la Maison commune de la décroissance http://ladecroissance.xyz La croissance, c'est le non-sens ; le bon sens, c'est la décroissance ! Mon, 24 Jun 2019 10:25:33 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.2.2 http://ladecroissance.xyz/wp-content/uploads/2018/01/cropped-ladecroissance-1-32x32.png la Maison commune de la décroissance http://ladecroissance.xyz 32 32 Quelques attitudes possibles face aux enjeux climatiques et environnementaux http://ladecroissance.xyz/2019/06/24/quelques-attitudes-possibles-face-aux-enjeux-climatiques-et-environnementaux/ http://ladecroissance.xyz/2019/06/24/quelques-attitudes-possibles-face-aux-enjeux-climatiques-et-environnementaux/#respond Mon, 24 Jun 2019 10:24:10 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1514 Lire la suite →]]> Petit jeu → Replacer dans l’une des 5 catégories suivantes
  • Le président des États-Unis
  • Un objecteur de croissance optimiste
  • La plupart des « écologistes » médiatiques
  • Un décroissant
  • Le chef des « insoumis »
  • Le conducteur d’un gros 4X4 qui va prendre son jet privé pour un week-end à Cannes

1) Je ne change rien à mon comportement, car ce n’est pas mon problème

Cette attitude consiste, le plus souvent consciemment, de ne se préoccuper que de son intérêt ou de son plaisir propre au détriment ou au mépris de celui d’autrui. Que se soit par cynisme, égoïsme, ignorance ou nihilisme le résultat est le même…

2) Je ne change rien à mon comportement car tout est exagéré voire faux

  • C’est typiquement le cas du « climato-sceptique » qui remet en cause la validité du consensus scientifique instauré ou bien conteste la fiabilité des modèles scientifiques prévoyant un avenir menaçant.
  • Il est important de faire la distinction entre l’infime minorité de climato-sceptiques «sincères» et l’immense majorité des faux climato-sceptiques qui sont rétribués (argent, pouvoir, notoriété, …) par certains lobbies industriels ( pétrole en particulier) pour propager le doute chez les décideurs ( gouvernements, parlements, …) et dans l’opinion publique.

3) Inutile de s’inquiéter, la science trouvera des solutions

  • Cette attitude est à mettre en lien avec le courant philosophique positiviste et sa déclinaison scientiste. Le progrès nous sauvera…
  • Elle est très courante car elle permet de continuer de surconsommer sans culpabiliser.
  • Comme les précédentes elle favorise l’immobilisme et conduit donc à ne rien changer à son comportement tout en donnant l’impression de s’intéresser au problème.

4) Consommer mieux

  • Cette attitude considère qu’il y a effectivement des problèmes importants à résoudre pour créer les conditions à : «un développement qui répond aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs » (le fameux développement dit « durable »)
  • Il s’agit dans ce cas de contribuer à adapter la société de consommation à ces nouveaux enjeux sans en remettre en cause les fondements.
  • La consommation doit être « maîtrisée », non pas quantitativement, on ne parle toujours pas de « limite », mais qualitativement (d’où le « consommer mieux »).
  • Ainsi je peux toujours me permettre d’acquérir un 4X4 surpuissant, pourvu qu’il soit doté d’un moteur hybride (rappelons que l’énergie grise – celle nécessaire à la construction du véhicule – n’est pas prise en compte dans cette approche).
  • Je peux utiliser l’avion, il suffit que je « compense carbone » mon trajet.
  • Je prends des douches à la place des bains, j’utilise des ampoules à diode et j’autorise l’hôtel dans lequel je suis à ne pas laver mes serviettes de toilettes tous les jours…

5) Consommer moins

  • Il s’agit cette fois d’aller à l’encontre de l’un des piliers de la société de consommation, à savoir la réalisation de soi par une consommation sans limite.
  • Je considère que mon «train de vie» ne doit pas me conduire à avoir une empreinte écologique trop supérieure à une planète pour permette au milliard d’humains qui vivent avec moins d’un dollar/jour d’accroître le leur.
  • Je fixe des limites à ma consommation, si possible en deçà de mon pouvoir d’achat.
  • Cette attitude est aussi très souvent combinée à la précédente (consommer mieux) avec un prélèvement global sur les ressources encore plus réduit.
  • Ainsi, je m’engage dans l’économie «circulaire» et j’utilise des produits recyclés ou déjà utilisés (ressourcerie, friperie etc.) ou des services partagés (covoiturage, …).
  • Je produis moi même une partie de ma consommation, j’achète local et si possible bio, voire «éthique».
  • Je zappe les pubs
  • Je partage également mon travail en me mettant à temps partiel, je prends le temps de vivre et je m’épanouis dans la création de liens et non la consommation de biens.
  • Les plus optimistes des tenants de cette attitude pensent que l’effet « boule de neige » lui permettra de se développer.

