la Maison commune de la décroissance http://ladecroissance.xyz La croissance, c'est le non-sens ; le bon sens, c'est la décroissance ! Sat, 20 Apr 2019 14:52:02 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.1.1 http://ladecroissance.xyz/wp-content/uploads/2017/10/cropped-escargot-2-32x32.jpg la Maison commune de la décroissance http://ladecroissance.xyz 32 32 (f)estives de la décroissance, juillet 2019 http://ladecroissance.xyz/2019/04/18/festives-de-la-decroissance-juillet-2019/ http://ladecroissance.xyz/2019/04/18/festives-de-la-decroissance-juillet-2019/#respond Thu, 18 Apr 2019 09:01:47 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1364 Lire la suite →]]> Réservez votre week-end des 12-14 juillet 2019, les inscriptions sont ouvertes…

Ces (f)estives 2019 de la décroissance sont organisées par notre Maison commune de la décroissance (la MCD) :

En définissant la décroissance comme l’ensemble des mesures politiques qui devraient permettre de repasser – démocratiquement – sous les plafonds de la soutenabilité écologique afin de retrouver des modes de vie décents (socialement) et responsables (écologiquement), les décroissants, doivent produire un profond effort d’analyse critique pour aller débusquer les racines de la religion du Progrès, du culte de la vitesse et de l’urgence.

Pour la troisième année, ces (f)Estives continueront d’explorer l’hypothèse que l’une des racines la plus enfouie de « la croissance et son monde » est celle de l’individualisme. Après « le sens de la vie » et « le sens de la technique », c’est le « sens de l’histoire » qui nous fournira le cadre d’une telle critique politique : comment respecter ensemble passé, présent et avenir tout en posant une critique radicale du passéisme (c’était mieux avant), du présentisme (tout, tout de suite, intensément) et du futurisme (ça ira mieux demain) ?

  • Écologie
    • Anticiper sans attendre les effets futurs des politiques présentes sur la nature
  • Anthropologie
    • Retrouver des modes de vie qui redonnent à chacun le temps de vivre
  • Organisation sociale
    • Conserver, entretenir et transmettre les héritages qui ont toujours fait société et qui aujourd’hui sont méprisés par le despotisme du court-terme et de l’accélération

Voilà certaines des questions qui seront abordées dans une série d’interventions, débats et ateliers.

→ Télécharger une présentation plus complète de ces (f)estives en cliquant sur le lien ci-dessous

Présentation politique des thèmes de ces (f)estives : nous faisons le pari que nous devons oser être ambitieux à partir du moment où les méthodologies pratiquées permettront à chacun.e, suivant ses envies et ses expériences, de trouver sa place dans un travail collectif de réflexion :

Présentation politique (2 pages en A4) → à venir

  • Les temps forts de ces (f)estives 2019 :
    Nous essaierons que le “comment” soit le plus cohérent possible avec le “quoi” : c’est-à-dire une critique de l’individualisme.
    → Sans oublier évidemment la dimension festive de ces (f)estives : partager ensemble des moments de fête, c’est tout aussi essentiel que de partager des moments de discussion. Place donc aussi à la musique, au théâtre et aux images.
  • Le programme : à venir

→ Télécharger le “flyer” des (f)estives 2019 de la décroissance en cliquant sur le lien ci-dessous

Flyer A5 recto-verso de présentation des (f)Estives 2019 de la décroissance

Informations pratiques

  • Où : à Saligny-sur-Roudon (Allier). A la MFR (Maison Familiale et Rurale), 8 Route de Monétay, 03470 Saligny-sur-Roudon
    C’est ici. La gare la plus proche de Saligny-sur-Roudon se trouvent à Gilly-sur-Loire (7,8 kilomètres) : elle est sur la ligne Lyon-Moulins-Nevers → fiche horaire sncf
  • Covoiturage : il y aura un tableau qui récapitule les propositions de covoiturage → à venir
  • La participation financière :
    Inscription :
    15 € (Gratuit pour les moins de 14 ans).
    Paiement par chèque : à l’ordre de décroissance-MOC, envoyé à festives/Jean-Yves Renouf, 13 rue Nicolas Rapin 85200 Fontenay-le-Comte
  • MFR de Saligny

    Le logement :
    Nous disposons de 80 lits dans le bâtiment (vous devez apporter votre sac de couchage), et nous avons obtenu l’autorisation pour 50 tentes.
    Dans le bâtiment (12€), ou en tente personnelle (6€ – prix indicatif mais déjà calculé au plus près) la nuitée par personne.

