la Maison commune de la décroissance http://ladecroissance.xyz La croissance, c'est le non-sens ; le bon sens, c'est la décroissance ! Sun, 22 Sep 2019 17:02:39 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.2.4 http://ladecroissance.xyz/wp-content/uploads/2018/01/cropped-ladecroissance-1-32x32.png la Maison commune de la décroissance http://ladecroissance.xyz 32 32 Big Brother contre un plat de lentilles http://ladecroissance.xyz/2019/09/18/big-brother-contre-un-plat-de-lentilles/ http://ladecroissance.xyz/2019/09/18/big-brother-contre-un-plat-de-lentilles/#respond Wed, 18 Sep 2019 13:00:08 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1590 Lire la suite →]]> ou Contrôle biométrique à la cité scolaire du Diois (Die est une petite ville de 5000 habitants dans l’arrière-pays drômois).

Non, vous ne rêvez pas : notre petite cité scolaire d’arrière-pays s’est équipée d’une machine qui enregistre des données biométriques sur nos enfants (contour de la main ici) pour qu’ils puissent bénéficier en toute tranquillité  du service de cantine scolaire.

Cette décision a été adoptée au C.A. du 29 juin 2019. Aucune information n’a été délivrée préalablement, aucun débat « extraordinaire » (avec les parents, les élèves, les personnels, les enseignants…) n’a été organisé en amont. Aucune publicité non plus de cette décision n’a été faite ensuite, et nous voilà mis au pied du mur à la rentrée. Nous n’en apprendrons d’ailleurs pas plus en dehors d’une mention lapidaire sur la conformité de cet équipement avec la Commission Nationale Informatique et Libertés indiquée sur la feuille d’autorisation que les parents peuvent remplir.

Car bien sûr, théoriquement les parents peuvent refuser que leurs enfants subissent ce procédé. Mais la façon dont celui-ci est présenté par le formulaire, l’attrait des jeunes pour les nouvelles technologies en général, l’effet de groupe et le manque d’information Nendent d’emblée ce choix difficile à faire et sera donc sans surprise, forcément minoritaire.

Rappelons qu’en 2006, la mise en œuvre du même type de machine avait soulevé l’opposition aussi bien des syndicats enseignants (SNES FSU) que des parents d’élèves (FCPE) et même de certains élus (de la ville de Paris).

Et c’est bien normal car en effet un certain nombre de questions légitimes devaient et doivent encore être posées :

  • N’y a-t-il pas une disproportion entre le procédé technologique et sécuritaire utilisé et l’objet visé à savoir comptabiliser les passages à la cantine de quelques centaines d’élèves ?
  • Qui a accès à ces données personnelles : l’entreprise qui installe et réalise la maintenance par exemple ou seulement l’établissement? Combien de temps ces empreintes biométriques sont-elles conservées ? Sont-elles d’ailleurs détruites un jour ? Sont-elles croisées avec d’autres fichiers (départementaux ou régionaux via les financeurs, d’état via l’éducation nationale…) ? Comment sont-elles protégées ?
  • Ne s’agit-il pas en réalité d’habituer nos enfants à montrer patte blanche en toute occasion en profitant de l’effet gadget high-tech (comme au cinéma) ? Et à vivre ainsi dans une société où les moindres gestes, les moindres activités banales du quotidien, les moindres services utilisés sont destinés à être contrôlés, enregistrés, comptabilisés, évalués, réservés à certains publics dûment autorisés, au risque de mettre en péril les plus élémentaires libertés fondamentales ?
  • N’est-ce pas encore tout simplement le moyen d’ouvrir d’immenses marchés lucratifs à des entreprises privées qui profitent ainsi de publics captifs ?
  • Pourquoi une nouvelle machine qui arrive à peu près 5 ans après le précédent système informatisé de distribution de plateaux  ?
  • Connaissant les problèmes récurrents (et jamais sérieusement pris en compte) de la cantine scolaire de la cité scolaire du Diois, est-ce que la priorité était à l’achat de ce matériel ?
  • A quoi servent ces instances que sont les C.A. d’établissement si des décisions aussi importantes et qui concernent le type de société dans laquelle nous voulons vivre et faire grandir nos enfants ne font pas l’objet d’un véritable processus d’information contradictoire et de décision afin que tous les acteurs scolaires (élèves, enseignants, personnels, élus…) puissent se prononcer en toute connaissance de cause ?
  • Derrière les grands mots de démocratie, de citoyenneté, de projet d’établissement, de participation, de concertation, d’écologie… quelle réalité ?
  • Enfin, au-delà du contrôle biométrique n’y a-t-il pas un danger plus grand encore dans cet envahissement généralisé des technologies numériques (si peu écologiques, si peu résilientes, si peu démocratiques dans leur essence) dans nos sociétés ? Ce ne sont pourtant pas les signaux d’alerte qui manquent quant aux effets dramatiques des écrans, des réseaux,… sur nos enfants comme sur les adultes. Est-ce que réellement nous voulons que tous les aspects de la vie en société soient médiatisés par le biais de technologies numériques et de machines robotisées, du berceau à l’EHPAD, comme nous les voyons se mettre en place de manière accélérée et sans débat depuis quelques années ?

