Objection(s) à la croissance démographique ?

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Par Jean-Yves Renouf

Pourquoi sommes-nous silencieux sur le problème de la croissance démographique ?

Paul Ariès invité à l’émission « du Grain à Moudre » sur France Culture, qui abordait le sujet de la croissance démographique, ne fut pas à la hauteur, son discours se limitant au partage des richesses et ressortant la vieille lune de la possibilité de nourrir 9 milliards d’être humains avec une agriculture plus respectueuse des milieux. Son assertion « ceux qui trouvent que nous sommes trop nombreux n’aiment pas les humains » n’éleva pas le débat. Parler ainsi, c’est faire l’impasse sur la place occupée par notre espèce au détriment des autres espèces qui voient leur aire de survie rétrécir comme une peau de chagrin. C’est aussi oublier que pour nourrir 9 milliards d’humains, il faudra gagner en surface cultivée au détriment des forêts primaires et ce malgré les rendements plus élevés de l’agriculture biologique.

L’équation d’ Ehrlich et Holdren.

En anglais l’équation se note I = P.A.T

I étant l’impact écologique ou empreinte écologique ; P la population (combien nous sommes); A l’affluence que l’on peut traduire par opulence ou richesse, (combien nous consommons); T signifie technology (comment nous consommons).

Cette équation très simpliste est utile pour comprendre les enjeux liés à la gestion des ressources naturelles.

Depuis 1960 notre empreinte écologique a été multipliée par 3 et depuis 1980 cette empreinte est supérieure à la capacité de la terre à se renouveler au niveau mondial.

La vision qui conçoit l’impact des humains sur leur milieu comme étant principalement le fait des modes de vie (facteur A) et de l’organisation sociale est la position défendue par les objecteurs de croissance.

Se focaliser sur le facteur A en négligeant le facteur P, c’est se priver d’un élément important de l’équation.

Les deux fondateurs du groupe « Survivre et vivre », Alexander Grothendieck et Pierre Samuel, écrivaient en 1971 : « En France notre croissance démographique est faible, mais n’oublions pas que chaque Français qui naît aujourd’hui pèse le poids de cent asiatiques. Le surpeuplement c’est cela. »

René Dumont affirmait quant à lui : « il faut arrêter la croissance de la population française et la proposition d’une France a 100 millions d’habitants est criminel. »

Bien entendu il faut éviter un discours qui stigmatiserait les naissances trop nombreuses des autres. Le mouvement des villes en transition rappelle que si la population occidentale se stabilisait nous serions prêts à accueillir les réfugiés climatiques. Mais ne perdons pas de vue qu’une politique démographique n’a pas d’effet immédiat. Il faut attendre plusieurs décennies pour en sentir vraiment les effets.

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