    Le petit déjeuner est inclus dans la nuitée (nous comptons sur vos confitures).

  • Le repas :
    4,50 € par repas de midi et du soir (prix indicatif mais déjà calculé au plus près).
  • Les contributions :
    Envoyez vos textes, contributions à : festives@listes.ladecroissance.xyz. Indiquez si possible une adresse mail de contact pour recevoir les infos détaillées ou consultez la page en cours
  • Pour tout contact et informations complémentaires, contactez :
    Jean-Yves Renouf
    13 rue Nicolas Rapin
    85200 FONTENAY-LE-COMTE
    02 51 52 14 15
    ou : festives@listes.ladecroissance.xyz
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Plus de richesse, c’est plus de misère http://ladecroissance.xyz/2019/04/17/plus-de-richesse-cest-plus-de-misere/ http://ladecroissance.xyz/2019/04/17/plus-de-richesse-cest-plus-de-misere/#respond Wed, 17 Apr 2019 14:05:59 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1352 Lire la suite →]]> En 2003, Majid Rahnema (1924-2015), qui fut tout à la fois ministre et ambassadeur d’Iran sous le régime du Shah et un proche d’Ivan Illich, publiait Quand la misère chasse la pauvreté (chez Actes Sud) ; en 2008, en collaboration avec Jean Robert, il poursuivait son plaidoyer en faveur de la pauvreté par La puissance des pauvres (toujours chez Actes Sud).

Celui qui lirait ces livres en espérant rentrer dans une démonstration rigoureuse reposant sur des définitions et des distinctions parfaitement formalisées sera quelque peu dérouté devant le buisson de pistes explorées. Mais à ce foisonnement, on peut trouver deux bonnes excuses :

  1. Les traditions vantant la pauvreté choisie sont nombreuses et diverses. Elles ont souvent pour dénominateur commun d’avoir été dévastées par les progrès du monde moderne.
  2. Difficile de trancher quant à ce qu’il faut entendre par “richesse”. Du point de vue “économiciste”, le riche est celui qui a su privatiser à son profit les ressources de l’économie : abondance pour quelques-uns, rareté pour tous les autres. Mais il  faut aussi écouter la voie de la sagesse, celle de Socrate, retranscrite par Xénophon, quand il s’adresse à Cristobule, l’un des citoyens les plus riches d’Athènes : “je suis suffisamment riche. Mais toi, Cristobule, tu me parais d’une extrême pauvreté, et, par Zeus, il m’arrive quelquefois de te plaindre de tout mon coeur” 1Xénophon, L’Économique.

Pour autant la ligne directrice de Rahnema est parfaitement claire : “Le choix de la pauvreté est un signe de richesse, et, souvent, une garantie de sa pérennité puisqu’il permet à l’individu de discerner entre ce qui est nécessaire à son bien-être moral et physique et, et les inutiles “surplus” qui pourraient corrompre son âme et son corps”.

Voilà donc ce qui justifie le titre de l’ouvrage, c’est la fameuse distinction de Thomas d’Aquin entre la pauvreté comme manque du superflu et la misère comme manque du nécessaire. Pour les décroissants, cette distinction est fondamentale, car elle renvoie à cette double limite du plancher et du plafond : en-deçà du plancher de la pauvreté, c’est la misère ; et au-delà, c’est la richesse (au sens économiciste).

  • Cette double limite définit ainsi un espace hors duquel il y a le “hors du commun” de la misère et de la richesse : c’est dire que le commun ne peut être que dans la pauvreté choisie et partagée.
  • “Quand vous n’avez plus personne avec qui partager, vous êtes pauvre… Nous continuons de nous sentir riches tant que nous sommes capables de partager”, écrit Rahnema dans une de ses notes de voyage dans le Nord-Canada.