Des parents d’élèves et citoyens du Diois (Drôme)

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La vie sociale http://ladecroissance.xyz/2019/09/10/vie-sociale/ http://ladecroissance.xyz/2019/09/10/vie-sociale/#respond Tue, 10 Sep 2019 16:09:05 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1528 Lire la suite →]]> Le terme qui est ici défini est bien « la vie sociale » et non pas « la société », et encore moins « la vie en société » ; pourquoi ?

  • Nous laissons la sociologie proposer des définitions de la « société » 1Nous nous contentons d’une vague définition : société = milieu où se développe une vie collective ; c’est donc une définition politique de la « vie sociale » qui est ici envisagée. En quoi est-ce « politique » de traiter de la « vie sociale » ? En ce que les hommes sont des « animaux politiques ». « Il faut d’abord établir en vue de quoi la cité est constituée… Un homme est par nature un animal politique. C’est pourquoi, même quand ils n’ont pas besoin de l’aide des autres, les hommes n’en ont pas moins tendance à vivre ensemble. […] Ils se rassemblent et ils perpétuent la communauté politique aussi dans le <seul> but de vivre » 2Aristote, Les politiques, 1278 b 16-31..
  • « Vie sociale », « vie en société » : les deux expressions semblent très proches et pourtant il n’est pas difficile de reconnaître qu’elles renvoient chacune à des conceptions complètement inverses des rapports entre la société et les individus qui la constituent. La « vie en société », c’est la vie des individus dans la société : comme si « société » et « individus » étaient des entités séparées, abstraites. Ce présupposé, quand il est poussé à sa limite, peut aboutir à deux conceptions symétriquement erronées : l’extrême individualisme, le holisme. Pour l’une c’est la société qui n’existe pas (et seuls les individus existeraient selon la fameuse formule de Maggie Thatcher, « et la famille ») ; pour l’autre, ce sont les individus qui n’existeraient (la confusion dans ce cas réside entre individuation et individualisation).

Mais alors si ce ne sont pas les individus qui sont les sujets de la vie sociale, qui est le sujet de la vie sociale ? C’est la société elle-même. La vie sociale n’est pas la vie des individus dans la société, mais la vie de la société. Telle est la thèse défendue par François Flahault quand il fait de la vie sociale un « bien commun vécu ».

« L’« ambiance », l’« atmosphère » qui règne dans un groupe plus ou moins nombreux constitue un bien commun vécu par les membres de ce groupe. Ce type de bien commun, intangible mais bien réel, répond aux mêmes critères que les autres (libre-accès et non-rivalité) ; plus un troisième critère : non seulement le fait d’être plusieurs ne diminue pas le bien-être vécu par chacun, mais le fait d’être plusieurs est la condition nécessaire pour que ce bien se produise 3François Flahault, Où est passé le bien commun ?, 1001 nuits, février 2011, page 118..

Alors que l’individualité est la condition humaine de la « vie en société » (société qui est alors un ensemble d’individus juxtaposés), c’est au contraire la pluralité qui est la condition humaine de la vie sociale : non seulement la pluralité est la condition nécessaire de la vie sociale, mais la vie sociale devient alors la finalité de la vie à plusieurs. Les hommes vivent socialement pour entretenir et conserver la société.

Ces liens – non-individualistes entre individus et société – qui font vivre la société en forment la base. Nous avons développé ailleurs cette idée que c’est la vie sociale qui sert de fondement aux autres logiques sociales possibles (qui sont l’individuation et la compétition) : « Si les décroissants veulent le plus tôt et le plus brièvement possible décroître, ce n’est pas pour le plaisir de souffrir, c’est au contraire avec l’objectif de « bien vivre », ce qui signifie très exactement « vivre ensemble » et en même temps, du « seul fait de vivre ». Ce n’est qu’en vivant ensemble que les humains peuvent prendre plaisir au seul fait de vivre : voilà ce qui est bien. ».

  • Aujourd’hui les logiques d’individuation et de compétition ne peuvent étendre leur empire que parce qu’elles s’appuient encore sur ce qui demeurent de vie sociale dans la vie en société.
  • Mais plus cet empire s’étend, plus il sape son fondement : ce qui menace alors est bien l’effondrement de la vie sociale en tant que telle (ce que nous nommons « sociocide »).
  • Plus politiquement, nous assistons aujourd’hui en France à cette entreprise générale de démolition de la vie sociale (réformes de l’École, des retraites, de la procréation…) : les « progrès » de l’individualisation sont ceux de la désocialisation.

 

Références   [ + ]

1. Nous nous contentons d’une vague définition : société = milieu où se développe une vie collective
2. Aristote, Les politiques, 1278 b 16-31.
3. François Flahault, Où est passé le bien commun ?, 1001 nuits, février 2011, page 118.
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Ironie du benchmarking http://ladecroissance.xyz/2019/09/01/ironie-du-benchmarking/ http://ladecroissance.xyz/2019/09/01/ironie-du-benchmarking/#comments Sun, 01 Sep 2019 14:58:50 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1563 Lire la suite →]]> C’est toujours mieux ailleurs ; sauf quand c’est pire. Ou l’inverse.

Définition de benchmarking : littéralement "marquage des frontières". La traduction naturelle de benchmarking pourrait être "étude comparative", c'est une technique de comparaison. De technique utilisée dans les entreprises (se comparer aux "champions"), le benchmarking est particulièrement prisé par la Commission européenne, comme outil de convergence des politiques nationales.

