Législatives 2012 en Drôme-Ardèche : Accord politique

24 avril 2012- Accord politique entre le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), Les Alternatifs Rouges et Verts et le MOC (Mouvement des Objecteurs de Croissance), en Drôme Ardèche

Rompre avec le capitalisme, la société de consommation

et le nucléaire

Partager les richesses et réinventer la démocratie

La domination sans partage du capitalisme, et la recherche effrénée du profit qui en est le moteur, conduisent partout à l’explosion des inégalités, de la précarité, de la misère, au recul de la démocratie, à la catastrophe écologique. Soumis aux marchés financiers, les gouvernements européens mènent des politiques d’austérité sans précédent, exigeant des peuples des sacrifices toujours plus grands.

Les élections législatives en 2012 en France, seront l’occasion de dire « stop » à cet engrenage et de commencer sans attendre la transition vers d’autres modes de vie.

La gestion du capitalisme, même vert, par la droite ou par une gauche socio-libérale n’est pas à la hauteur des enjeux sociaux, écologiques et des besoins de la population. C’est autour de ces enjeux que les candidat-e-s de la liste « A Gauche Toute ! Osons l’utopie » entendent porter la voix des Ardéchois et des Drômois à l’Assemblée nationale.

Réinventer la démocratie, osons l’utopie !

¤     Réinventer la démocratie politique et la solidarité entre les peuples

Nous proposons de rompre avec toute logique d’accompagnement du capitalisme en imposant par le vote mais aussi par les mobilisations sociales et les actions associatives et syndicales de terrain, par les expérimentations sociales, d’autres choix, d’autres institutions et d’autres représentant-e-s.

Une nouvelle constitution, est-ce une utopie ?

Nous nous prononçons pour une refonte des institutions à travers un processus constituant qui inclura l’élection d’une nouvelle Assemblée nationale par l’ensemble des résident-e-s ayant 16 ans révolus, et la suppression du Sénat.

Nous préconisons la suppression de la fonction de président de la république, le scrutin proportionnel à toutes les élections, la parité hommes- femmes dans toutes les assemblées, le droit de vote et l’éligibilité pour les résident-e-s étranger-ère-s à toutes les élections, la mise en place d’un statut de l’élu-e incluant l’interdiction stricte de tout cumul des mandats et la révocabilité des élu-e-s, l’annulation de la contre-réforme territoriale.

Nous nous prononçons pour le démantèlement de toutes les officines de polices privées, une police nationale de proximité et à une politique de solidarité qui repose sur un réseau dense de travailleurs sociaux auprès des populations les plus en détresse ; l’appui au travail, à l’innovation, aux expériences sociales économiques et écologiques des associations de quartiers, de villes et de régions ; des conditions d’incarcération rendues dignes et humaines quand celle-ci est inévitable

L’Europe existante n’est pas l’Europe démocratique et sociale à laquelle nous aspirons. Avec des organismes internationaux éloignés de tout contrôle populaire (FMI, BCE…), les dirigeants de l’Union européenne imposent des plans d’austérité qui renforcent l’appauvrissement et la misère, discréditant l’idée européenne elle-même, favorisant le développement de sentiments et de courants nationalistes et xénophobes. Nous sommes favorables à un processus constituant vers une Europe démocratique des peuples, qui rompe avec les traités et institutions de l’actuelle UE.

Nous nous prononçons pour une refonte démocratique des instances internationales, à commencer par l’ONU,  pour la sortie de l’OTAN et l’arrêt de la France-Afrique et pour la mise en place d’un Forum mondial des peuples.

¤     Développer la démocratie économique

S’attaquer à l’économie du profit suppose de lutter pied à pied pour défendre et reconstruire les protections sociales et les services publics mis à mal. C’est aussi refuser le paiement de la dette publique illégitime. Nous soutenons la mise en place de collectifs unitaires contre la dette et leur coordination, en France et dans les autres pays du monde où des mouvements anti-dette voient le jour.

A plus long terme, s’attaquer à l’économie du profit suppose de contester la finalité du travail, son contenu, son organisation et sa division, de mettre en cause le salariat comme rapport de domination pour construire une véritable autogestion des unités de production et de distribution.

Ce niveau de démocratie où les travailleurs maitrisent la manière de produire et la gestion de leur unité de travail doit s’articuler à une planification démocratique permettant aux hommes et aux femmes de se réapproprier comme citoyen-ne-s, habitant-e-s, usager-e-s, les grands choix sociaux et écologiques relatifs à ce qu’il faut produire. C’est la combinaison de ces différents niveaux de démocratie qui permettra de produire autrement et de vivre autrement.

Rompre avec le capitalisme, osons l’utopie !

Il n’y a aucune fatalité aux difficultés profondes et grandissantes que connaissent des milliers de Drômois et d’Ardéchois, des millions de Français et d’Européens. Elles viennent essentiellement d’un système capitaliste fondé sur la recherche du profit au bénéfice d’une minorité et au détriment du plus grand nombre, salariés, agriculteurs, retraités, jeunes, petits commerçants et artisans et plus généralement de toutes celles et ceux qui produisent les véritables richesses.

