exemple, il affirme une chose qui a été démentie dans les années 1970 par les études sur l’économie morale, en particulier par l’historien britannique EP Thomson qu’en cas de famine il y a nécessairement révolte, instabilité et donc dictature. Or, c’est faux, l’histoire nous montre que c’est justement pendant les périodes de famine que les gens sont résignés, ils ne se révoltent que lorsqu’ils ressentent une injustice, cad que les règles de l’économie morale (le blé doit être vendu au marché, à tel prix, tel jour…) ne sont pas respectées.

Il ignore l’économie de guerre où les coûts comptables en vigueur en temps « normal » disparaissent et pendant laquelle on peut mettre en oeuvre un rationnement sans qu’il n’y ait nécessairement de dictature comme ce fut le cas entre 1914 et 1918 et pendant les deux ou trois années ayant suivi la seconde guerre mondiale en France..

2- Le déni que le nucléaire soit une catastrophe

Pour J-M Jancovici le nucléaire n’est pas dangereux, et par conséquent n’est pas une catastrophe.

Et ce malgré  le désastre de Tchernobyl et ses milliers de victimes ; malgré l’abandon forcé de territoires rendus inhabitables pour des siècles à Maiak, Tchernobyl, Fukushima, Bikini, aux Tuamotou, etc., ou très pollués comme Handford, Lop Nor, etc.; malgré les études sur les conséquences des dispersions de radioactivité comme  « Tchernobyl, conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement » Alexey  V. Nablokov, Vassili B. Netserenko, et al, (cinquième édition de l’ouvrage, version française publiéé par Independant WHO, avril 2015) ; malgré même les études officielles de l’IRSN d’octobre 2015 sur les rémanences radioactives en France des essais de  bombes atomiques dans l’hémisphère nord et surtout de l’accident de Tchernobyl, document disponible sur le site de l’IRSN, etc..

Pour J-M Jancovici 1https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w les déchets se limitent aux résidus les plus dangereux (« qui pourraient tenir dans cette pièce »). Il ignore les effets des faibles doses, l’existence en France d’une quantité phénoménale de déchets dits à courte vie (jusqu’à 300 ans) ou de censément faible ou moyenne activité et leurs conséquences sur la santé des populations, les mineurs d’uranium qui meurent à 50 ans d’un cancer de la gorge, et peu importe si à 500 mètres sous terre CIGEO pouvait exploser, « ça serait comme l’explosion souterraine d’une bombe atomique », assure-t’il, faisant fi du fait que Bure se trouve juste au dessus d’une des plus grandes nappes phréatiques d’Europe.

3- Les Gaz à effet de serre

Pour J-M Jancovici :

Le réchauffement climatique est une calamité due aux émissions de gaz à effet de serre produits par les combustibles fossiles. Ses explications sont intéressantes, même si à notre humble avis il ne met pas le doigt sur la cause fondamentale des émissions de gaz à effet de serrre anthropique, qui se situe dans la société industrielle dans son ensemble, et en particulier dans la religion de la croissance illimitée dans une Terre limitée, plutôt que dans une technique particulière comme la production d’électricité avec du charbon.

Il existe un lien étroit entre croissance du PIB et consommation énergétique. Aujourd’hui, celle-ci est constituée massivement de matières fossiles et notamment de pétrole. Nous partageons ce point de vue. Mais, alors que JM Jancovici affirme que le découplage entre croissance du PIB et croissance de la consommation énergétique n’est pas possible, dans un rapport (p. 4) de 2018 du Shift Project on considère au contraire que c’est possible, et on avance même le chiffre de -1,8 % par an, par contre, la croissance du numérique serait de + 4 % par an, et comme la numérisation du monde s’accélère elle pourrait remettre en cause cette baisse de l’intensité énergétique du PIB mondial.

Il admet que quoique nous ayons fait (COP, RNR) les émissions n’ont cessé d’augmenter, alors pourquoi le nucléaire 2Il rappelle lui-même l’existence de 400 GWé de puissance nucléaire contre 2200 Gwé de puissance pour les centrales au charbon. existant, « qui n’a rien fait » pourrait il être une alternative ?

Comme J-M Jancovici n’imagine pas une remise en cause de la société industrielle à l’origine des émissions de gaz à effet de serre il ne croit pas au renouvelable qui bien que produit de cette société ne peut pas répondre à sa demande première : la stabilité dans l’offre d’électricité car celle-ci ne se stocke pas de façon sûre, fiable et reproductible. Cependant, JM Jancovici ne s’étend pas sur les méthodes de stockage de l’électricité, s’il évoque l’hydrogène c’est pour dire que sa production nécessiterait plus d’énergie que ce qu’elle produirait elle-même 3https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w.