La plupart des commentateurs politiques se déchaînent contre la manœuvre politicienne de Boris Johnson pour mener à bien (ou à mal) le Brexit, fut-ce par un « no deal » : « outrage », « attaque », « scandale »… Les mêmes en 2008 (ils étaient déjà là pour la plupart, ou des clones) avaient médiatiquement valider le coup de force de Sarkozy pour faire passer le TCE au Parlement (vote du 4 février 2008) via la ratification du Traité de Lisbonne, malgré le non du référendum de 2005.

Dans les 2 cas est acté un divorce entre le « peuple » et le « parlement » : au nom de l’un contre l’autre, ou inversement.

A Hong-Kong, nos médias tiennent scrupuleusement le décompte des violences policières.

  • 900 arrestations lors de la manifestation du 31/08.
  • usage des canons à eau (de fabrication française).

Comment ne pas comparer avec les violences policières commises à l’occasion du mouvement des Gilets jaunes 1https://fr.wikinews.org/wiki/Gilets_jaunes_en_France_:_statistiques ?

  • plus de 10 000 arrestations
  • près de 2000 condamnations prononcées
  • près de 14 000 tirs de LBD
  • A Hong-Kong, Carrie Lam n’a toujours pas démissionné. Christophe Castaner, non plus.

Références   [ + ]

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Décroissants, osons afficher notre préférence pour les loups et les ours plutôt que pour les moutons ! http://ladecroissance.xyz/2019/08/25/decroissants-osons-afficher-notre-preference-pour-les-loups-et-les-ours-plutot-que-pour-les-moutons/ http://ladecroissance.xyz/2019/08/25/decroissants-osons-afficher-notre-preference-pour-les-loups-et-les-ours-plutot-que-pour-les-moutons/#comments Sun, 25 Aug 2019 05:46:04 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1561 Lire la suite →]]> Durant les festives de 2017, il nous avait été proposé un débat mouvant dont le sujet abordait la question du végétarisme. Les défenseurs du végétarisme et ceux qui défendaient un régime carné se séparaient territorialement. Il s’agissait d’attirer dans son « camp », à l’aide d’arguments convaincants, celles et ceux du camp d’en face. Je me souviens que certains des contempteurs du végétarisme justifiaient leur position au nom de la défense de la petite paysannerie garante de la préservation de nos milieux, surtout en montagne. Si nous supprimons l’élevage que deviendront les emplois agricoles ? Qui entretiendra nos paysages ? Ne sera-ce pas la fin de la ruralité ? nous interpelaient-ils.

A ces questions ÉlodieVieille Blanchard (présidente de l’association végétarienne de France) répond d’une façon convaincante dans Révolution végane. Inventer un autre monde, un livre paru chez Dunod.

Passons rapidement sur l’ombre portée de l’élevage, titre du long rapport publié par la FAO en 2006, qui pointait les multiples impacts environnementaux de l’élevage à l’échelle de la planète : sur la déforestation (au lieu de persévérer dans la déforestation ne vaudrait-il pas mieux modifier notre modèle alimentaire ?) ; sur l’occupation de terres qui pourraient être employées à nourrir les humains plutôt que les animaux ( une alimentation sans élevage permettrait de diviser par 4 les surfaces agricoles) ; sur l’eau ; sur le climat (responsable de 18% des émissions de GES, l’élevage se traduit par l’émission de deux gaz (sans parler de l’ammoniac) : le méthane et le protoxyde d’azote, qui ont un effet de réchauffement de l’atmosphère respectivement 25 et 265 plus puissant que le CO²) ; sur les finances publiques (lourdement aidé, exonéré des taxes payées par les autres secteurs économiques, avec les 10 milliards d’euros de la PAC, plus environ 6 milliards d’aides diverses, l’élevage coûte 500€/an/habitant). Laissons la parole à Élodie.

Le monde rural menacé ?

Aujourd’hui 3,6% de la population active française travaille dans l’agriculture contre 1/3  en 1945. Dans le même temps la consommation de viande augmentait fortement avant de décroître légèrement à la toute fin du XXème siècle. C’est davantage le type d’agriculture, plutôt que le choix du modèle alimentaire, qui détermine le volume d’emplois créés. Une agriculture vivrière et paysanne est plus créatrice d’emplois qu’une agriculture industrielle. Pourquoi le tissu rural disparaîtrait-il si l’élevage était remplacé par des productions végétales ?

La prairie amie de la biodiversité ?

Les aires dites naturelles voient aujourd’hui une dégradation de leur biodiversité du fait du surpâturage. Ainsi, dans les Alpes, la trop grande concentration des animaux entraîne un appauvrissement de la flore et une érosion des sols. La disparition de l’élevage de montagne verrait un «réensauvagement» qui restaurerait les écosystèmes. L’écologiste George Monbiot rappelle que les prairies anglaises (ces monocultures de moutons) sont aux écosystèmes forestiers anglais ce que sont les ranchs brésiliens à la forêt amazonienne. Son étude sur le Pays de Galles, conclut qu’il serait plus rentable de remplacer les pâturages par la forêt.

Élodie prêche aussi pour une agriculture sans bétail qui est tout l’enjeu de l’agriculture végane (rotation des cultures sur 8 ans et couverture permanente des sols uniquement travaillés en surface) qui exclut tout fertilisant chimique et animale.  Ce type d’agriculture, qui s’est développé depuis 25 ans, prend pour modèle la forêt où la fertilité des sols provient de l’accumulation des végétaux en surface.