6) Repenser une société basée sur d’autres valeurs

  • Je remets en cause, de manière radicale, la société de consommation.
  • Je ne me contente pas seulement de consommer moins, dans une logique de responsabilité individuelle, mais je contribue à diffuser des idées nouvelles qui visent à construire une nouvelle société à partir de nouvelles valeurs.
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La décroissance concerne-t-elle le Sud ? http://ladecroissance.xyz/2019/06/24/la-decroissance-concerne-t-elle-le-sud/ http://ladecroissance.xyz/2019/06/24/la-decroissance-concerne-t-elle-le-sud/#respond Mon, 24 Jun 2019 10:13:35 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1512 Lire la suite →]]> Lors de controverses politiques, quand nous défendons la décroissance, inévitablement nous avons à répondre à la question de la décroissance dans les pays du Sud: ceux qui sont démunis doivent-ils aussi décroître ? La question n’est pas innocente et elle nous est bien souvent posée pour nous mettre en difficulté. Et nous voilà, nous décroissants, en venir à convenir d’une croissance dans les pays pauvres, conformément en apparence à l’exigence de ce que nous appelons « espace écologique » : décroissance de ceux qui dépassent le plafond et croissance pour ceux qui sont en dessous du plancher. Beaucoup pensent même que la décroissance est valable pour les pays industrialisés et non pour ceux qui n’ont pas accédé à la consommation de masse et le Sud devrait continuer dans la voie de la croissance. Ainsi pour Paul Ariès « la décroissance équitable n’est pas la décroissance de tout pour tous : elle s’applique aux surdéveloppés et à des sociétés boulimiques. » Or dans le dernier numéro (avril-juin 2019) de la revue L’écologiste, Serge Latouche nous offre une réponse intéressante à cette question de la décroissance des pays pauvres.

Tout d’abord il rappelle que le projet de la décroissance n’est ni celui d’une autre croissance, ni celui d’un autre développement, mais bien la construction d’une société sans croissance. Pour lui les « oc » qui répètent que la décroissance ne concerne que le Nord, nourrissent le malentendu. Il importe de revenir sur l’ethnocentrisme de la croissance, dont il faut démystifier les fameux « bienfaits ». Les méfaits du développement ont été largement dénoncés par Majid Rahnema : « la destruction de l’autoproduction familiale traditionnelle des populations vivant frugalement transforme la pauvreté en misère. » (Quand la misère chasse la pauvreté) et par Ivan Illich. Et de citer Hervé René Martin (Éloge de la simplicité volontaire) : « Pourtant que pourrait-il arriver de mieux aux habitants des pays pauvres que de voir leur PIB baisser ? Plus celui-ci augmente, plus la nature est détruite, les hommes aliénés, les techniques simples mais efficaces et les savoir-faire ancestraux jetés aux oubliettes. Décroître pour les habitants des pays pauvres signifierait donc préserver leur patrimoine naturel et culturel, quitter les usines à sueur pour renouer avec l’agriculture vivrière, l’artisanat et le petit commerce, reprendre en main leur destinée commune. » En fait une auto-organisation de sociétés et d’économies vernaculaires proches du projet de la décroissance.

Il ne faut plus se laisser piéger et oser, ce qui peut paraître indécent aux yeux de certains, défendre la décroissance pour tous.

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Vient de paraître : LE TRANSHUMANISME, la technologie, une manipulation au service des puissants, par Christian Araud http://ladecroissance.xyz/2019/06/11/vient-de-paraitre-le-transhumanisme-la-technologie-une-manipulation-au-service-des-puissants-par-christian-araud/ http://ladecroissance.xyz/2019/06/11/vient-de-paraitre-le-transhumanisme-la-technologie-une-manipulation-au-service-des-puissants-par-christian-araud/#respond Tue, 11 Jun 2019 10:06:51 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1508 Lire la suite →]]> Le transhumanisme est un mouvement en vogue, se donnant pour objectif de transformer l’homme et de créer un être nouveau aux capacités supérieures à celles des individus actuels. Cette transformation s’envisage aussi bien au niveau personnel que collectif, conduisant alors à une forme d’humanité supérieure. Différentes facultés de l’être humain seraient concernées : physiques, mentales et cognitives. Mais ce rêve d’un être supérieur basé entre autres sur l’intelligence artificielle ne serait-il pas une manière de permettre aux plus puissants d’accentuer leur domination ?

Cet ouvrage est un véritable réquisitoire contre ce rêve de domination et de pouvoir portés par certains individus très haut placés dans l’échelle sociale qui se désignent volontiers comme transhumanistes. On les retrouve souvent à la tête de grandes sociétés à la pointe de la technologie. Cette super élite, immensément riche, promeut le mythe de l’explosion technologique, avec une reprise fantastique de la croissance économique. Elle ne s’inquiète guère de tous les avertissements catastrophistes, car toutes les menaces seront annihilées par la technoscience ! Pour faire partager cette vue radieuse à ceux qui en sont naturellement les premières victimes, les puissants ont trouvé quelques philosophes savants qui ont bâti le mythe du transhumanisme : édifice séduisant et fascinant, mais véritable imposture.