Pour J-M Jancovici seul le nucléaire pourrait permettre de remplacer le fossile :

Reconnaissons qu’il ajoute aussi la sobriété sans voir qu’elle est – comme le renouvelable éolien et solaire – totalement incompatible avec la société industrielle qu’il soutient.

Pourtant, J-M Jancovici ne doit pas ignorer que les centrales nucléaires ont un très mauvais rendement thermodynamique (rapport entre l’énergie électrique produite et l’énergie entrante).

Pour les CCG, centrales combinés au Gaz ce rendement est de l’ordre de 60 %, pour les centrales au charbon du même ordre mais séparé entre 40 % pour produire de l’électricité et 20 % de la chaleur pour chauffer les habitations.

En ce qui concerne le nucléaire français ce rendement n’est que de l’ordre de 33 % et la récupération de la chaleur n’a jamais été mise en oeuvre pour des raisons de coûts et de contraintes supplémentaires pour EDF.

En conclusion à production électrique équivalente le nucléaire entraîne un réchauffement direct de l’environnement plus important que les centrales à gaz ou à charbon et évidemment infiniment plus élevé que les énergies renouvelables telles que l’hydraulique, l’éolien et le photovoltaïque.

En ce qui concerne les émissions de CO2, c’est-à-dire le réchauffement indirect par effet de serre additionnel, c’est beaucoup plus compliqué que ce que disent les nucléaristes qui utilisent le seul indicateur qui les arrange : l’émission théorique calculée par unité d’électricité produite sur la base d’études d’analyse de cycle de vie (ACV).

D’une part il est très réducteur de considérer que le CO2 est le principal responsable de l’effet de serre additionnel (le rôle de la vapeur d’eau étant mal pris en compte par exemple) et d’autre part les valeurs des émissions de CO2 équivalent (vapeur d’eau exclue) calculées sur tout le « cycle de vie » du nucléaire sont très différentes selon les auteurs des études.

Le GIEC publie des valeurs pour le nucléaire comprises entre 3.7 et 110 g CO2/kWh (rapport de 65 entre la valeur la plus élevée et la valeur la plus basse) alors que les valeurs qu’il publie pour les centrales à gaz à cycle combiné sont comprises entre 410 et 650 g CO2/kWh (rapport de 1.58 entre la valeur la plus élevée et la valeur la plus basse). A l’évidence on ne peut accorder aucune confiance à des valeurs calculées pour le nucléaire aussi différentes d’une étude à l’autre. En outre, toujours selon le GIEC, les valeurs d’émissions des centrales à gaz à cycle combiné avec capture de CO2 seraient comprises entre 94 et 340 g CO2/kWh, la valeur la plus basse étant inférieure à la valeur la plus haute publiée par la GIEC pour le nucléaire.

Une étude réalisée par Jan Willem Storm van Leeuwen (Climate Change and Nuclear Power) indique pour le nucléaire une valeur d’émissions de CO2 équivalent de 117 g CO2/kWh plus ou moins 29 g, en précisant par ailleurs que le minerai extrait devenant de plus en plus pauvre en uranium cette valeur pourrait dépasser 400 g/kWh, vers 2050 si la part du nucléaire augmente de 2% par an, et vers 2070 si elle reste stable.

Une autre approche moins théorique, des liens entre nucléaire, renouvelables et émissions de C02 équivalent (vapeur d’eau exclue et potentiel de réchauffement direct également exclu), vient d’être publiée dans la revue « Nature ». Elle met en évidence sur deux périodes relativement longues (1990 à 2004 et 2000 à 2014) les corrélations fortes qui existent entre l’évolution des émissions de CO2  dans plus d’une centaine de pays, et la part du nucléaire ou des renouvelables dans le mix électrique. Cette analyse est clairement en défaveur du nucléaire 4Ce paragraphe a été écrit grâce à une contribution de François Vallet sur le sujet..

4- La techno-dictature numérique stade ultime du capitalisme productiviste ?

Pour J-M Jancovici les seuls pays qui mènent la bonne politique, car elle est pronucléaire, c’est la Russie et la Chine. Malheureusement, il s’agit de dictatures. Mais pour lui la démocratie n’est pas acceptable pour sauver le climat, il soutient donc ouvertement les régimes dictatoriaux, notamment pour faire taire les antinucléaires. Nous aurions besoin d’un « cadre structurant de long terme » et les échéances et tergiversations électorales ne sont pas acceptables5https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w.