Envisager une transition alimentaire apparaît incontournable à l’échelle de la planète et en la matière le végétal s’avère la solution la plus prometteuse, telle est la conclusion d’Élodie Vieille Blanchard.

Et ne jamais oublier ces chiffres, effrayants : en France, chaque jour, on abat 3 millions (!) d’animaux terrestres, plus d’un milliard chaque année pour notre consommation et l’exportation.  Est-il éthiquement acceptable de tuer autant d’animaux pour se nourrir ?

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AG du 14 juillet 2019 à Saligny sur Roudon. http://ladecroissance.xyz/2019/08/22/ag-du-14-juillet-2019-a-saligny-sur-roudon/ http://ladecroissance.xyz/2019/08/22/ag-du-14-juillet-2019-a-saligny-sur-roudon/#respond Thu, 22 Aug 2019 15:42:04 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1568 Lire la suite →]]> En préambule Jean-Yves évoque les difficultés rencontrées auprès de la sous-préfecture de Fontenay le Comte (85) lors de la déclaration de l’association. Alors que l’assemblée constitutive (tenue à Limoise en novembre 2017) avait décidé une présidence collégiale de 12 membres, le refus du personnel de la sous-préfecture nous a contraints à reconduire un bureau sous la forme classique d’une association : un président (Thierry Brulavoine), un secrétaire (Michel Lepesant) et un trésorier (Jean-Yves Renouf). Les membres de la coopérative formant le CA.

Rapport d’activité de Thierry Brulavoine

Thierry revient sur la genèse de la maison commune de la décroissance. La MCD est le fruit d’un long processus entamé à Charpey en octobre 2016. Après 9 rencontres ouvertes à celles et ceux qui voulaient nous rejoindre, est née la MCD.

L’activité de la MCD se partage entre l’organisation des festives, l’animation de la Lettre et le site, sans oublier le soutien à ceux qui vont aux élections (en conformité avec l’article 2 bis de nos statuts). Nous envisageons des rencontres hivernales.

Rapport moral de Michel Lepesant

Michel donne sens à ce qui est « commun » dans la Maison commune de la décroissance (la MCD). Conformément au refus de définir le « commun » comme une addition d’individus juxtaposés (même si une maison est construite avec des pierres, il y a une différence entre elle et un tas de pierres), la Maison commune de la décroissance est « commune » non pas parce que tous les décroissants de France et de Navarre y cohabiteraient (chacun pressent bien qu’une telle unanimité ne résisterait pas longtemps au défoulement des égos) mais, beaucoup plus simplement, parce que ces activités sont ouvertes, offertes, à toutes et tous : d’où un espace de publication d’idées et opinions, d’où un travail de lexique, d’où des comptes-rendus de lecture.

Michel rappelle ensuite les rôles respectifs de la coopérative (l’organisationnel) et de la mutuelle (le travail de cohérence idéologique) :

  • Aux membres de la coopérative, le travail de visibilité politique de la décroissance : contacts avec des médias, rapprochement avec d’autres associations compagnes de notre chemin, prises de positions sur l’actualité…
  • Aux membres de la Mutuelle le travail de réflexion et de mise en cohérence théorique et pratique de propositions politiques ; sur le fondement de ce que le « processus » qui a donné naissance à la MCD a appelé « noyau philosophique de la décroissance ».

Les adhésions

43 adhésions en 2018. 12 renouvellements et nouvelles adhésions à ce jour (8 août 2019).

Il n’est peut-être pas inutile de rappeler aux membres de la coopérative et de la mutuelle qu’ils doivent envoyer leur bulletin d’adhésion à :

La  MCD chez Jean-Yves Renouf 13 rue Nicolas Rapin 85200 Fontenay le Comte.

Nous devrons faire un appel à adhérer dans la prochaine Lettre.

Rapport financier

Objet

date Dépenses Recettes Solde
Solde du MOC 21/05/2017 1413.94
Vierzon 21/05/2017 508.10 1922.04
Limoise 30/11/201 1804.90
Frais bancaires
Ouvaton, déclaration asso… 31/01/2018 1676.62
Saligny, arrhes Gelles et Vierzon, train Thierry 31/03/2018 378.14
Retour AdOC, 315
adhésions 123 816.14
Gelles, retour Vierzon Adhésions, vente livres 31/07/2018 4074.18
Achat livres, 1/10/2018 555.31
train Keller, frais bancaires 1/10/2018 3396.63
ouvaton, banque à distance 31/01/2019 3158.07
train Jean-Yves (Paris) janvier 2019 107.40
arrhes Saligny 887
courses Saligny (la courte échelle) 30/04/2019 167.50 2056.17

Le solde avant les festives était de 2056,17 €. Au 1er août 2019 il est de 4292,60 € avant le règlement de la facture de la MFR de Saligny et le remboursement des livrets d’accueil des festives.

Renouvellement de la coopérative et de la mutuelle

La coopérative : Sofian Achabe ; Fleur Bertrand Montembault ; Jean-Yves Renouf ; Flora Sallambien ; François Verret ; Marie-José Rény ; Thierry Brulavoine.

Arthur Hanon est démissionnaire.