Cette distinction n’éclaire pas seulement le fondement de la décroissance (= le goût et le respect des limites) mais aussi un objectif politique, celui de retrouver le sens de la vie humaine comme vie sociale (pour et avec les autres en compagnie de qui nous vivons) :

  • Ce n’est pas gagné d’avance dans un monde dans lequel le “travail” continue d’être placé en position centrale alors que Rahnema fait parfaitement remarquer que la dégradation et la dévalorisation de la pauvreté est corrélée à la valorisation du travail comme facteur de reconnaissance sociale (c’est ainsi que le welfare est toujours menacé de devenir workfare) : dans les temps modernes, “le pauvre ne fut plus ce personnage pluriel que des cultures avaient abrité en leur sein, mais une entité abstraite à qui les nouveaux “constructeurs” de la pauvreté allaient imputer des “besoins” et pour lesquels ils allaient produire en masse des consommateurs à la recherche des “ressources” nécessaires à leur satisfactions”.
  • Défi idéologique de la décroissance de re-connaître la pauvreté dans le monde de la richesse ostentatoire. Rahnema cite ainsi la juste remarque d’Emmanuel Mounier : “Après avoir expérimenté pendant des siècles la pauvreté en esprit dans la pauvreté matérielle, l’humanité est appelée aujourd’hui à la plus difficile épreuve de la pratiquer dans l’abondance matérielle”. C’est cette piste que les décroissants doivent pourtant explorer : remplacer le binôme austérité individuelle/richesse privée par le binôme sobriété volontaire/surplus communs 2Piste que les (f)estives 2017 de la décroissance ont déjà parcourue en compagnie d’Onofrio Romano..

Références   [ + ]

1. Xénophon, L’Économique
2. Piste que les (f)estives 2017 de la décroissance ont déjà parcourue en compagnie d’Onofrio Romano.
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Légitime impatience http://ladecroissance.xyz/2019/04/17/legitime-impatience/ http://ladecroissance.xyz/2019/04/17/legitime-impatience/#comments Wed, 17 Apr 2019 06:33:48 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1354 Lire la suite →]]> “Je sais l’espèce de fausse impatience selon laquelle il faut réagir à chaque instant. Comme si être à la tête d’un pays n’était qu’administrer des choses”, confie Emmanuel Macron dans son annonce télévisée du mardi 16 avril.

Certes, administrer un pays n’est pas administrer des choses – et chacun peut se réjouir de ce rejet circonstanciel du saint-simonisme qui constitue pourtant le fond du macronisme – mais ce n’est pas non plus administrer les gens : parce que la politique n’est pas administration.

La politique n’est pas administration – l’administration est juste au service de l’État, État qui devrait dans une démocratie tirer sa légitimité du peuple. Et c’est là que le bât blesse, en particulier pour le mouvement des GJ.

Depuis 5 mois, le mouvement des GJ exprime une souffrance légitime ; légitime souffrance qui fonde une légitime impatience devant une double provocation :

  1. Souffrance n’est pas émotion. Macron joue de l’émotion pour refonder une cohésion sociale que sa politique contribue depuis deux années à déchirer. Sensible à l’émotion, insensible à la souffrance.
  2. Appeler à la patience  ceux qui demandent peu tout en s’enthousiasmant des “dons” des super-riches, c’est un cran supplémentaire dans l’indécence.

Bref rappelons que le grand Victor Hugo n’a pas écrit que Notre-Dame de Paris (1831), il a aussi écrit Les Misérables (1862) ! 1 milliard d’euros en 1 jour pour “reconstruire” le patrimoine, de combien les riches et le “bloc bourgeois” qui les soutient vont décemment contribuer pour participer à la reconstruction de la vie sociale ?

A moins que, comme toujours, le dramatique ne finisse – comme le chef d’oeuvre de Victor Hugo – en comédie (musicale) !

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Nature http://ladecroissance.xyz/2019/04/06/nature/ http://ladecroissance.xyz/2019/04/06/nature/#respond Sat, 06 Apr 2019 17:52:22 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1337 Lire la suite →]]> La force du « monde de la croissance » est d’avoir réussi à présenter des partis-pris idéologiques pour des évidences naturelles : Ce serait dans la nature des humains d’en vouloir toujours plus (la pléonexie), d’organiser la vie en société par la compétition, de valoriser l’individualisme, de (mal)traiter la nature comme stock de ressources mis à notre disposition pour en extraire des « richesses ».