Pas de chance pour lui, car la Chine – toujours d’après le document EDGAR 6https://edgar.jrc.ec.europa.eu/overview.php?v=booklet2… , EDGAR – Fossil CO2 emissions of all world countries. – aurait  vu passer son intensité énergétique de 1,18 en 1995 à 0,51 en 2019, alors que le nucléaire y est marginal (sa part dans la consommation finale d’énergie ne dépassait pas 2 % en 2017, le renouvelable atteignant 11,7 %). Ce qui veut dire qu’un léger découplage serait possible sans nucléaire, et même dans une société hyperproductiviste comme la Chine.

5- Mais le pire, c’est l’inanité d’une relance suffisante du programme nucléaire comme solution à la crise climatique

Pour J-M Jancovici l’objectif premier serait de remplacer la production d’électricité, assurée à 40 % par le charbon dans le monde, par de la production électronucléaire, soit 2200 GWé de puissance aujourd’hui 7https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w.

On attendrait d’un ingénieur qu’il chiffre le nombre de réacteurs nucléaires qu’il faudrait construire pour atteindre son objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre en conservant la société productiviste, mais nous ne l’avons trouvé nulle part.  En l’occurence il n’y a aujourd’hui « que » 400 GWé de puissance nucléaire et le projet de J-M Jancovici serait de passer à 2200 + 400 GWé = 2600 GWé de puissance électronucléaire dans le monde, soit 6,5 fois la puissance actuelle.

Or, aujourd’hui, il doit y avoir environ 440 réacteurs nucléaires dans le monde et la part de celui-ci dans la consommation finale d’énergie est aux alentours de 2 %. Certes les puissances des réacteurs sont diverses et variées, et les calculs qui suivent ne sont que des ordres de grandeur ce qui n’est pas important dans notre démonstration. Imaginons que nous voulions faire passer la part du nucléaire dans la consommation finale d’énergie  à 10 % (correspondant peu ou prou au remplacement du charbon) ce qui serait certainement encore insuffisant  pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pour « sauver le climat » même dans la vision erronée de la relation entre gaz à effet de serre et nucléaire des pro-nucléaires (notamment que le nucléaire ne produirait que 5 g de CO2 par kwh, ce qui est très controversé la vérité étant sans doute plus proche des 66 g de Sovacool 8Repris dans notre livre : « Nucléaire, arrêt immédiat », Pierre Lucot et Jean-Luc Pasquinet, ed. Golias, 2012, voir « Valuing the greenhouse gas emissions from nuclear power: A critical survey », Benjamin K. Sovacool, 2008, https://www.journals.elsevier.com/energy-policy). Mais à puissance moyenne constante, pour atteindre cet objectif, il faudrait construire plusieurs milliers de réacteurs en plus des 440 existants et sans doute un chiffre proche de 2000 se rajoutant aux 440 à remplacer.

Peut-on imaginer possible de respecter une cadence suffisante pour répondre à l’urgence climatique quand on sait que dans la période où le nucléaire était en vogue (avant 1986) on n’a pu en connecter au réseau au mieux plus de 33 par an, et en moyenne 15 environ par année comme nous pouvons le découvrir dans le tableau ci-dessous :

Imaginons que le chiffre soit proche de 2000 réacteurs avec en moyenne disons 15 par an pour faire plaisir à M. J-M Jancovici, il faudrait 133 ans pour réaliser ce programme très hardi….! Est-il nécessaire d’aller plus loin dans la démonstration ?

Peut-on imaginer possible de pouvoir construire le nombre de cuves suffisant et surtout de pouvoir alimenter en uranium à un prix abordable ces réacteurs ?

Une seule certitude reconnue par tout le monde, les réserves d’uranium naturel sont limitées et même très limitées. On trouve de l’U238 et de l’U235 dans l’uranium naturel (et de l’U234). « Malheureusement » seul l’U235  est utilisable aujourd’hui et il n’est présent qu’à dose homéopathique. Les réserves sont estimées au regard d’un coût d’extraction. Par exemple, les ressources récupérables à moins de 130 $/kg d’uranium sont estimées à 5,3 millions de tonnes en 2011 9https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/reserves-d-uranium-naturel-dans-le-monde, on parle de RRA, ressources raisonnablement assurées.. La quantité mondiale d’uranium naturel nécessaire pour produire de l’électricité en exploitant la fission de l’uranium 235 (réacteurs de 1ère à 3ème génération) est estimée à 65.900 tonnes en 2014. Les ressources à un coût d’extraction de moins de 130 $/kg d’uranium permettraient de soutenir cette consommation au rythme actuel (440 réacteurs !) durant un peu moins de 100 ans. Au-delà, l’exploitation devra se porter sur des ressources aux coûts d’extraction supérieurs (voire dans les millions de tonnes d’uranium contenus dans les phosphates à 150$/kg pour le coût d’extraction) et les quantités encore plus importantes contenues dans l’eau des océans (350$ le kg pour le coût d’extraction), toutefois dans d’infimes proportions. Mais si l’on se fixe sur un cours de 80$ le kg, les réserves sont estimées à environ 70 ans.