La mutuelle : Michel Lepesant ; William de Witte ; Michel Simonin ; Jean-Luc Pasquinet ; Simon Desbois ; Hervé Le Meur ; Paul Bredontiot, Annie Vital, Sabine Legrand, Thierry Brugvin, Jean-Yves Renouf, Jérôme Vautrin, Amandine Quin, Gary Libot, Thierry Brulavoine, Christine Poilly, Robin Aramburu.

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http://ladecroissance.xyz/2019/08/22/ag-du-14-juillet-2019-a-saligny-sur-roudon/feed/ 0
A quoi s’attendre ? http://ladecroissance.xyz/2019/08/21/a-quoi-sattendre/ http://ladecroissance.xyz/2019/08/21/a-quoi-sattendre/#respond Wed, 21 Aug 2019 06:25:43 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1554 Lire la suite →]]> Scénarios du futur, imaginer des choix

Dans le cadre d’une réflexion stratégique pour faire advenir une société juste, démocratique et soutenable, QUE VAUT LA SIMPLICITÉ VOLONTAIRE COMME MODE D’ACTION, COMME FORME D’ENGAGEMENT ? Autrement dit, quel rôle et quelle place pour la transformation individuelle dans la perspective d’une transformation sociale et politique ?

Devant l’effervescence des modes d’actions individuels dans notre société pour enrayer le réchauffement climatique et diminuer les inégalités sociales, il faut commencer par pointer plusieurs écueils dans lesquels tombent bon nombre de personnes cherchant à agir en changeant leur mode de vie.

  • PARCELLISATION. Additionner quelques bonnes pratiques (prendre plus souvent le vélo, adhérer à une a.m.a.p, boycotter quelques grandes marques, cultiver son jardin, la liste est longue) ne saurait être équivalent à une remise en question radicale des logiques qui sous-tendent notre façon de vivre. Comme le dit Paul Ariès, il ne s’agit pas de faire la même chose en moins.
  • INDIVIDUALISME. Envisager l’écologie et la justice sociale au prisme de l’action individuelle, si cela permet de retrouver un sentiment de puissance d’agir à l’échelle de sa personne, cela peut être aussi un frein à l’élaboration d’une puissance d’agir collective qui manque terriblement de nos jours.
  • DÉPOLITISATION. La quête d’une pureté personnelle dans son mode de vie vient remplacer la nécessité politique de créer du commun et de s’organiser collectivement pour transformer la société.
http://puntish.blogspot.com/2017/10/colibris.html

À écouter la fable du colibri, le politique serait l’addition des parts individuelles. Contre cette vision imprégnée de libéralisme, nous pensons que le politique démarre non de la perspective individuelle, mais de la perspective collective.

Au delà des pièges stratégiques auxquels s’exposent les partisan.te.s de la simplicité volontaire, nous considérons qu’un travail personnel sur soi et son mode de vie comportent de précieux intérêts, encore faut-il bien en comprendre les enjeux. Plus qu’une liste de pratiques à prohiber ou adopter, il s’agit d’un rapport critique à son existence et à la forme qu’elle prend, il s’agit d’envisager la quotidienneté sous un autre paradigme. Plutôt que d’induire des solutions individuelles, la simplicité volontaire ne fait sens qu’en tant qu’elle favorise la création de pratiques collectives, qu’en tant qu’elle est un appui pour l’émergence de nouveaux mondes qui se construisent en rupture avec l’ancien. C’est dans cet ancien monde, aliénant et destructeur par ses logiques productiviste, consumériste, capitaliste et libérale qui le structurent, que nos rapports au choses, aux autres et à nous-même se sont formés. Nous sommes imprégnés de cette culture, et l’intérêt de la simplicité volontaire est de constituer un travail sur soi pour s’en désintoxiquer, pour se défaire de cette culture qui nous colle à la peau. Transformer son rapport au monde, aux autres et à soi même, cela passe par un travail aux dimensions spirituelle et matérielle. Spirituelle, car il s’agit de développer une lucidité critique vis-à-vis des logiques qui sous-tendent la forme de notre existence. Matérielle, car il s’agit concrètement de parvenir à se défaire de ces logiques qui nous tiennent captif.ve.s, afin d’inventer des formes de vie qui fonctionnent selon d’autres logiques, des logiques qui concrétisent nos valeurs décroissantes. La simplicité volontaire est intéressante quand elle permet de faire des questions anthropologiques un enjeu politique.

La simplicité volontaire a donc cet intérêt de poser la question de la cohérence de nos existences, elle nous permet d’insister sur le fait que « capitalisme », « productivisme », etc, ne sont pas que des mots ou des structures abstraites, mais tout un monde complexe qui s’étend jusque dans notre intimité, constituant notre façon de percevoir le monde. Il y a donc, à travers cette réflexion sur la nécessité de s’« extraire » de l’ancien monde, un enjeu stratégique à ne pas négliger. Pour autant croire que la simplicité volontaire pourrait constituer une stratégie de transformation sociale à part entière est illusoire. Une telle croyance est le fruit de l’imprégnation de la vision libérale qui valorise ce schéma qui fait du politique l’addition des actions individuelles. Il en découle un second schéma, celui de l’essaimage, selon lequel mon action rayonnera et induira à terme une transformation globale par rayonnements successifs ; ce schéma vient nier les rapports de force à l’œuvre au sein de la société et les intérêts contradictoires qui s’y confrontent (comme s’il suffisait de montrer la façon très sobre et conviviale dont on vit à un magnat de l’industrie pour le convaincre de démanteler son empire).