Sommaire____________________________________
Prologue : attention aux GAFA !
I. Le transhumanisme et sa généalogie
II. Au-delà des limites
Épilogue : L’avenir sans silicone

EXTRAITS
Les milliardaires dépensent massivement dans la voie transhumaniste et y placent beaucoup d’espoir, mais d’autres personnages jouent aussi un rôle important. Ce sont ceux qui pensent, étudient, théorisent, diffusent, organisent des conférences, publient des livres et des articles pour faire avancer la technoscience comme le transhumanisme.

D’après certains transhumanistes, d’ici vingt ou trente ans, l’intelligence artificielle peut dépasser (sûrement) l’intelligence humaine, mais surtout (probablement ou possiblement) la supplanter. Ce risque serait analogue à celui encouru dans les laboratoires biogénétiques. En effet, certaines formes modifiées de virus ou de bactérie pourraient échapper au laboratoire et se répandre dans la nature et devenir incontrôlables.

Le transhumanisme transgresse toutes les évidences biologiques, tant en ce qui concerne l’individu (en voie d’augmentation et voué à devenir immortel) que la société (à devenir parfaite, ou presque). Il n’est évidemment pas précisé dans les discours transhumanistes correspondants que l’individu, c’est le transhumaniste qui le mérite bien, ne serait-ce qu’au nom de sa fortune. L’homme « moyen » (donc non transhumain) ne compte pas ou si peu.

Ne craignez pas les transhumanistes, ils disparaîtront avant même d’être réellement apparus. Craignez plutôt votre incapacité à constituer des territoires résilients low-tech, démocratiques, libres et solidaires. Construisez vos canots de sauvetage avant que les transhumanistes ne s’attaquent à l’humanité !

Christian Araud, polytechnicien, spécialisé en économie du développement, ancien consultant international, a construit au cours de sa vie professionnelle une réflexion originale. Installé dans les quartiers nord de Marseille, conscient des dégâts de notre modèle de développement, il a entrepris un travail sur la décroissance en militant dans de nombreuses associations et en publiant de nombreux articles et ouvrages sur le sujet.

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Quand bien même http://ladecroissance.xyz/2019/06/09/quand-bien-meme/ http://ladecroissance.xyz/2019/06/09/quand-bien-meme/#comments Sun, 09 Jun 2019 10:55:03 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1500 Lire la suite →]]> L’économiste Thomas Piketty 1https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/06/08/thomas-piketty-l-illusion-de-l-ecologie-centriste_5473422_823448.html vient d’écrire :  » Pourtant tout indique de plus en plus clairement que la résolution du défi climatique ne pourra se faire sans un puissant mouvement de compression des inégalités sociales, à tous les niveaux. Avec l’ampleur actuelle des inégalités, la marche en avant vers la sobriété énergétique restera un vœu pieux. D’abord parce que les émissions carbone sont fortement concentrées parmi les plus riches. Au niveau mondial, les 10 % les plus riches sont responsables de près de la moitié des émissions, et les 1 % les plus riches émettent à eux seuls plus de carbone que la moitié la plus pauvre de la planète. La réduction drastique du pouvoir d’achat des plus riches aurait donc en tant que telle un impact substantiel sur la réduction des émissions au niveau mondial. »

Il a raison, ce sont les riches qui détruisent la planète (pour reprendre le très bon titre d’un livre d’Hervé Kempf).

Mais être décroissant, est-ce seulement constater la corrélation entre urgence climatique et inégalités sociale, est-ce seulement tenir compte des limites physiques que la nature nous impose ? <Non>

Et si la nature n’avait pas de limites ? Et si effectivement le progrès technoscientifique permettait à l’humanité de repousser sans cesse, à l’infini, toutes les limites ? <Ce ne serait pas une raison de mal-traiter la nature comme un stock de « ressources »>

Et si la croissance économique pouvait effectivement produire une telle infinité de richesses que même les plus misérables disposeraient d’un minimum décent, faudrait-il quand même lutter contre les inégalités et les écarts de revenus et de patrimoines entre les plus pauvres et les plus riches ? <Oui>

Toutes ses questions reviennent à se demander pourquoi faire volontairement, délibérément, le choix politique de la décroissance ?

  • Osons affirmer que « le décroissant malgré lui », « parce qu’il y a des contraintes et des limites », n’a pas assez décolonisé son imaginaire.
  • Bien sûr il y a des limites et des contraintes : mais les constater ce n’est absolument pas s’interdire de libérer son esprit.

Quand bien même la nature n’aurait pas de limites, il n’y aurait aucune raison d’y puiser sans limites.

Quand bien même la société pourrait fournir une infinité de richesses, il n’y aurait pas de raison pour laisser filer les écarts et les inégalités.

Pourquoi ?