Comme on peut le voir dans le graphique ci-dessus, les cours étaient de l’ordre de 24 $ le kg fin 2017, ce qui indique combien la filière est en crise, et combien les ressources se « raréfient », car si le coût est inférieur à une vingtaine de dollars, on ne peut pas extraire. Pour surmonter ces limites on projette d’utiliser des ressources plus abondantes comme l’uranium 238, du plutonium, du deutérium, ou du lithium 10Juste par comparaison :  Pétrole, environ 53 ans de réserves prouvées ; gaz, environ 56 ans ; charbon, environ 109 ans.. On travaille sur d’autres techniques comme les surgénérateurs ou réacteurs à neutrons rapides 11En France, le programme Astrid a été abandonné en 2019. et la fusion, mais il s’agit là encore de lubies.

Il existe enfin des problèmes inhérents au fonctionnement du nucléaire. Nous savons que si la France a conservé des centrales au gaz (et quatre au charbon) c’est pour satisfaire la demande en pointe notamment en hiver. Le nucléaire a toujours besoin d’un appoint, et le renouvelable ne fonctionnant pas en permanence ne peut pas être cet appoint, car cela engendrerait des ruptures du réseau fort dommageables, d’où le recours au fossile. Par conséquent le nucléaire en base a besoin du fossile en appoint, il n’entraîne pas sa disparition. Et finalement, on se retrouve avec les impasses de la société productiviste.

6- Société productiviste = addition pas substitution

Dans la société productiviste jusqu’ici nous n’avons pas assisté à une véritable transition d’une technique pour produire de l’électricité à une autre, mais plutôt à une addition de techniques.

Et si l’on considère la soit-disant « transition écologique », en fait il n’y a pas de transition énergétique, mais addition de différentes sources d’énergie comme l’explique J-B Fressoz :

«A mieux considérer le passé, on s’aperçoit qu’il n’y a en fait jamais eu de transition énergétique, fait remarquer Jean-Baptiste Fressoz. On ne passe pas du bois au charbon, puis du charbon au pétrole, puis du pétrole au nucléaire. L’histoire de l’énergie n’est pas celle de transitions, mais d’additions successives de nouvelles sources d’énergie primaire12Libération 4/12/2019

On peut donc se demander s’il y aura vraiment remplacement total du fossile par du renouvelable, voir du nucléaire dans le cadre de la société industrielle, car toute nouvelle source d’énergie est bonne à prendre, pourvu qu’elle rajoute des capacités de production pour satisfaire une demande grandissante d’énergie qui pourra impulser une croissance du PIB.

Conclusion

Les thèses de J-M Jancovici n’ont qu’un seul but sauver le nucléaire en France en se cachant derrière une lutte universelle pour le climat, dont nous avons pu voir l’inanité.

Jean-Luc Pasquinet

Notes et références

Notes et références
1 https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w
2 Il rappelle lui-même l’existence de 400 GWé de puissance nucléaire contre 2200 Gwé de puissance pour les centrales au charbon.
3 https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w
4 Ce paragraphe a été écrit grâce à une contribution de François Vallet sur le sujet.
5 https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w
6 https://edgar.jrc.ec.europa.eu/overview.php?v=booklet2… , EDGAR – Fossil CO2 emissions of all world countries.
7 https://www.youtube.com/watch?v=xMpTDcuhl9w
8 Repris dans notre livre : « Nucléaire, arrêt immédiat », Pierre Lucot et Jean-Luc Pasquinet, ed. Golias, 2012, voir « Valuing the greenhouse gas emissions from nuclear power: A critical survey », Benjamin K. Sovacool, 2008, https://www.journals.elsevier.com/energy-policy
9 https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/reserves-d-uranium-naturel-dans-le-monde, on parle de RRA, ressources raisonnablement assurées.
10 Juste par comparaison :  Pétrole, environ 53 ans de réserves prouvées ; gaz, environ 56 ans ; charbon, environ 109 ans.
11 En France, le programme Astrid a été abandonné en 2019.
12 Libération 4/12/2019
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17 commentaires