Dans une perspective de transformation sociale, une stratégie d’accumulation des transformations individuelles mène à une impasse. Si l’on veut envisager la possibilité de l’enclenchement d’un trajet de décroissance, il nous semble fécond de poser un principe de complémentarité : transformation personnelle, expérimentations collectives et défense d’un projet politique global doivent s’articuler, se nourrir et se renforcer entre elles. Comprise dans ce sens, la simplicité volontaire n’est pas une fin en soi, mais l’un des moyens d’une stratégie plus large qui vise à faire advenir une autre société.

William de Witte

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(f)estives 2017 de la décroissance : un survol http://ladecroissance.xyz/2019/08/12/festives-2017-de-la-decroissance-un-survol/ http://ladecroissance.xyz/2019/08/12/festives-2017-de-la-decroissance-un-survol/#respond Mon, 12 Aug 2019 07:53:46 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1551 Lire la suite →]]> Le contenu de ces(f)estives était ambitieux → articuler une question existentielle profonde (celle du sens de la vie) et une critique politique radicale (celle de l’individualisme) : l’apport d’Onofrio Romano, fortement basé sur une lecture anthropologique de George Bataille, sera, nous l’espérons, un moment décisif dans l’histoire de la pensée de la décroissance en France : la décroissance ne doit pas proposer la pénurie pour chacun.e.s mais proposer (politiquement) une organisation sociale telle que la question du « sens de la vie » (re-)trouve une réponse commune, celle de la « dépense » par la fête (à ne pas confondre avec le spectacle), par des moments communautaires qui permettent d’entretenir le lien social, de conserver des solidarités, de protéger la vie commune. Car aujourd’hui, si la marchandisation généralisée de la vie peut paradoxalement étendre son emprise, c’est bien parce qu’il existe encore, à la base, une vie sociale fondée sur les valeurs que les décroissant.e.s défendent : la convivialité, la mesure, la décence. Cette vie sociale existe encore, mais combien de temps…

Pour un CR complet : http://ladecroissance.xyz/2017/08/21/cr-des-festives-2107-de-la-decroissance/

festives final from Sofian Achabe on Vimeo.

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(Pré)visions d’hier sur l’avenir : une morale de l’histoire ? http://ladecroissance.xyz/2019/08/06/previsions-dhier-sur-lavenir-une-morale-de-lhistoire/ http://ladecroissance.xyz/2019/08/06/previsions-dhier-sur-lavenir-une-morale-de-lhistoire/#respond Tue, 06 Aug 2019 18:03:17 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1548 Lire la suite →]]> A l’époque du présentisme, quel est l’intérêt sinon l’utilité de faire de l’histoire ?

  1. L’histoire est un savoir gratuit, et c’est déjà ça.
  2. L’histoire, comme l’ethnographie, est un savoir fondé sur le décentrement : d’où sa force d’autant plus critique que l’écart sera maximal.
  3. L’histoire possède une « force explicative » et c’est ainsi que le passé donne de la profondeur à la compréhension du présent.

En déconstruisant l’histoire des vainqueurs, l’historien procure dès à présent des ressources pour l’avenir.


François Jarrige

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Les 6 principaux scénarios écologiques pour le futur de l’humanité de la planète http://ladecroissance.xyz/2019/08/06/les-6-principaux-scenarios-ecologiques-pour-le-futur-de-lhumanite-de-la-planete/ http://ladecroissance.xyz/2019/08/06/les-6-principaux-scenarios-ecologiques-pour-le-futur-de-lhumanite-de-la-planete/#respond Tue, 06 Aug 2019 17:04:55 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1544 Lire la suite →]]> La crise des gilets jaunes a débuté avec la hausse du prix du carburant. Le prix des carburants évolue en fonction de différents facteurs, tels le cours du pétrole, le taux de change euro-dollar, le niveau des stocks de produits pétroliers, de l’évolution de la demande et bien sûr aussi des taxes. Or, concernant les facteurs des stocks et du niveau de la demande, dans 40 à 80 ans, les réserves terrestres de pétrole seront épuisées. Plus on se rapprochera de cette échéance, plus la courbe montante de la demande, se rapprochera de la courbe descendante de l’offre et plus la tension sur les prix sera forte, donc plus ils vont augmenter. Et ce, même s’il n’y avait plus de taxe incluse dans les prix. Les facteurs de la fin des ressources, du réchauffement climatique et de la justice fiscale sont pris en compte dans les revendications des gilets verts. Mais dans celles de certains gilets jaunes au sein de plus d’une quinzaine de pays en Europe et d’une vingtaine d’autres dans le monde. En fonction, de la justesse des revendications, mais surtout de l’efficacité de leur mise en œuvre par les différents gouvernements, nous verrons se dessiner différents scénarios pour toute l’humanité.