Parce que les valeurs dont nous avons besoin pour vivre dans et avec la nature, pour et avec les autres, la responsabilité (écologique) et la décence (sociale), sont précisément les valeurs qui rendent humaine notre vie sociale et individuelle.

Cela signifie qu’il doit exister comme un goût décroissant pour les limites. Cela présuppose la fameuse décolonisation de l’imaginaire 2L’imagination est cette faculté spirituelle qui permet de « suspendre son jugement » comme disait les anciens, c’est-à-dire de mettre entre parenthèses ce qu’il y a de factice dans le factuel., c’est-à-dire un état d’esprit qui accepte l’humaine condition des limites : c’est en ce sens que, spirituellement, décroître, c’est apprendre à mourir.

De ce point de vue, la décroissance est davantage un idéalisme politique qu’un matérialisme, une philosophie politique (et non pas un parti politique).

Références   [ + ]

1. https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/06/08/thomas-piketty-l-illusion-de-l-ecologie-centriste_5473422_823448.html
2. L’imagination est cette faculté spirituelle qui permet de « suspendre son jugement » comme disait les anciens, c’est-à-dire de mettre entre parenthèses ce qu’il y a de factice dans le factuel.
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http://ladecroissance.xyz/2019/06/09/quand-bien-meme/feed/ 1
Les adversaires de mes adversaires ne sont pas mes amis http://ladecroissance.xyz/2019/06/09/les-adversaires-de-mes-adversaires-ne-sont-pas-mes-amis/ http://ladecroissance.xyz/2019/06/09/les-adversaires-de-mes-adversaires-ne-sont-pas-mes-amis/#respond Sun, 09 Jun 2019 09:28:17 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1501 Lire la suite →]]> « Le sens de l’histoire est une question politique » sera le sujet des prochaines festives de juillet de la MCD.   Le récit historique a bien un sens politique, et c’est ce nous nous proposons d’illustrer par la subordination d’une partie de l’intelligentzia de gauche au parti communiste français du temps de sa splendeur, alors qu’il entretenait le mythe du « paradis rouge ». Il ne nous semble pas  vain de revenir sur l’histoire troublante des relations entre les intellectuels et le PCF, tant perdure aujourd’hui encore la fascination pour la politique russe menée par Poutine, dans les rangs de la France Insoumise et, il est à craindre, chez certains décroissants.

Souvenons-nous des déclarations de Jean-Luc Mélenchon quand ½ million d’Ukrainiens se rassemblent sur la place Maïdan en novembre 2004 suite à la réélection de Ianoukovitch l’homme lige de Poutine : ce n’est là qu’une bande de fascistes à la solde des Américains, ose-t-il déclarer. Et l’idée que la révolution orange (révolution des roses) est soutenue par la CIA est reprise en boucle. De même le drame syrien aurait pu être évité si les occidentaux avaient soutenu Bachar al Assad au lieu de le mettre au ban des nations. Pourquoi une partie de la gauche défend-elle un régime assassin ? Parce qu’il est soutenu par Poutine. Il ne peut donc être mauvais. J’ai même entendu un ami décroissant soutenir l’annexion de la Crimée par la Russie au nom du référendum de mars 2014, qui a pourtant été une farce électorale, tenue dans un climat d’intimidation entretenu par des milices armées venues d’où on sait. Enfin, nulle part à gauche on entend dire que le conflit du Dombas est une tentative de partition de l’Ukraine, orchestrée depuis Moscou.