  1. la question est surtout de savoir dans quelle ordre on prend les actions à mener pour le changement.
    Ce que dit JMJ (effectivement lire ses livres c’est mieux pour pouvoir échanger sur ces sujets) et il a plutôt raison, c’est :
    1. quoiqu’on fasse le changement va venir percuter (c’est déjà le cas depuis 2005 ou 2006) nos sociétés dites modernes par le biais de la contraction de l’accès à l’énergie avec un grand E.
    là tout le monde normalement en convient… collaps en tête.

    2. les sources carbonées et en pôle position le CHARBON sont malheureusement beaucoup plus présentes dans le portefeuille des sources énergétiques que l’on se le figure dans notre pays. et que c’est bien sur ces sources là qu’il faut intervenir en PRIORITE 1.

    3. Dans la suite des idées, le changement a pour corollaire le ralentissement progressif des sources d’énergie, c’est à dire à peu près tout : c’est le ralentissement des transports, et des importations de produits manufacturés, à défaut de production made in France…..

    Pour survivre à la « cata » économique qui ne fait que commencer, la suggestion de s’appuyer sur le ressort nucléaire, que JMJ dénomme amortisseur appelle effectivement à réfléchir.. l’énergie verte n’existe pas, l’énergie n’a pas de couleur. le solaire n’est réellement propre que sur un récepteur passif qui n’appelle pas à la production à l’autre bout du monde de cellules photovoltaiques qui assemblent des panneaux pas neutres en CO2 du tout !
    L’éolien n’est pas mieux dans sa prédation des matières premières et est non pilotable pareil pour le solaire…

    Soyons humbles et modestes, et faisons gaffe à ne pas jeter l’eau du bain avec le bébé.
    l’électricité issue d’une réaction thermodynamique faisant un élément d’un état A à l’état B n’est peut-être pas la plus subversive des découvertes humaines.

    attention je ne parle pas de nucléaire militaire, et en aucun cas la sureté nucléaire ne doit être occulté. mais avant d’arrêter les réacteurs, faisons bien gaffe à garder un peu d’énergie, pour pouvoir vivre le changement de société difficile qui s’annonce dans la violence la plus contenue possible.

    inutile de m’attaquer en frontal sur le forum vous auriez tout faux. je ne circule plus qu’en vélo pendant la semaine, je ne mange quasi plus de viande, et il ya déjà 35 ans que je ne porte plus de chaussures en cuir…. 🙂 pour autant ce que je sais c’est que c’est encore que dalle par rapport aux efforts qu’il reste à faire…. et aux abandons des acquis, des matériels condamnés…..
    Mais comme un certain nombre d’hommes dans le monde j’ai une épouse et madame n’est pas encore prête pour abandonner le lave linge électrique, la cuisinière électrique et j’en passe….

    et pour tout ça… faudra malheureusement attendre un peu car on va pas forcer les gens à vivre autrement sur tous les plans en tous les cas ca me semble un peu balèze…

    le nucléaire moi je suis pas pour j’étais meme très contre… mais je crois bien, comme JMJ le dit, que les prochaines horreurs ne vont pas venir de l’atome civil. les morts de Fukushima sont ceux d’une cata climatique ….

    1. Je ne suis pas d’accord qu’il faut d’abord intervenir sur le charbon. La conso finale d’électricité dans le monde c’est 25 % de la conso d’énergie, il en reste donc 75 % à traiter et JMJ n’en parle pas. Dans ces 75 % on trouve essentiellement du pétrole et son monde, mais aussi du gaz, du charbon (pour fabriquer le béton qui est le fléau du 20ème siècle, les cuves des réacteurs atomiques, etc.), la déforestation…enfin l’enjeu n’est pas technique (charbon versus renouvelable) mais culturel. L’enjeu est de faire une rupture culturelle qui va entraîner l’arrivée de nouvelles techniques plus adaptées au monde de la relocalisation. L’enjeu n’est pas de s’appuyer sur une technique, surtout quand elle ne sert qu’à « résoudre » 19 % du problème (part du nucléaire dans la conso finale d’énergie en France)…il faut réorganiser la société de sorte à ne plus avoir besoin de voitures comme aujourd’hui, d’agriculture intensive, d’avions etc…Et franchement je m’en moque de ce que vous consommez, je n’ai pas envie de perdre mon temps à vous attaquer, sur ce sujet, ça serait totalement hors sujet. Le sujet c’est le collectif, la société, la rupture culturelle que l’on doit faire, pas une technique particulière contre une autre, ni des solutions individuelles dans la consommation (tout juste bonne pour décoloniser son imaginaire) mais d’abord la prise en main de l’outil productif pour l’arrêter, faire le pas de côté et relocaliser. On en est loin, mais tout près d’une situation où madame risque de retourner à la bougie pour ne pas avoir voulu faire la décroissance choisie, et donc il faudra subir l’effondrement.