Pour se libérer de ces « fables », une contestation générale de la croissance doit commencer par se reconstruire un nouvel imaginaire, en particulier dans son rapport à la nature. C’est pourquoi la décroissance peut d’ores et déjà expérimenter 3 pistes.

  1. Rompre avec la vision « moderne » d’une opposition entre nature et culture. Philippe Descola (Par-delà nature et culture, Gallimard, 2005) a nommé « naturalisme » cette vision du monde où l’objectivité prétend valoir vérité universelle. Alors qu’il faudrait refuser des frontières tranchées entre humains et non-humains, et s’imposer une responsabilité vis-à-vis des « vulnérables ». La décroissance comme rapport d’abord totémique à la nature.
  2. Rompre avec la caricature d’une nature uniquement organisée autour de « la loi du plus fort ». Faire place au contraire à ce que Pablo Servigne et Gauthier Chapelle nomment L’entraide, l’autre loi de la jungle (Les Liens qui libèrent, 2017). Surtout quand on remarque que celle-là domine dans les temps de rareté alors que celle-ci s’installe dans ceux d’abondance. Or abondance aujourd’hui il y a là mais mal distribuée car accaparée par une minorité : la décroissance, c’est celle des inégalités.
  3. Rompre avec l’illusion démiurgique que la technique permettrait aux humains non seulement de fabriquer la nature mais de la remplacer, voire de la rendre inutile. Il ne s’agit plus de faire contre la nature mais avec elle. Pour cela, il faudrait remplacer la vision scientifique de la maîtrise de la nature par celle d’un art du pilotage (Catherine et Raphaël Larrère, Penser et agir avec la nature, La découverte, 2015).

Faute d’engager sans attendre de telles ruptures dans notre imaginaire, l’espèce humaine continuera de faire la guerre à la nature, et donc, si on l’a compris, à elle-même.

En effet, ces 3 pistes de rupture avec la conception moderne des rapports avec la nature provoquent par contrecoup une révision de ce que anthropologiquement nous nommons l’Homme :

  1. Avant d’être d’abord un être raison doué de “conscience de…”, l’homme est un être de chair et de volonté qui doit “vivre de…”. C’est parce que le vivant ne peut vivre que de vivant, qu’il doit s’alimenter, que la figure du “comme maître et possesseur de la nature” devrait être remplacée par celle de l’homme vulnérable et responsable (Corine Pelluchon).
  2. Et puis il faudrait cesser de parler de l’Homme et ne plus considérer que “les hommes” : cesser de croire en une “nature humaine” mais au contraire penser les hommes à partir de la “condition humaine”, en particulier la condition de la pluralité (Hannah Arendt). Car là il y a un choix politique à effectuer : soit la “vie en société” ou chacun vit chacun contre chacun, soit la “vie sociale” où chacun ne vit que pour et avec les autres.
  3. La décroissance pourra dans ce cas explorer un humanisme des hommes vulnérables – en rupture avec un humanisme fondé sur l’impérialisme de l’universel – qui reconnaîtra la place des hommes au sein de la nature.
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Inscription (f)estives 2019 http://ladecroissance.xyz/2019/04/05/inscription-festives-2019/ http://ladecroissance.xyz/2019/04/05/inscription-festives-2019/#comments Fri, 05 Apr 2019 04:47:06 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1117 Lire la suite →]]>

La MFR (Maison Familiale et Rurale) de Saligny qui nous héberge nous demande de réserver 2 semaines à l’avance le nombre de lits. Nous prévoyons donc de fermer les inscriptions vers le lundi 1er juillet.

Si vous n’arrivez pas à remplir le formulaire, vous pouvez écrire directement à : festives@listes.ladecroissance.xyz

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Ici bazar http://ladecroissance.xyz/2019/04/03/ici-bazar/ http://ladecroissance.xyz/2019/04/03/ici-bazar/#comments Wed, 03 Apr 2019 05:38:16 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1333 Lire la suite →]]> Conseil de lecture pour un élégant magazine papier au nom bizarre “Ici bazar”, fait par Cécile Gavlak, journaliste & Alexis Voelin, photographe.