Comment nier les faits au nom de la politique

  • Panaït Istrati, écrivain roumain réfugié en France, est un « compagnon de route » comme on désignait alors les sympathisants du PCF. Il se rend en URSS en 1927 en compagnie de Kazantzakis (Zorba le Grec). Il y retourne en 1928. A son retour il fait publier chez Gallimard Vers l’autre flamme, confession pour vaincus qui est la somme de trois livres : Après 16 mois dans l’URSS ; Soviets ; la Russie nue. Son témoignage à charge de l’URSS déclenche une vive réaction des intellectuels, Henri Barbusse en tête, qui s’en donnent à cœur- joie dans l’insulte et le mépris. Oser critiquer le pays de la joie et de la bonne humeur en 29 vous plaçait d’emblée parmi les fascistes.
  • Retour de l’URSS est le récit de voyage que fit André Gide et ses proches en URSS. Gide à l’instigation du PCF fut invité par les autorités soviétiques qui comptaient sur l’appui d’un grand écrivain admiratif de l’homme nouveau engendré par le communisme. Dès son arrivée  en juin 36, Gide prononce sur la Place Rouge, un éloge funèbre à Gorki, l’écrivain officiel du régime, mort quatre jours plus tôt. Seulement au cours du séjour lui et ses amis ne regardent pas toujours où il faudrait et Gide avoue « un immense, un effroyable désarroi. » Autant dire que son témoignage n’est pas à la hauteur des attentes. S’ensuivra une véritable campagne de  dénigrement orchestrée par les intellectuels de gauche, Louis Aragon en tête. Romain Rolland lui reprochant non pas son texte mais le moment mal choisi pour le publier (la guerre d’Espagne). En réponse  à ces violentes attaques Gide écrit Retouches au Retour de l’URSS où il dénonce le totalitarisme et le stalinisme.
  • Viktor Kravchenko, ancien dignitaire du régime soviétique, réfugié aux USA, livre dans « J’ai choisi la liberté » un témoignage accablant sur la réalité des camps en Union Soviétique. Traduit en français en 1947, le livre rencontre un immense succès avec 1/2 million d’exemplaires vendus en quelques mois. La revue Les Lettres Françaises, revue noyautée par les communistes, ne va avoir de cesse durant deux ans de traîner Kravchenko dans la boue et de l’accuser d’être un espion à la solde des Etats Unis. Face à ces attaques Kravchenko vient en France pour intenter un procès pour diffamation à Claude Morgan et André Wursmer, dirigeants de la revue. Le procès s’ouvre en janvier 49 pour se clôturer en avril par la condamnation des Lettres Françaises à verser 150 000 frs de dommages et intérêts à Kravchenko.
  • L’importance du procès tient en ce qu’il va révéler à l’opinion publique l’existence des camps de travail en URSS, et ce à une époque où le très puissant parti communiste défend  le mythe du « paradis rouge ».  La tactique adoptée par celui-ci est simple : déconsidérer Kravchenko, en mobilisant des résistants et des personnages illustres (Joliot-Curie, Pierre Cot, d’Astier de la Vigerie, Roger Garaudy, Jean Bruhat, Vercors,…). Malgré la condamnation de Morvan et Wursmer, l’influence du PCF ne diminuera pas qui persistera dans le mensonge, le déni et la vénération du « grand frère » (voir les poèmes de Louis Aragon et Paul Eluard à la mort de Staline) bien après mai 68 avec son très stalinien secrétaire général Georges Marchais et les rapports « globalement positifs » de ses congrès.
  • L’Archipel du Goulag sort en France en 1973, mais le tome 1 ne sera traduit qu’en 1974, le tome 2 en 1975. Après l’Archipel rien ne sera plus comme avant pour le PCF qui amorce sa lente descente aux enfers. Cette fois encore les intellectuels de gauche rassemblent leur voix pour dénoncer un « auteur réactionnaire » qui n’apporte rien de nouveau depuis le rapport Khrouchtchev. Heureusement certains intellectuels rejoignent Jean Daniel, le rédacteur du Nouvel Observateur, dans la défense d’Alexandre Soljenitsyne.
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« Se sentir utile » : le sens d’une vie http://ladecroissance.xyz/2019/06/03/se-sentir-utile-le-sens-dune-vie/ http://ladecroissance.xyz/2019/06/03/se-sentir-utile-le-sens-dune-vie/#comments Mon, 03 Jun 2019 09:25:45 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1495 Lire la suite →]]> Militant écologiste, non-violent, le sens de la fraternité et de la justice chevillé au cœur, Pierre Girod était de ces hommes humbles qui s’engagent toute leur vie pour des combats justes, de la Résistance jusqu’à la lutte contre des grands projets nuisibles (nucléaire, autoroute, camp militaire…). Thierry Brulavoine, porte-parole de la Maison commune de la décroissance rend hommage à cet ami qui lui a transmis des livres, des idées, des réflexions, des valeurs, et qui l’a orienté sur le chemin de la décroissance.

Pierre jouant de l’accordéon diatonique qu’il emportait partout

Il est des rencontres qui font bifurquer notre chemin de vie. La rencontre de Pierre Girod fut de celles-ci. C’est en 1995, grâce à une annonce qu’il avait fait paraître dans le journal Le Monde libertaire, que j’avais découvert l’existence de son « calendrier » : un livret satyrique, en format A5 d’une trentaine de pages fabricolées à la main, à l’ancienne (colle et ciseaux) puis reprographié. Il continua de le publier et le diffuser jusqu’en 2015, à 86 ans.

Si j’écris dans ce journal c’est en partie parce que lui et sa compagne Gisèle me mirent le pied à l’étrier de l’écologie politique. Fils d’électricien biberonné aux avantages EDF, j’apprenais avec ce couple de militants résolument non-violents que le 31 juillet 1977, Vital Michalon trouvait la mort dans le combat antinucléaire, pendant que d’autres perdaient déjà des mains à cause de la réaction des forces de l’ordre. Que de bouquins m’ont-ils donné ! Et ainsi contribuer à ma culture politique et écologique avec notamment La Décroissance de Nicholas Georgescu-Roegen. Un homme bien est mort en ce début de mois. Inéluctable entropie.