      1. J’adore ce genre de propos  » faire un pas de coté, rupture culturelle », ne plus avoir besoin de voiture , d’avions … désolé mais ce sont un peu des phrases creuses qui permettent sans doute une certaine ivresse .. aussi longtemps qu’on évite soigneusement de se confronter au réel. on ne sait pas du tout en lisant votre commentaire comment on produit l’énergie .. évidement si on a plus besoin d’énergie par exemple pour faire tourner les respirateurs des hôpitaux, y compris pendant une vague de froid sans vent, et pour que les infirmières et les médecins puissent venir travailler, le problème est résolu (le malade, lui, et bien il est mort) .. la relocalisation permettra aussi d’acheter les masque anti covid produit à l unité dans le village d’a coté . .. donc on ARRÊTE l’outil productif , hop, on fait un pas de coté – évidement sans le nucléaire et sans les fossiles – et les gens sont ravis de ne plus prendre leur voiture pour aller travailler et d’avoir 6 degrés dans leur salle de Séjour.. aller soyons sérieux: sauf a instaurer une dictature impitoyable c ‘est totalement farfelu : colletez vous 5 minutes avec le réel : c ‘est peut être malheureux mais les gens vont avoir encore besoin de leur voiture pendant 15 /20 ans quoi que l’ on fasse, tout simplement parce que – à tort ou à raison l’urbanisme a été construit comme cela Et se battre sur deux fronts (supprimer les énergies Fossiles ET le nucléaire) c’est la certitude absolue d’échouer ..le nucléaire est donc un moindre mal – en tout cas pour la France – car il n’existe en réalité aucune solution pour produire assez d’énergie renouvelable en permanence pour faire face aux besoins .. même fortement revu à la baisse
        c’est sur que c’est moins romantique d’augmenter graduellement le coût des combustibles fossiles (en épargnant les plus modestes par des aides ciblées) de développer les énergies renouvelables ET le nucléaire et de favoriser une sobriété raisonnable que d’appeler au grand soir et à la révolution culturelle .. dont les résultats furent partout et toujours sanglants.

        1. Vous défendez la variante pro-nucléaire (ou plutôt anti-antinucléaire) de l’empire du moindre mal. C’est toujours ironique de lire une défense du nucléaire qui se fait au nom du sérieux et du réalisme.

          1. et pourquoi ? (au-delà des invectives qui ne servent à rien de bon). Je ne vois pas en quoi la défense du nucléaire manquerait de sérieux ou de réalisme, vu qu’elle arrive tout de même pas trop mal à nous fournir en électricité « réelle et sérieuse » (et décarbonée) depuis qq années maintenant ? (on pourrait même ajouter « contrairement aux sources éoliennes et PV » qui ont encore tout à prouver pour la fourniture d’un service électrique complet (et décarboné).) Ce qui manque de sérieux et de réalisme c’est encore la mise en application de 1) la sobriété à tous niveaux sur les facteurs intensifs en GES, 2) électrification des usages, pour passer de 11 à 2teq CO2/personne. Ce « petit » chantier mériterait qu’on laisse de côté 2 minutes les débats antiantiantianti-nucléaires je trouve…

          2. Si le réalisme consiste à rester enfermé dans le « monde de l’utilité » (= consiste à être « utilitariste ») alors l’utilité du nucléaire est… indiscutable. Reste à oser s’interroger sur l’utilité de l’utilité (Déjà au 19ème, Lessing).
            Pour une critique du nucléaire qui sort de ce piège de l’utilité : https://decroissances.ouvaton.org/2011/08/07/sortir-des-nucleaires/

