Les robinsonnades du roi Midas

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J’étais au Festival Chalon dans la rue et j’ai vu avec beaucoup de plaisir un spectacle que je qualifierai de décroissant : « Les robinsonnades du roi Midas » par la compagnie toulousaine La famille Goldini.

Le titre ne serait-il pas déjà une critique de l’économisme ?

En effet le roi de Phrygie Midas à qui Dionysos accordat un vœu qui fut que tout ce qu’il touche se transforme en or et qui finit par se jeter dans le fleuve Pactole dont l’électrum servira à fabriquer les premières pièces de monnaie par le roi Crésus.

Cette  comédie musicale acrobatique, se déroule dans un décor monumental constitué d’un monceau de déchets, les entrées et sorties de scène se font par des hublots de machines à laver ou des  frigidaires, c’est beau, c’est drôle, c’est intelligent et ça questionne…

Les Dieux de l’Olympe en ont assez de voir le paradis se couvrir d’ordures : chaque humain à sa mort les rejoint avec tous ses objets et détritus qui sont listés à son arrivée, une vie de consommation…Benoit Coulomb, le dernier mort du jour, arrive dans l’Olympe après un accident de vélo et lorsqu’il doit expliquer pourquoi il faisait du vélo il explique que c’est pour se déstresser de son nouveau travail qu’il a pris pour gagner plus d’argent, pour… pouvoir avoir plus de loisirs et faire du vélo!

Des citations de Günther Anders, Ivan Illich, Raoul Vaneigen ou Paul Valéry sont intelligemment glissées dans le spectacle qui ne se contente pas d’aborder les conséquences de la crise écologique mais bien ses causes : l’abandon de toute considération morale, esthétique ou politique au profit d’une unique logique technicienne.

La question n’est pas de savoir ce que nous faisons de la Technique mais ce que la Technique fait de nous. Comme le chante Benoit Coulomb, la machine m’a transformé en machin

S’ils passent près de chez vous, courrez-y. Près de 300 personnes à chacune des 4 représentations à Chalon où les gens se lèvent pour applaudir. Un spectacle intelligent et drôle dont beaucoup de décroissants de la Maison Commune rêvent.

Annie Vital

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