L’épaisseur du temps nous construit, nourrie par nos relations. Les idées se transmettent et s’incarnent par les rencontres, se précipitent (au sens chimique du terme) grâce aux temps d’échanges et de vie partagés. Seul derrière un écran, malgré la puissance des clics, on ne transmet que des ersatz d’idées et des relations factices. L’écran carie la vraie vie.

Il y a trois ans j’étais allé recueillir chez lui son récit de vie pour garder une trace. C’était un drôle et indéfectible raconteur de ses luttes, un musicien à la joie de vivre collée aux touches de son accordéon diatonique, un passeur de livres et de valeurs. Avant mon départ pour Pamiers en Ariège, lieu de la crémation, je relisais les notes que j’avais prises lors des intenses heures vécues ensemble : « Se sentir utile » a semble-t-il été le nord magnétique de sa boussole d’homme. Cet homme intègre a, comme il me le confiait simplement, juste fait son « boulot de citoyen du monde ». En prônant « l’épanouissement par l’insoumission », titre éponyme de son « calendrier ».

Un juste

Pierre, à presque 90 ans, avait la sérénité de quelqu’un qui a réussi sa vie. Sa mère l’avait guéri du fric, son père de l’alcool. En 1936, à Pontarlier, au milieu des ouvriers Nestlé en grève et des réfugiés espagnols, le « Pierrot de la terrasse », haut comme trois pommes, voit la crosse d’un flic fondre sur son accordéon, bien plus tard les coups de matraque dézingueront gratuitement la vue de celui qui bataillera dans les années 1990 contre le Tunnel du Somport (un grand projet inutile et pourtant réalisé).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a agi en « Juste » avec son père, même si ce dernier refusa les honneurs, ne faisant que son boulot de citoyen… Sa connaissance des Alpes, et la complicité obtenue auprès d’un militaire pianiste allemand, permit de faire passer en Suisse des hommes et femmes de confession juive, notamment des membres de la famille Lipmann (les montres Lip). Homme au cœur sur la main, il avait la valeureuse horreur des discriminations. Il n’avait pas peur de grand-chose. Sportif, il est allé à vélo avec des copains jusqu’à Brest-Litovsk (regardez sur la carte !). Skieur de fond chevronné, il fut le premier à proposer des cours de ski à des aveugles. Je ne passerai pas en revue tous ces combats (le nucléaire, le Larzac, la corrida, etc.). Douanier à l’aéroport de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, ses observations permirent de nourrir l’enquête du Canard enchaîné, celle-là même qui déboulonna le corrupteur grenoblois Alain Carignon. Il a fait partie des premiers à développer les systèmes d’échanges locaux en France (SEL).

Pour Pierre, c’est « un état d’esprit le bonheur ». Il voulait le transmettre pour que ça ne s’arrête pas. Et ça ne s’arrête pas car aujourd’hui, malgré la tristesse liée à sa mort, j’ai la joie de l’avoir connu.

Le seul combat qu’il ne mena pas, et pas des moindres, c’est celui qui n’était pas encore mûr dans les consciences, emmuré qu’il était par ce trauma incommensurable auquel il avait survécu. À plus de 80 ans, il me confia l’amour filial trop débordant de Frère RaphaëI dont il avait été victime. « Grâce à Dieu » il y a prescription, comme aurait dit la mort dans l’âme ce pauvre cardinal Barbarin.

Les deuils sont des temps singuliers qui nous reconnectent intensément à la vie. Mercredi 3 avril 2019, Il était entendu que je fasse un discours, un éloge funèbre pour mon ami Pierre haut en couleurs que j’aimais tant. Le destin en a décidé autrement. Bouchons monstres à Bordeaux, accidents sur le périphérique toulousain. Arrivée juste… après la mise en bière et la fin de la cérémonie ! Heureusement, nous sommes allés déjeuner avec les amis, partageant nos souvenirs, avant de poser symboliquement le dernier geste : l’éparpillement des cendres dans le jardin du souvenir. Dernière étape où l’on m’a proposé de rendre hommage oralement à l’ami Pierrot mais… pas eu le courage de faire le thuriféraire. S’est alors produit quelque chose d’imprévu, j’ai décidé de me « rendre utile » en acceptant de disséminer ses cendres. Urne cylindrique en carton rouge carmin, tenue solennellement entre mes mains, le silence s’écoule et d’un mouvement circulaire mystérieusement inspiré, j’esquisse au sol avec ses cendres un symbole : celui des citoyens du monde, celui-là même accolé sur la boite de son accordéon diatonique, reçu en héritage. Je le revois et l’entends encore entonner par cœur sans défaillir et jouer cet hymne à la joie, de Ludwig van Beethoven, qui représentait tant pour lui.

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Des décroissants aux élections européennes http://ladecroissance.xyz/2019/05/23/decroissance_2019/ http://ladecroissance.xyz/2019/05/23/decroissance_2019/#comments Thu, 23 May 2019 18:31:11 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1476 Lire la suite →]]> Une liste Europe-Décroissance 2019 s’est constituée pour les élections européennes 1L’article 2 des statuts de la MCD lui interdit de se comporter comme un parti qui irait aux élections ; mais cela n’empêche absolument pas la Maison commune de soutenir l’initiative de nos camarades décroissants.

