Macron au pouvoir

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Macron est le nom actuel d’un problème plus général. Le macronisme n’est même pas une politique particulière, c’est juste l’adaptation au cas français du néo-libéralisme dominant. Mais alors comment Macron gouverne-t-il si le néo-libéralisme est précisément la doctrine qui préconise de réduire l’utilisation de l’appareil d’État à sa mise au service du « bloc bourgeois » ? Politiquement ? Non, médiatiquement.

Le scénario des 6 derniers mois est éloquent : crise des GJ, grand débat, et plus récemment l’incendie de la cathédrale Notre Dame et la mort de deux militaires.

L’objectif d’une politique médiatique est juste de faire diversion, de « divertir » au sens que définissait Blaise Pascal = « Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser ». Divertir, c’est détourner l’attention.

Pour cela, le macronisme peut jouer sur trois leviers : l’émotion, la dérogation et la précipitation. Par exemple pour l’incendie de N-D : profiter de l’émotion pour reculer le moment politique de la fin du grand débat ; faire voter une loi d’exception pour la reconstruction ; précipiter une échéance à cinq ans alors qu’il a fallu plusieurs siècles aux bâtisseurs que l’on prétend honorer.

Dans cette mise en scène permanente, Christophe Castaner et maintenant Nathalie Loiseau n’ont que des rôles de valet et de servante : sans épaisseur politique, ils n’ont même pas le droit à la lumière réservée à Jupiter ; Macron sait le leur rappeler : c’est lui qui doit être sur l’affiche.

Tout cela pourrait prêter à ironie et sarcasme si ce n’était pas de politique qu’il s’agissait. Car derrière le décor, il y a bien une stratégie : une stratégie du faux. Il y a presque 50 ans Guy Debord faisait remarquer que dans la société du spectacle, « le vrai est un moment du faux ». Et bien, ce à quoi nous assistons aujourd’hui est bien pire : le faux est un moment du faux.

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