Dans le cadre d’une perspective futurologique, il y aurait ainsi trois scénarios principaux : l’effondrement de la société, sa décroissance (ou sa récession) et sa stabilisation (voire une légère croissance à long terme). Chacun de ces trois scénarios peut se différencier entre un scénario avec un usage important de la technologie, ou sans technologie. Ce qui génère 6 principaux futurs possibles. Ils pourraient advenir entre aujourd’hui et la fin du XXIe siècle. On pourrait y ajouter trois autres scénarios qui sont des hypothèses intermédiaires entre les scénarios avec ou sans technologie. C’est à dire qu’il y aurait un usage limité, mais réel de la technologie. Nous les présentons en les classant du plus probable, ou moins probable. Cependant, ce classement, reste bien sûr assez subjectif et aléatoire, de même que la futurologie généralement.

1) Le 1er scénario est celui de l’effondrement, avec des ilots de technologies de pointe.

La société mondiale s’est effondrée à cause de la fin des ressources renouvelables et surtout du réchauffement climatique. Ce dernier a généré un dérèglement climatique, des cyclones et surtout des sécheresses générant des famines, des migrations et donc des guerres. La démographie humaine s’est donc effondrée. Seulement quelques centaines de millions d’humains survivent dans les zones les plus fertiles situées au nord de la planète et continuent à user de technologie de pointes, telle l’informatique pour organiser des cités-États. Les humains y parviennent en réparant et recyclant les anciennes technologies ou en recréant à petites échelles, l’ensemble du cycle de production industriel (création de plans, production de pièces, assemblages). Ces cités Etats sont des cités bunkers, qui tentent de repousser les quelques migrants qui sont parvenus à survivre et qui migrent du Sud désertifié.

2) Le 2e scénario est celui de l’effondrement, avec l’impossibilité d’utiliser la technologie de pointe. Il reprend le scénario précédent, mais compte tenu, qu’il n’existe que le système industriel global s’est effondré avec l’épuisement des métaux et des énergies non renouvelables, telle le pétrole et l’uranium, la technologie de pointe ne parvient plus à perdurer. En effet, réparer un ordinateur, suppose des pièces de rechange, qui nécessite toute une infrastructure complexe en amont. Les cités-Etats sont donc revenues à un niveau de développement technologique proche du moyen âge. Il y a encore moins d’humains qui ont survécu que dans le 1er scénario. C’est principalement autour des oasis au Sud et dans les régions plus humides et fraiches située autour du pôle Nord de la planète qu’ils survivent. 

3) Le 3e est un scénario de récession (donc décroissance involontaire) avec l’usage de la technologie. Il fait l’hypothèse que la société, grâce à la technologie parvient à limiter complètement ou majoritairement les dégâts du réchauffement climatique en récupérant le CO2, avec par exemple des puits à carbone. Cependant, l’économie fonctionne au ralenti, car les ressources non renouvelables, tel le pétrole, le gaz, l’uranium et les métaux ayant disparus. L’économie subit donc une récession généralisée. Cependant, l’usage généralisé du charbon pourrait permettre de repousser ce scénario d’un siècle ou deux. 

4) Le 4e scénario est celui d’une décroissance volontaire, mais sans la possibilité d’utiliser les technologies de pointes. Les ressources non renouvelables ont majoritairement disparues comme dans le 3e scénario, mais cette fois, la technologie n’est pas parvenue à réduire le réchauffement climatique. Par contre, la société ne s’est pas effondrée, comme dans les deux premiers scénarios, grâce à la réorganisation écosocialiste de la société mondiale. Elles redistribuent les richesses économiques et environnementales. Mais surtout elle est parvenue à limiter le réchauffement climatique suffisamment tôt avant un dérèglement et un emballement inexorable, grâce à la limitation de la croissance et la régulation de la démographie. Cette dernière s’opérant principalement par l’éducation des filles et la professionnalisation des femmes, donc à leur émancipation, principalement grâce à la redistribution des richesses.

5) Le 5e scénario est celui de la stabilisation, voire d’une légère croissance durant des dizaines d’années, grâce à la technologie. De même que dans le 3e scénario, la technologie a permis d’éviter la catastrophe climatique, grâce à la captation du gaz carbonique (CO2) dans les puits à carbone. Mais cette fois, l’humanité a résolu le problème de la fin des métaux, notamment grâce au Graphen (le graphite) par la création un composant plus dur que le métal. Ce composant existe réellement depuis 2004. Sa résistance s’avère deux cents fois supérieure à celle de l’acier (tout en étant six fois plus léger) 1Le Monde, « Distingué par le comité Nobel, le graphène va révolutionner l’industrie électronique », 7 octobre 2010, p. 6.. Il est composé d’atome de carbone qui seront récupérés notamment dans les puits à carbone. Actuellement, la principale limite du graphen réside dans son coût énergétique. Cependant, l’énergie sera devenue quasiment illimitée sur la terre, grâce aux énergies renouvelables solaires, éoliennes, thermiques. En effet, les technologies fondés sur l’énergie renouvelable ne sont plus limitées par la fin des métaux, grâce à la production du graphen. Mais surtout les scientifiques sont parvenus à capter de l’énergie électromagnétique terrestre qui est illimitée à l’échelle terrestre. C’est l’énergie à l’origine des éclairs.