Leur site : http://decroissance-elections.fr/ .

Le panneau électoral est le n°17.
On peut légalement y afficher tout ce qu’on veut à condition de ne nommer personne.
Alors, si vous avez envie de vous faire plaisir, dessinez des escargots sur des papiers, avec ou sans slogan, et collez-les sur le panneau 17.
Vous pouvez aussi coller l’affiche officielle au format que vous voulez : http://decroissance-elections.fr/wp-content/uploads/2019/05/AFFICHE_legislatives_09mai2017-1.pdf

Si vous souhaitez voter pour cette liste, il faut télécharger le bulletin de vote et l’imprimer en format A4 (en mode paysage) + option « Ajuster à la page »
http://decroissance-elections.fr/wp-content/uploads/2019/05/BulletinVoteDecroissance2019.pdf

Mais comme toujours quand il s’agit de faire vraiment de la politique (pour le spectacle, il y a d’autres listes), l’important c’est le fond = la force des idées. La MCD recommande donc à chacun de prendre un peu de temps pour écouter des interventions de François Verret, porte-parole de la liste :

Références   [ + ]

1. L’article 2 des statuts de la MCD lui interdit de se comporter comme un parti qui irait aux élections ; mais cela n’empêche absolument pas la Maison commune de soutenir l’initiative de nos camarades décroissants
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http://ladecroissance.xyz/2019/05/23/decroissance_2019/feed/ 3
La Charte de la Maison commune de la décroissance http://ladecroissance.xyz/2019/05/20/la-charte/ http://ladecroissance.xyz/2019/05/20/la-charte/#comments Mon, 20 May 2019 21:06:25 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=690 Lire la suite →]]> → Pour imprimer et/ou visualiser le PDF de la Charte, cliquer sur l’image ci-dessous.

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http://ladecroissance.xyz/2019/05/20/la-charte/feed/ 4
Macron au pouvoir http://ladecroissance.xyz/2019/05/15/macron-au-pouvoir/ http://ladecroissance.xyz/2019/05/15/macron-au-pouvoir/#respond Wed, 15 May 2019 11:47:26 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1391 Lire la suite →]]> Macron est le nom actuel d’un problème plus général. Le macronisme n’est même pas une politique particulière, c’est juste l’adaptation au cas français du néo-libéralisme dominant. Mais alors comment Macron gouverne-t-il si le néo-libéralisme est précisément la doctrine qui préconise de réduire l’utilisation de l’appareil d’État à sa mise au service du « bloc bourgeois » ? Politiquement ? Non, médiatiquement 1Macron est un hybride de manager, en chemise blanche et manches retroussées, et d’animateur de jeu télévisé, lui au centre de la scène et les spectateurs autour de lui comme marionnettes..

Le scénario des 6 derniers mois est éloquent : crise des GJ, grand débat, et plus récemment l’incendie de la cathédrale Notre Dame et la mort de deux militaires.

L’objectif d’une politique médiatique est juste de faire diversion, de « divertir » au sens que définissait Blaise Pascal = « Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser ». Divertir, c’est détourner l’attention.

Pour cela, le macronisme peut jouer sur trois leviers : l’émotion, la dérogation et la précipitation. Par exemple pour l’incendie de N-D : profiter de l’émotion pour reculer le moment politique de la fin du grand débat ; faire voter une loi d’exception pour la reconstruction ; précipiter une échéance à cinq ans alors qu’il a fallu plusieurs siècles aux bâtisseurs que l’on prétend honorer.

Dans cette mise en scène permanente, Christophe Castaner et maintenant Nathalie Loiseau n’ont que des rôles de valet et de servante : sans épaisseur politique, ils n’ont même pas le droit à la lumière réservée à Jupiter ; Macron sait le leur rappeler : c’est lui qui doit être sur l’affiche.

Tout cela pourrait prêter à ironie et sarcasme si ce n’était pas de politique qu’il s’agissait. Car derrière le décor, il y a bien une stratégie : une stratégie du faux. Il y a presque 50 ans Guy Debord faisait remarquer que dans la société du spectacle, « le vrai est un moment du faux ». Et bien, ce à quoi nous assistons aujourd’hui est bien pire : le faux est un moment du faux.

Références   [ + ]

1. Macron est un hybride de manager, en chemise blanche et manches retroussées, et d’animateur de jeu télévisé, lui au centre de la scène et les spectateurs autour de lui comme marionnettes.
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http://ladecroissance.xyz/2019/05/15/macron-au-pouvoir/feed/ 0
Travail http://ladecroissance.xyz/2019/04/29/travail/ http://ladecroissance.xyz/2019/04/29/travail/#comments Mon, 29 Apr 2019 04:58:04 +0000 http://ladecroissance.xyz/?p=1347 Lire la suite →]]> Le travail jouit d’un tel prestige dans nos mondes modernes que même certains de leurs critiques les plus virulents sont prêts à lui faire une place dans la décroissance alors que le travail, avec l’argent (le capital), est au coeur des systèmes qu’ils prétendent rejeter sans concession. Comment expliquer ce paradoxe sinon cette contradiction ? Par un défaut de définition, par un excès de paresse théorique.