Itinérants, je les ai rencontrés à Béganne dans un micro-salon des images et des mots. “Lenteur, calme et simplicité” pourrait être leur devise. Ces deux-là ont à coeur de faire du beau et bon travail en accordant du temps pour rencontrer (plusieurs jours), écouter et comprendre des gens leur racontant leur métier.

Chaque numéro est consacré à une seule personne. Le dernier numéro nous raconte la rencontre avec le jardinier Yves Gillen. Un homme libre (à 73 ans, il n’a jamais fait un crédit de sa vie), créateur d’un jardin extraordinaire au coeur du Marais de Brière. Il transmet sa philosophie de vie que l’on pourrait qualifiée de décroissante aux milliers de visiteurs du magnifique espace qu’il entretient et cultive. Ses savoirs lui ont permis d’enseigner le jardinage au naturel au Potager du roi à Versailles où siège l’École nationale du paysage. Ce numéro est préfacé par son ami Gilles Clément, ce paysagiste de renommée internationale qui ose parler de décroissance et de “jardin planétaire”.

Cahier Autour du travail n°6, « À l’encre chlorophylle »
Janvier 2019

(Pour lire les 4 premières pages)

A commander à :
Association Ici Bazar
4, Place des Cèdres
56860 Séné, France
info@icibazar.com
Tél. suisse: +41 (0)77 432 82 09 (n° principal)
Tél. français: +33 (6) 21 57 84 18

https://www.icibazar.com/

« Vous faites quoi comme travail ? » Question récurrente, réponse obligatoire. Mais ce travail, est-ce qu’on l’aime ? Permet-il d’expérimenter ? A-t-il un sens ? Donne-t-il l’occasion de transmettre, d’apprendre ? Les cahiers d’Ici Bazar Autour du travail parlent de celles et ceux qui essaient de résoudre ces questions à leur manière, mêlant travail et passion, pour vivre au plus près de leurs aspirations. Fruits d’un vrai travail d’immersion, les cahiers d’Ici Bazar Autour du travail paraissent tous les trois mois et existent exclusivement en version imprimée, chaque numéro comprend un unique reportage réalisé dans la veine du journalisme narratif.

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Solidarités croissantes et soutiens http://ladecroissance.xyz/2019/03/20/solidarites-croissantes-et-soutiens/ http://ladecroissance.xyz/2019/03/20/solidarites-croissantes-et-soutiens/#respond Wed, 20 Mar 2019 20:42:26 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1320 Lire la suite →]]> Avec Clément Wittmann

 Changer ou disparaître ? Pour en finir avec le cauchemar de la croissance et des productivismes. De Clément Wittmann.

Pour tous les décroissants Clément est un « vieux » camarade de route qui avait entrepris, de mai 2011 à mars 2012, un tour de France à vélo, pour faire campagne à la présidentielle.  Cette aventure, Clément nous l’a racontée dans son Carnet de campagnes d’élections volées, où nous apprenions son passé d’objecteur de conscience.  C’est au cours de son service civique, à passer des heures à observer le faucon pèlerin, qu’il s’est forgé sa sensibilité à la beauté du monde vivant.

Il faut recevoir ce Changer ou disparaître qu’il nous propose aujourd’hui,  comme un pamphlet. C’est le cri d’un homme qui ne supporte plus l’enlaidissement de notre monde, non plus les conséquences de notre mode de vie sur les populations les plus vulnérables. Bien sûr on pourra reprocher à Clément le manque de rigueur dans l’ordre des textes (pourquoi par exemple, revenir sur la politique du FMI dans le texte titré Dettes et désastre écologique, déjà traitée dans Les loups ont des têtes de moutons ?) et des amalgames pour le moins surprenants (qu’est-ce que vient faire la chasse dans le texte Energie et efficacité ?).

Ce carnet – au format bien agréable à feuilleter et refeuilleter –  reste dans les constats, ce qui nous peut nous laisser quelque peu sur notre faim. Ainsi dans la dernière page du carnet, la page de garde, Clément nous invite à « sortir la pensée politique de sa médiocrité ». Certes, mais avec quel projet politique ?  Clément a raison de rappeler que « les actions individuelles ne règleront pas les problèmes actuels » ; mais alors, après les constats, quelles sont les perspectives, comment pousser la réflexion dans le sens indiqué par le titre ?