Ce sera peut être cette voie qui sera peut-être là solution la plus efficace contre le changement climatique. Cependant, les militants, les écologistes, les psychosociologues devraient en priorité sensibiliser les personnes les citoyens la population au principe de précaution c’est à dire à la prudence, à la sagesse,  plutôt que rechercher la solution à nos problèmes écologiques et sociaux, par la voie technologique, qui ne peut résoudre qu’une partie du problème en plus. Les solutions techniques les ingénieurs les développent les recherchent ce n’est pas vraiment la fonction des militants, et des psychosociologues contribuer au développement de cette voie, par exemple par un travail de sensibilisation, de formation, de communication. 

6) Le 6e scénario envisage une société future stabilisée, grâce à la technologie, mais aussi grâce à une redistribution des ressources économiques et environnementales. Cette fois, il s’agit d’une société qui combine les transformations écosocialistes du 4e scénario, mais qui en évite les limites autour de la fin des ressources et du réchauffement climatique, grâce à la technologie à l’instar dans le 5e scénario. Ce scénario est plus improbable, car il suppose, en plus d’une révolution technologique du 5e scénario, qui plus est, une révolution socioéconomique et démocratique.

On le voit, les manifestations et les revendications des écologistes, des gilets verts, des gilets jaunes dans le monde, de mêmes que les manifestations de lycéens en Europe pour le protection du climat, ne sont donc pas à prendre à la légère. En fonction, des choix politiques des gouvernements et de leur la mise en œuvre, cela conduira vers un des 6 scénarios principaux pour l’avenir de l’humanité sur la terre et certains sont peu recommandables…

Thierry Brugvin

Publié dans le journal l’humanité, le 26 avril 2019.

 

 

 

LES 6 PRINCIPAUX SCENARIOS ECOLOGIQUES

POUR LE FUTUR DE L’HUMANITE SUR LA PLANETE

 

 SCENARIOS ECOLOGIQUES  AVEC OU SANS TECHNOLOGIES  SYSTEMES POLITIQUES :
EFFONDREMENT  Avec  ou sans technologie :                                                                                        Ilots de taille variées (locale, régionale, nationale, continentale) et de systèmes divers qui cohabitent et/ou s’affrontent  Survivalisme familial
 Survivalisme communautaire
 Municipalisme libertaire
 Capitalisme libéral ou social démocrate
  Ecosocialisme ou écocommunisme
 DECROISSANCE INVOLONTAIRE  Sans technologie par insuffisance de métaux et d’énergie  Divers systèmes politiques
 CROISSANCE OU STABILISATION  Technologie et Capitalisme  Libéral ou libertarien
 Ordo libéral (sans le social)
 Autoritaire
 Social démocrate
 DECROISSANCE VOLONTAIRE  Avec technologie appropriée           ( Law tech)  Ecosocialisme autogestionnaire
 Divers systèmes décroissants

 

[1] Le Monde, « Distingué par le comité Nobel, le graphène va révolutionner l’industrie électronique », 7 octobre 2010, p. 6.

Références   [ + ]

1. Le Monde, « Distingué par le comité Nobel, le graphène va révolutionner l’industrie électronique », 7 octobre 2010, p. 6.
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Les robinsonnades du roi Midas http://ladecroissance.xyz/2019/08/06/les-robinsonnades-du-roi-midas/ http://ladecroissance.xyz/2019/08/06/les-robinsonnades-du-roi-midas/#respond Tue, 06 Aug 2019 16:45:26 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1539 Lire la suite →]]> J’étais au Festival Chalon dans la rue et j’ai vu avec beaucoup de plaisir un spectacle que je qualifierai de décroissant : « Les robinsonnades du roi Midas » par la compagnie toulousaine La famille Goldini.

Le titre ne serait-il pas déjà une critique de l’économisme ?

En effet le roi de Phrygie Midas à qui Dionysos accordat un vœu qui fut que tout ce qu’il touche se transforme en or et qui finit par se jeter dans le fleuve Pactole dont l’électrum servira à fabriquer les premières pièces de monnaie par le roi Crésus.

Cette  comédie musicale acrobatique, se déroule dans un décor monumental constitué d’un monceau de déchets, les entrées et sorties de scène se font par des hublots de machines à laver ou des  frigidaires, c’est beau, c’est drôle, c’est intelligent et ça questionne…

Les Dieux de l’Olympe en ont assez de voir le paradis se couvrir d’ordures : chaque humain à sa mort les rejoint avec tous ses objets et détritus qui sont listés à son arrivée, une vie de consommation…Benoit Coulomb, le dernier mort du jour, arrive dans l’Olympe après un accident de vélo et lorsqu’il doit expliquer pourquoi il faisait du vélo il explique que c’est pour se déstresser de son nouveau travail qu’il a pris pour gagner plus d’argent, pour… pouvoir avoir plus de loisirs et faire du vélo!

Des citations de Günther Anders, Ivan Illich, Raoul Vaneigen ou Paul Valéry sont intelligemment glissées dans le spectacle qui ne se contente pas d’aborder les conséquences de la crise écologique mais bien ses causes : l’abandon de toute considération morale, esthétique ou politique au profit d’une unique logique technicienne.

La question n’est pas de savoir ce que nous faisons de la Technique mais ce que la Technique fait de nous. Comme le chante Benoit Coulomb, la machine m’a transformé en machin

S’ils passent près de chez vous, courrez-y. Près de 300 personnes à chacune des 4 représentations à Chalon où les gens se lèvent pour applaudir. Un spectacle intelligent et drôle dont beaucoup de décroissants de la Maison Commune rêvent.

Annie Vital

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