        2. Je ne vois pas bien comment on pourrait faire marcher le monde industriel que vous décrivez avec du nucléaire ? Je rappelle que ce que vous évoquez : « remplacer le fossile charbon pour produire de l’électricité » donc, ne représente que 13 % de la consommation finale d’énergie dans le monde : que fait on pour les 87 % restant.
          Par ailleurs, étant entendu que la cause du dérèglement climatique se trouve dans les 87 % , cad dans la société industrielle, comment peut-on arrêter ce dérèglement sans s’y attaquer ? Enfin croyez vous que la société industrielle ait un avenir ? On ne peut résoudre le problème que par une rupture culturelle, c’est à dire un travail à l’intérieur de soi, une décolonisation de l’imaginaire. Ensuite il existe des solutions « soft tech » qui devraient permettre de trouver un monde vivable. On peut aussi avoir deux secteurs, un secteur qui ne supporte pas les interruptions de fourniture d’électricité (transport et santé) et un autre qui devra les supporter. Pour le premier on utilise les 10 % d’électricité renouvelable à partir des barrages par exemple, et sans doute un peu de fossile genre gaz, biomasse. Il devrait rester encore un peu d’électricité pour le second secteur, plus les éoliennes, etc. normalement on devrait avoir autant d’électricité que dans les années 1960-1970.

          1. bonjour,
            vous revenez à la question de la consommation d’énergie comme si c’était un problème en soi, au-delà des questions de GES, ressources métalliques ou autres, impacts sur le vivant. Si on considère 1) la nécessité de réduire les impacts de la société industrielle non pas pour le plaisir de se contraindre, mais pour lui permettre de perdurer dans ce qu’elle a de positif pour l’humanité, 2) tout en maximisant le confort produit via les biens et services, 3) en réduisant au minimum les risques de déstabilisation sociale et géopolitique, il faut bien « auditer » les secteurs d’activité et leur proposer une trajectoire… la « révolution culturelle » viendra toute seule en réalisant cette évolution. Personne n’a décrété une « révolution de la surconsommation » avant de se dire « let’s go la civilisation industrielle », et à l’inverse, les changements du monde physique amèneront les pensées à se réformer et à se contenter… Pour le nucléaire, « on » peut tout imaginer, le % actuel ne présage absolument rien du futur, mais les décideurs des pays « en capacité opérationnelle » (j’hésite à y inclure la France) ne s’y trompent pas trop : Russie, Chine, Japon, et de nombreux pays qui ne sont pas en capacité cherchent à s’équiper, et c’est pas la lecture de Jancovici ou de la décroissance qui les décide mais plutôt les prévisions sur les tensions sur le pétrole, le gaz (et le charbon indirectement)…

        3. Réponse à Marc Bourquin : J’ai écrit « de sorte à ne plus avoir besoin de voitures COMME AUJOURD’HUI », je n’ai pas écrit qu’il ne fallait plus de voitures…et tout le reste de votre commentaire est aussi caricatural. De même je n’ai pas dit qu’on devrait ne plus avoir d’énergie, je n’ai pas écrit qu’il fallait simplement arrêter l’appareil productif, j’ai surtout écrit qu’il fallait le reprendre en main pour arrêter de produire ce qui nous détruit, et se poser la question de ce que l’on produit à partir de nos besoins à définir, et que ce ne soit plus le marché qui le fasse comme aujourd’hui. De même, je n’ai pas écrit qu’il ne fallait plus DU TOUT de fossile (car je ne crois pas que le renouvelable non fiables (cad éolien et pv, mais les barrages c’est fiable mais limité en France) soit une alternative dans le cadre d’une société industrielle avec de grosses unités de consommation et le fait qu’on ne sait pas stocker de façon sûre, fiable et économique l’électricité), je pense au contraire que recourir à un minimum de gaz par ex, si c’est 10 % de fossile pour produire de l’électricité contre les 70 % actuellement dans le monde, ça ne devrait pas nuire, car l’enjeu est global, il concerne aussi le recours au pétrole pour les transports, l’agriculture productiviste, la déforestation, la surpopulation…et pas que la production d’énergie, bref si je suis certain qu’il faut arrêter immédiatement la folie nucléaire en ce qui concerne les alternatives il n’existe pas de solutions techniques idéales, mais surtout un questionnement sur la quantité d’énergie et pourquoi la produire qui n’est pas posée aujourd’hui, mais imposée par les entreprises et les États. J’ai écrit deux livres sur l’arrêt immédiat du nucléaire où je montrais qu’il existait des capacités de production d’électricité à partir des centrales à gaz permettant d’arrêter IMMEDIATEMENT 65 % du nucléaire, car ces centrales sont utilisées 10 % de l’année pour assurer les pointes de consommation en hiver. Quant au GES, le nucléaire c’est 2 % de la conso finale d’énergie dans le monde et 19 % en France ce qui veut dire que même si on le remplaçait par du fossile dans le monde il n’y aurait pas de conséquences sur l’effet de serre pire qu’aujourd’hui et en France on a d’autres alternatives (réduction de l’usage des voitures, des avions, et notamment des gaspillages de l’armée, etc…) pour agir sur ces émissions. A vous lire je ne vois pas trop vos propositions si ce n’est de continuer la folie industrielle et nucléaire actuelle, si les gens ne doivent pas décoloniser leur imaginaire.