Il existe une figure de rhétorique qui consiste à confondre la partie et le tout : la synecdoque. Et quand on fait passer la partie pour le tout, c’est une synecdoque décroissante.

Dans notre cas, le tout (le genre) est l’activité, alors que le travail n’est qu’une espèce d’activité. Que l’activité soit un fait, nul ne le contestera ; mais de là à en déduire la nécessité du travail, c’est un sophisme. Que nul ne puisse vivre sans s’activer, c’est une chose ; que nul ne puisse vivre sans travailler, c’est autre chose.

Ce qui est donc en jeu dans une définition « décroissante » du travail, c’est bien d’envisager l’abolition du travail dans une société qui serait libérée des fables de la croissance. Dans cette société rêvée, non seulement chacun s’activera mais chaque activité se verra reconnaître son « utilité sociale » : nul ne sera exclu puisque pour participer, il suffira d’appartenir, et de partager les richesses ainsi produites.

Pour définir le « travail », il suffit donc de le comparer à d’autres espèces d’activité : le bénévolat, l’esclavage et le métier.

  • Le bénévolat est une activité non rémunérée, accomplie volontairement (C’est pourquoi même quand on y fait des « efforts », ce n’est pas de la « peine »).
  • L’esclavage est une activité non rémunérée, accomplie sous la contrainte.
  • Le métier est une activité rémunérée, accomplie par choix délibéré (C’est pourquoi « il n’y a pas de sot métier »).
  • Il reste à nommer l’activité rémunérée, accomplie sous la contrainte : c’est le travail.
  • Quant à l’emploi, il regroupe le métier et le travail : c’est une activité rémunérée.

Avec de telles définitions précises, on comprend mieux le tour de passe-passe de la définition usuelle  : « Au sens économique usuel, le travail est l’activité rémunérée ou non qui permet la production de biens et services », peut-on lire dans tout manuel d’économie. Avec une telle définition, l’esclavage est un travail : chacun peut imaginer la tête de celui à qui, cherchant un emploi, on proposerait de devenir esclave. Voilà aussi pourquoi, à Pôle Emploi, c’est une provocation d’y proposer des activités bénévoles.

C’est Boris Vian qui a peut-être le plus plaisamment défini le travail :

  • « Le travail, c’est ce qu’on ne peut pas s’arrêter de faire quand on a envie de s’arrêter de le faire. »
  • « Le paradoxe du travail, c’est que l’on ne travaille, en fin de compte, que pour le supprimer. »
  • « Si le travail c’est l’opium du peuple, alors je ne veux pas finir drogué. »

Pour le dire autrement : le travail est du côté de la peine ; et de la peine, nul de sain ne peut tirer le moindre plaisir. C’est là que les « travaillistes » tentent un autre tour de prestidigitation quand ils tentent de faire passer la satisfaction possible de toute activité « bien faite » pour un plaisir attaché au travail. Il ne faut pas nier la capacité humaine d’éprouver la joie de l’effort accompli dans la réalisation d’une activité ; mais cela ne nous apprend rien sur le travail, juste sur l’utilité sociale de toute activité individuelle (à condition qu’elle n’enfreigne pas les limites du licite, c’est bien toute activité qui mérite reconnaissance pour sa co-opération).

→ Muni d’une telle définition du « travail » et de l' »activité », tout décroissant ne devrait-il pas défendre l’abolition de celui-là et la reconnaissance sociale pour celle-ci ?

  • « Reconnaissance sociale » dans ce cas, cela signifie que chacun devrait reconnaître que – dans une société –  la production de la richesse économique n’est jamais individuelle mais toujours sociale 1Qui peut croire qu’il pourrait exister sans tous les autres ?. Doublement sociale : a/ parce que tout activité est production continue de la société ; b/ c’est la société dans son ensemble qui produit la richesse, mais pas les individus, même en les additionnant.
  • « Abolition », cela signifie que l’argument par l’emploi n’est jamais un bon argument. L’emploi n’est jamais du côté de la solution puisqu’il est déjà du côté du problème. Attention donc à ne jamais justifier une mesure – aussi écologique soit-elle – parce qu’elle pourrait « créer des emplois ». La décroissance, c’est la baisse de l’activité marchande, donc de l’emploi.

Pour poursuivre et approfondir :

Références   [ + ]

1. Qui peut croire qu’il pourrait exister sans tous les autres ?
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http://ladecroissance.xyz/2019/04/29/travail/feed/ 2