Mais peu importe au demeurant, l’essentiel n’est pas là. L’intérêt de ce carnet tient dans le choc des photos, dont les plus frappantes, par leur violence symbolique, sont celles que Clément a rapportées de son séjour au Ghana, pays sinistré par nos déchets électroniques.

Nous devons acheter le livre de Clément, pour le lire, mais aussi pour l’offrir car c’est un très bon point de départ pour tous ceux  qui veulent « en finir avec le cauchemar de la croissance ».

Jean-Yves Renouf

Pour commander le livre :

Ecrire à Clément Wittmann, Mas d’Arbousse- 34260 Ceilhes-et-Rocozels

Il faut mettre le chèque au nom de : Arthur Van Neck

  • 1 exemplaire : Le livre est à 6 € et il y a 3 €  de port, soit 9 €

  • 10 exemplaires : 60 € + 8,50 € de frais de port, soit 68,50 €

Avec Maria Koleva

Maria Koleva, cinéaste toujours indépendante à l’orée de ces 79 printemps, est une compagnonne de route des décroissants. Qui a croisé le chemin de Maria ne peut oublier ce personnage. Son étonnante fiche sur wikipedia retrace une partie de sa contribution à la constitution d’un fonds culturel remarquable. En plus des centaines de films conservant l’histoire de multiples luttes sociales et écologiques, parmi les ouvrages qu’elle a écrits, l’histoire de son père vice-ministre de l’industrie est un regard dans le rétroviseur qui peut nourrir notre horizon. Son titre : Dire le passé, avant et après la Seconde guerre mondiale, pour apprendre à agir, aujourd’hui, ici et ailleurs, Textes de Miladin Kolev présentés par Maria Koleva, Paris, L’Harmattan, 2013.

L’histoire de vie de cette militante franco-bulgare l’a conduite à mener une vie simple au cœur de Paris dans son appartement de 20 m². Sa retraite de 400 €/mois ne lui permet pas de faire face à la somme demandée par le Syndic pour la rénovation de la façade de l’immeuble où elle vit depuis plus de quarante ans.

Parce que la solidarité n’est pas un vain mot pour nous autres décroissants, nous faisons donc un appel à don.

Maria Koleva 43 Bd St Michel 75005 Paris (Chèque à l’ordre de Maria Koleva).

Avec la coopérative Ouvaton

Confrontée au besoin de consolider sa plate-forme d’hébergement et les services qu’elle fournit, la coopérative Ouvaton a lancé récemment un appel à financement participatif.

Nous vous invitons à en prendre connaissance en vous rendant sur la page https://ouvaton.coop/Appel/ et à y apporter votre soutien, de la manière qui vous conviendra.

Coopérativement

Merci d’avance

L’équipe d’Ouvaton

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Le Grand Débat : ni dialogue, ni gilet jaune http://ladecroissance.xyz/2019/03/20/le-grand-debat-ni-dialogue-ni-gilet-jaune/ http://ladecroissance.xyz/2019/03/20/le-grand-debat-ni-dialogue-ni-gilet-jaune/#respond Wed, 20 Mar 2019 17:56:32 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1322 Lire la suite →]]> Comment le Pouvoir a-t-il d’ores et déjà (mal-)traité le mouvement des gilets jaunes (GJ) ?