Toute perspective d’alternance se plaçant sur le terrain de l’accompagnement et de la gestion du système capitaliste, par la droite ou par une gauche largement gagnée aux idées libérales, ne peut pas constituer une réponse à la hauteur des problèmes économiques, sociaux et écologiques que nous rencontrons

Nous entendons porter la voix des Ardéchois et Drômois à l’Assemblée Nationale, où nous siégerons pour exprimer vos exigences. En priorité :

¤     Défendre la préservation des biens collectifs

Au niveau national, en revenant sur les privatisations des services publics menées par la droite mais aussi par la gauche,  nous sommes favorables à une reconquête publique de l’enseignement, de la santé, de la protection sociale, de la recherche, de l’énergie, des transports, de la poste, des télécommunications, de l’emploi, de la justice, de la culture. Nous développerons les services non marchands existants et leur ouvrirons d’autres champs couverts par les intérêts privés comme, par exemple, les secteurs bancaires et d’assurances qui spéculent aujourd’hui avec nos salaires et notre travail.

Nous favoriserons une transformation autogestionnaire de ces services publics avec la participation active des salarié-e-s et des habitant-e-s à la gestion.

Au niveau local, nous nous prononçons pour la réappropriation publique ou la socialisation des services publics de proximité : eau, assainissement, gestion des déchets, énergies renouvelables, petite enfance, accueil des personnes âgées, etc. avec une participation des citoyen-ne-s à la gestion.

Afin de financer les services au public, nous récupérerons des fonds publics (fonds utilisés pour financer des structures patronales privées, budgets militaires,…). Nous appuierons les initiatives économiques visant à favoriser l’autogestion dans la sphère productive (soutien aux reprises d’entreprises par les travailleurs (SCOP) et/ou les usagers (SCIC).

Les coopératives et mutuelles qui naquirent au milieu du 19ème siècle étaient-elles des utopies ?

¤ Reconstruire ou développer des droits sociaux

Nous nous prononçons pour :

  • L’égalisation par le haut des revenus masculins et féminins, aujourd’hui nettement défavorables aux femmes
  • L’instauration d’un revenu inconditionnel (de la naissance à la mort, sans contrepartie) ; le droit à la retraite, au choix dès 60 ans ou après 37,5 annuités de travail, ou dès 55 ans pour les métiers pénibles; un montant de retraite unique pour tous-tes et indexé sur les salaires
  • La mise hors la loi des licenciements et de la précarité afin d’imposer le droit à l’activité et au revenu comme un droit absolu garanti à toutes et tous ; la progression du code du travail dans le sens des intérêts des salarié-e-s français-e-s et immigré-e-s en imposant, notamment, aux employeurs l’interdiction des licenciements collectifs et le maintien des salaires financés par une caisse patronale en cas de fermeture d’entreprise ; l’obligation de passer par la justice prud’homale avant tout licenciement individuel; ; le passage en CDI et/ou à temps complet pour les salariés et surtout les salariées qui le souhaitent
  • La concrétisation du droit au logement par la mise en œuvre de programmes de construction et de rénovation, tout en restant ouverts à des solutions d’habitats légers et mobiles
  • Le soutien aux luttes pour le maintien du droit à l’IVG, contre la pauvreté, les violences, les discriminations notamment subies par les femmes (plus de 50% de la population en France) ; le soutien aux luttes et revendications des travailleur-se-s français-e-s et immigré-e-s.
Partager les richesses, osons l’utopie !

Pour pouvoir investir et embaucher massivement dans les services fondamentaux pour les populations, nous récupérerons des fonds publics aujourd’hui utilisés par des entreprises privées ; nous créerons un pôle public bancaire et de fonds publics d’investissements et nous favoriserons la création de banques citoyennes solidaires et coopératives.

La décroissance que nous prônons est d’abord la décroissance des inégalités. Nous mènerons une réforme en profondeur de la fiscalité supprimant les niches fiscales et les avantages à la fortune, instaurant un impôt réellement progressif.

Le partage des richesses s’effectuera également par la mise en place d’un revenu inconditionnel pour chaque individu (RI), une allocation universelle d’autonomie pour les moins de 25 ans, un revenu mensuel minimum de 1700 € – que l’on soit salarié-e ou retraité-e-, un revenu et un patrimoine maximal acceptable (RMA), autorisant un écart de l’ordre de 1 à 6 entre les revenus minimal et maximal (comme dans la Fonction publique) ; et le respect des droits inaliénables au logement, à l’éducation et à la santé.

Nous engagerons une réduction massive du temps de travail, avec comme première étape une durée hebdomadaire de 32 heures sans réduction de salaire, de façon à mieux répartir l’activité, le partage de l’éducation des enfants entre hommes et femmes (aujourd’hui fortement inégalitaire) et à dégager du temps libéré du travail.

Rompre avec la société de consommation et le productivisme, osons l’utopie !

Arrêter de produire des choses inutiles voire nuisibles aux humains et à la planète, est-ce une utopie ?