    2. Bravo pour ce commentaire, que j’approuve, connaissant JMJ depuis l’édition de son livre le plein s’il vous plait, il y a une vingtaine d’années. JMJ m’a progressivement conduit vers la décroissance.

  2. Jean Marc Jancovici ne détient surement pas toute la vérité sur ces questions complexes. nul n’est parfait. JMJ est honnête et il fait un très gros travail d’éveil des consciences, il ne faut donc pas lui couper les ailes (il s’en fout d’ailleurs). Il faut par contre s’unir sur l’essentiel, sans union pas de salut, pour limiter la casse environnementale.
    Que dit d’abord JMJ : pas de lutte contre le changement climatique sans mise au régime (de nos consommations). Voilà l’essentiel.

    1. l’enjeu principal n’est pas qu’au niveau de la consommation, la décroissance n’est pas qu’une nouvelle manière de consommer, mais d’abord une nouvelle manière de produire. Autrement dit une rupture avec le productivisme et aussi le nucléaire symbole de la démesure. Ce que n’a pas compris Jancovici qui n’a pas vu que la cause des ges était dans la société industrielle dans sa globalité. Il n’y a pas que la lutte contre le changement climatique, mais aussi contre la bombe, l’atome civil et militaire, etc…

  3. Je conseille à quiconque a vraiment envie de lire une critique de JMJ de plutôt aller vers cet article, immensément plus factuel.
    https://signauxfaibles.co/2020/12/26/regard-sur-le-phenomene-jean-marc-jancovici/

    Mais le mieux serait encore de regarder ne serait-ce que les 2 premières heures de son cours à l’école des mines pour vous faire votre idée. Vous y constaterez que le personnage n’est pas du tout l’espèce de caricature présentée ici comme une sorte d’avocat masqué du productivisme capitaliste (et que le nuke est assez secondaire dans son discours même si c’est ce qui revient perpétuellement)

    1. @ Tim
      Cet article auquel vous renvoyez est en fait composé de 4 parties ; les 2 premières n’ont aucun intérêt car centrée sur le « phénomène JMJ ». Les 2 suivantes sont plus intéressantes en effet car elles pointent certaines limites (des « biais » écrit l’auteur) des analyses de JMJ.
      L’intérêt de l’article publié ci-dessus, c’est précisément de juger des thèses de JMJ n’ont pas par rapport à des faits mais par rapport à la critique portée par les décroissants contre le productivisme.
      Ce cadre productiviste ne semble jamais thématisé en tant que tel chez « Janco » : c’est bien dommage parce que ce serait l’occasion de faire surgir le paradoxe d’un décroissant dont le productivisme reste impensé.

    2. Tout à fait d’accord, si à mon avis J M Jancovici a un discours favorable au nucléaire, c’est parce que notre société est incapable de réduire drastiquement sa consommation d’énergie, et que les pays émergents veulent eux en consommer plus. Il ne dit jamais que le nucléaire est la solution miracle, puisque l’uranium est également en quantité limité sur notre planète. Convaincu que la décroissance est la bonne voie, j’ai du mal à réduire ma propre empreinte écologique.

      1. Il ne dit peut-être pas que le nucléaire est la solution miracle mais il soutient quand même le nucléaire sans voir que c’est une partie de la société productiviste à l’origine de ce qu’il dénonce.

    3. Jancovici confond décroissance (=réduction de son empreinte écolo) et récession (=réduction du PIB) autrement dit on réduit le PIB autoritairement si possible (et ça on n’en parle pas dans cet article apologétique) et on se moque des pauvres.
      Par ailleurs, il défend certes le nucléaire pour son rôle d’« amortisseur du choc de la contraction de l’économie à venir ») mais il défend quand même le nucléaire, ou alors blanc n’est plus blanc et noir n’est plus noir.
      Enfin, il est X-Telecom et donc il a une vision d’ingénieur, le dominant celui qui sait les autres sont des cons…et bien les cons n’acceptent plus, l’ère où le curé et l’instituteur, le docteur et l’ingénieur dominaient est révolu…voici la décroissance…la vraie.

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