  • Il a rapidement tenté de l’acheter pour un montant d’environ 10 milliards d’euros ; mais le mouvement n’était pas à vendre. Pour nous, décroissants, c’est une bonne nouvelle parce que cela signifie que même la question du pouvoir d’achat avant d’être une question économique est d’abord une question politique : ce qui est demandé ce n’est pas de pouvoir dépenser, c’est de pouvoir vivre.
  • La seconde réponse a consisté à piéger le mouvement dans la nasse de la violence et à en faire porter toute la responsabilité – la “complicité” comme ils disent – sur tous les gilets jaunes. Peut-on réellement en vouloir  aux GJ de céder quelquefois à la facilité de la violence quand on voit comment parmi les plus radicaux la violence constitue – malgré leur culture politique – encore un moyen légitime ? Bien sûr les GJ ont raison quand ils affirment que ce n’est pas eux qui ont commencé : bien sûr il y a la violence sociale. Et aujourd’hui la militarisation de la violence policière ainsi que le durcissement de l’appareil administratif aux dépens de l’indépendance judiciaire ajoute la violence de la répression à la violence originelle de la domination étato-économique. Il n’empêche que là n’est pas la réponse politique de la violence : car ce dont il s’agit ce n’est pas de répondre à la violence par la violence mais bien de mettre fin à la violence.
  • Mais la réponse la plus massive, la plus médiatisée a été l’illusion d’un Grand Débat. Le Pouvoir n’a pas hésité quand il s’est agi de mettre la puissance de la parole au service de la protection de la domination : c’est ainsi que la domination symbolique est venue chapeauter les dominations économiques et politiques.

Ce Grand Débat est une triple mascarade :

    • Car s’il s’était agi de réellement respecter la parole politique venue des GJ, nul besoin d’organiser un grand débat, il suffisait d’écouter la voix des ronds-points. Mais comment ne pas constater que le profil sociologique des participants à tous ces petits débats du Grand débat n’est pas vraiment le profil des GJ. Faut-il alors s’étonner que le “bloc bourgeois” qui y était largement représenté n’ait pas fait remonter la revendication politique du RIC ? Chacun peut sans difficulté pourtant anticiper la portée qu’un RIC abrogatoire (sur les lois) voire révocatoire (sur les élus) pourrait avoir si l’on voulait vraiment remettre la volonté générale (plutôt que la concurrence des lobbies) au centre de l’espace public.
    • Pendant des heures, le président élu a monopolisé la parole avec des durées de prise de parole dignes des démocraties les plus parodiques. De débat, il n’y en eu réellement jamais : dans un vrai débat démocratique, le temps de parole est le plus également réparti entre chacun des participants. Ce ne fut jamais le cas. Ce débat ne fut pas non plus un dialogue car le droit de réponse fut réservé à un seul : le grand débat ne fut en réalité qu’une juxtaposition de monologues, à l’image d’une société de plus en plus individualisée, composée d’individus de plus en plus séparés. Le Grand débat présidentiel fut exactement le contraire des discussions bouillonnantes des ronds-points. Ni débat, ni dialogue : il n’y eu que de la communication, format idéal pour un jeune premier fasciné par sa jouissance toute juvénile de repasser encore et encore son grand oral de l’ENA ; réponses à tout, sur le même ton d’autant plus assuré qu’il n’y a dans cette épreuve qu’un seul candidat (les autres dans ce cas ne sont que des candides).
    • Enfin comment ne pas remarquer que dans l’inventaire à la Prévert des interlocuteurs choisis, triés, repérés : maires, jeunes, agriculteurs, femmes, intellectuels… jamais, jamais ne fut organisé un débat avec seulement des GJ. Non, il peut bien y avoir pseudo-débat avec que des maires, que des jeunes, que des intellectuels, que des femmes mais avec que des gilets jaunes, JAMAIS.
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L’État, les céréales, le travail et les surplus http://ladecroissance.xyz/2019/02/20/homo-domesticus/ http://ladecroissance.xyz/2019/02/20/homo-domesticus/#respond Wed, 20 Feb 2019 18:42:33 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1311 Lire la suite →]]> James C. Scott, Homo Domesticus, Une histoire profonde des premiers États, La Découverte, 2019.

Alain Minc il y a quelques années avaient osé, pour défendre le monde de la croissance, le sophisme suivant : si la pensée est unique c’est parce que la réalité est unique. Contre un tel simplisme, nous devons opposer non pas qu’un autre monde est possible mais que d’autres mondes sont possibles. Demain, aujourd’hui mais déjà hier.

D’où l’intérêt du dernier livre de l’anthropologue américain James C. Scott qui mène une déconstruction systématique du grand récit civilisationnel qui aurait amené « naturellement » d’homo sapiens à homo oeconomicus : il y a environ 3 000 ans, en Mésopotamie (à Uruk, vers –3200), l’agriculture entraînerait directement la sédentarité qui provoquerait spontanément la naissance de l’État.