Pour faire face aux dérèglements écologiques et climatiques, il y a urgence à engager une reconversion écologique de l’économie et de la société dans une perspective écosocialiste, c’est-à-dire anticapitaliste, antiproductiviste et autogestionnaire. Celle-ci devra s’opérer en tenant compte des conséquences sociales (emplois) et en associant les travailleur-ses, les consommateurs-trice-s, les citoyen-ne-s à l’élaboration d’un projet écologique qui privilégiera la relocalisation de l’économie, des technologies maîtrisées et de nouvelles pratiques solidaires.

Nous mènerons des campagnes de sensibilisation contre les modèles de comportements dominants (consumérisme, gaspillages, déchets) et contre le pouvoir des technostructures (de l’automobile, de l’énergie). Nous remettrons en cause la transformation du vivant, les agro-carburants et l’accaparement des terres ainsi que la logique productiviste conduisant à certains grands projets (ex : Aéroport de Notre-Dame des Landes, ITER). Nous favoriserons la réorientation des politiques publiques des secteurs énergivores tels que l’agriculture intensive, les transports, l’urbanisme, l’industrie et la grande distribution.

La « décroissance » qui nous guidera sera celle de la baisse des consommations inutiles et nuisibles, et la « croissance » que nous rechercherons sera celle de certains secteurs comme, par exemple, la rénovation et la construction de bâtiments et de logements de qualité, écologiquement autonomes et accessibles à toutes et tous. La faisabilité technologique des produits, leur impact écologique et leur utilité sociale, la redéfinition des rapports sociaux dans l’entreprise seront déterminants, dans le respect des milieux naturels, des ressources et de la biodiversité.

Nous voulons, face à la politique agricole dévastatrice pour l’emploi paysan et l’environnement, réorienter l’agriculture : des agriculteurs en nombre, correctement rémunérés, produisant en quantité et qualité, à prix abordable, dans le respect des écosystèmes, en privilégiant des circuits courts alimentaires partout où cela est envisageable.

Nous n’oublions pas que l’économie productiviste entraine l’utilisation intensive des animaux à des fins de consommation (ex : élevage en batterie) mais aussi de recherches souvent inutiles (tests incessants de molécules pharmaceutiques,  cosmétiques…). La prise en compte de la souffrance  animale – que rien ne justifie d’abandonner aux courants d’extrême-droite – nous amènera à une révision des conditions de transport et d’abattage des animaux dont la consommation alimentaire est par ailleurs excessive du point de vue sanitaire,  voire à l’interdiction de l’utilisation des animaux et de l’exploitation de leur souffrance dans le cadre d’expérimentations.

Rompre avec le nucléaire et engager la transition énergétique, osons l’utopie !

Il est urgent de sortir du nucléaire, source inévitable de risque de catastrophe comme le démontre Fukushima, et de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre qui contribuent au dérèglement climatique.

Le secteur de l’énergie doit être révolutionné. Cela ne peut se réaliser avec les groupes capitalistes (Total, EDF, GDF-Suez, Areva…) qui, avec la complicité de l’Etat et des principales forces politiques, imposent le nucléaire à toute la société. Mais cette révolution énergétique doit se faire avec les salarié-e-s et non à leurs dépens, ce qui exige le maintien des emplois et le reclassement collectif des salarié-e-s de la filière.

Nous nous prononçons pour :

  • La décision immédiate d’arrêter le plus rapidement possible le nucléaire civil, à commencer par la fermeture immédiate de tous les réacteurs âgés de plus de 30 ans (comme le Tricastin et le Bugey en vallée du Rhône), de la filière du retraitement des combustibles irradiés et des transports de déchets nucléaires ; l’arrêt du nucléaire militaire
  • Cesser la course aux énergies fossiles ; abandonner toute expérimentation, exploration et exploitation d’hydrocarbures compris dans la roche mère et off-shore  (gaz de schiste)
  • Nous orienter vers une sobriété, une efficacité énergétique et un développement des énergies renouvelables afin de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre et sortir du nucléaire ;
  • La constitution d’un service public de l’énergie articulé à des régies territoriales de l’énergie, sous le contrôle des usager-e-s et des salarié-e-s, à même de réaliser une planification démocratique de la transition énergétique reposant sur le démantèlement des centrales, le développement des énergies renouvelables et sur un vaste programme d’économies d’énergie concernant le logement, les transports et l’ensemble des secteurs, avec une planification des emplois et reclassements liés à ces mutations.

Cette élection législative doit permettre de battre, dans les urnes, la droite et l’extrême droite et leur politique antisociale et xénophobe…et à gauche, d’engager un changement des rapports de force en faveur d’une transformation sociale, économique et écologique de notre société. Elle doit aussi permettre de poser les premières pierres d’un nouveau projet de société. Puisque l’utopie commence aujourd’hui, mettons en place, ensemble, les transitions vers un autre mode de vie, socialement juste, écologiquement responsable et humainement décent. Nos députés soutiendront les expérimentations démocratiques allant dans ce sens.

LUTTER ou SUBIR

C’est le moment de choisir !

CONSTRUIRE ou SUBIR

C’est le moment de choisir !

 

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