C’est la vie sociale qu’il faut garder

La pandémie fournit l’occasion pour accélérer la confusion entre réalité et dystopie, au nom d’un principe de précaution réduit à la seule biopolitique du sanitaire. Comment ne pas s’étonner de constater que les opposants à l’arrivée de la 5G semblent pourtant réduire leurs critiques à la seule dangerosité sanitaire ou écologique ?

Dit autrement, l’un des effets pervers de toute critique sanitaire c’est de se focaliser sur les réponses individuelles – ah les gestes barrières ! – aux dépens de toute critique sociale des usages en tant que tels.

Il ne s’agit pas de nier les menaces que l’arrivée de la 5G va faire peser sur le plan sanitaire, sur le plan écologique et sur le plan démocratique.

Mais, a/ osons imaginer une 5G dont l’installation résulterait d’une consultation parfaitement démocratique, avec toutes les précautions prises tant pour notre santé que pour celle de la nature et b/ demandons-nous : voudrions-nous, quand même, de la 5 G ?

Et si « non », pourquoi alors ? Parce que le bon sens (de la décroissance) nous dit que nous ne désirons pas les désirs que vend le monde de la 5G.

Pour s’en convaincre, il devrait suffire d’écouter ses partisans : « L’accès à l’Internet mobile, selon Nicolas Demassieux, directeur de la division Orange Labs Recherche, sera comme l’air qu’on respire : on en aura partout et on ne supportera pas d’en manquer ».

C’est précisément cette analogie sociocidaire entre connectivité et respiration qui devrait suffire pour refuser la 5G.

Lisons la propagande de Bouygues Telecom : « Des expériences immersives étendues reposant sur la réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (AR), ainsi que le Cloud Gaming, vont également être rendues possibles via la 5G ».

C’est un monde sans 5G que nous voulons garder.

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