Dans la lignée d’auteurs qui servent de référence aux décroissants (Marshall Sahlins et Pierre Clastres), James C. Scott accumule les preuves archéologiques pour abandonner le « récit standard » : ce qui permet de remettre l’État et le Travail à leur place, comme des options parmi d’autres possibles non seulement pour vivre ensemble mais pour produire. Il n’y aurait aucun avantage intrinsèque de l’agriculture sédentaire et les peuples archaïques disposaient de toute une palette de formes de subsistance : nomadisme, pastoralisme, chasse/cueillette, agriculture de décrue, cultures itinérantes.

Chaque lecteur pourra particulièrement faire attention au rôle que l’agriculture céréalière produite essentiellement par des travailleurs asservis a joué dans l’invention de l’État archaïque : facilement imposable, produisant des excédents pour nourrir une couche de fonctionnaires, appuyée sur une comptabilité donnant naissance à l’écriture (cunéiforme), la monoculture céréalière (blé, orge ou millet) aurait constitué l’indispensable infrastructure économique de l’État (murailles, fiscalité, fonctionnaires). On pourra regretter l’absence de toute référence aux nombreuses mythologies mésopotamiennes (Atrahasis, Enki et Ninmah…) qui expliquent que les dieux n’ont créé les hommes que pour qu’ils travaillent à leur place. On pourrait aussi regretter qu’aucune allusion ne soit faite aux travaux de Lewis Mumford qui “découvre” ce qu’il appelle Mégamachine quand il étudie ce qui s’est déroulé en Égypte et en Mésopotamie vers la fin du cinquième millénaire avant l’ère chrétienne, c’est-à-dire la mise en place du « pentagone de la puissance » (« l’armée, la bureaucratie, les ingénieurs, l’élite scientifique – autrefois prêtres, magiciens et devins – et, non des moindres, le décisionnaire final, le roi d’essence divine, aujourd’hui le dictateur, le chef d’état-major, le secrétaire du Parti ou le président et demain l’ordinateur omniprésent et omniscient »).

En tant que décroissants, nous serons particulièrement sensibles à l’invention du Travail comme activité intrinsèquement servile, produisant des surplus accaparés par quelques privilégiés aux dépens d’hommes domestiqués (c’est-à-dire liés à la domus, domestication de l’homme après celle du feu, des plantes et des animaux). Pas d’État archaïque sans une armée de travailleurs ou d’esclaves exploités non pas pour maximiser la richesse mais pour maximiser la production marginale des surplus et les réserver à une élite politique.

Homo domesticus fournira aussi de quoi reconsidérer la tentation de certains décroissants de se satisfaire d’une critique trop facile de la sédentarité voire de l’urbanité au profit d’une vision mythifiée du nomadisme et de la ruralité : histoire (c’est le cas de le dire) de ne pas prêter flanc trop vite à l’accusation de « primitivisme ». Sans État parasite mais pas sans ville, sans travail mais pas sans activité, sans fonctionnaires mais pas sans organisation, d’autres modes de vie ont été possibles.

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Histoire du site de la ferme du Chêne Moreau http://ladecroissance.xyz/2019/02/20/histoire-du-site-de-la-ferme-du-chene-moreau/ http://ladecroissance.xyz/2019/02/20/histoire-du-site-de-la-ferme-du-chene-moreau/#respond Wed, 20 Feb 2019 11:21:38 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1305 Lire la suite →]]> Voici l’histoire du site de la ferme du Chêne Moreau, situé sur la commune de Combs La Ville (77) et qui est un symbole local de la destruction de la planète.
L’ironie veut que ce drame ordinaire prenne place sur le territoire de Sénart, qui se veut champion du développement durable, sur le site de l’Ecopôle, censé représenter une nouvelle conception du développement des zones économiques, sur la commune de Combs La Ville qui multiplie les communications sur la biodiversité !
Notre drôle de période, comme jamais auparavant, est fertile en discours sur l’écologie et la biodiversité, mais les pratiques n’en ont cure et s’acharnent chaque jour contre le vivant.

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