Bulletin trimestriel n°1 – 2020

 Bulletin trimestriel n°1 – 2020

Actualités de la MCD

Le confinement a été l’occasion pour la MCD de fournir un gros travail d’analyse de ce moment. A cette occasion de nombreux contributeurs ont écrit des textes, publiés sur le site de la MCD.

Mais surtout, la MCD et deux de ses membres fondateurs, Thierry Brulavoine et Michel Lepesant, ont porté un projet de tribune, intitulée « Confinement : en demi-résonance avec notre décroissance ». Ouvert à la signature des intellectuel.le.s, universitaires, militant.e.s du réseau francophone décroissant, elle a fait l’objet d’une publication au sein du quotidien Libération, en contre-point notamment aux textes de Laurent Joffrin et de Paul Ariès parus précédemment dans le même journal. Cette tribune représente une étape importante pour la MCD : c’est un texte équilibré, écrit par et pour les décroissant, ce qui nous a permis d’obtenir plus d’une trentaine de signatures, françaises, mais aussi de nos amis belges et suisses. Ce type de réussite commune constitue depuis sa fondation l’un des premiers objectifs de la Maison commune : ce qui est une bonne nouvelle pour tous les décroissants.

La tribune, ainsi que l’article « Le monde qui s’installe n’a rien d’une utopie c’est un cauchemar » ont été pas mal relayés sur Internet, comme en témoigne cette revue de presse.

Le travail en commun ne s’arrête pas à cette tribune : depuis des semaines, une partie des membres de la Mutuelle de la MCD (groupe chargé de la rédaction du contenu idéologique et du noyau philosophique) s’active pour produire un texte commun d’analyse de la situation d’un point de vue décroissant.  

Vie associative de la MCD

Malheureusement nous avons dû annuler les rencontres entre membres prévues au printemps ! Mais ce n’est que partie remise et pour le moment, nous continuons le « télé-militantisme» !

La MCD s’est récemment dotée d’une page Facebook et d’un compte Youtube. Malgré les limites évidentes de ces réseaux et du « tout numérique », c »est un choix assumé dans l’optique d’accroître la visibilité de la décroissance.

Nous mettons régulièrement à jour le site, pour le rendre toujours plus lisible et intéressant. Vous pouvez dorénavant accéder à des articles par « dossiers » : Covid-19, Gilets Jaunes, la technique, extractivisme

(F)estives 2020 1Les (F)estives, c’est l’événement annuel qui nous permet de penser la décroissance et d’élaborer son noyau philosophique. Autour d’un sujet, nous procédons à des interventions longues, des discussions lentes, des débats de fond, dans l’optique d’ouvrir les possibles et de produire des positions clivantes et identifiantes suivies de propositions d’actions concrètes ; dans un climat général de convivialité, de bienveillance et de festivité : projections, musique, théâtre, et autres activités sérotinales… .

Nous avons dû annuler les (F)estives après trois mois de travail sur son organisation pratique et son contenu idéologique. Compte-tenu du contexte, il nous semble peu probable de pouvoir organiser cet événement en juillet. Nous réfléchissons actuellement à ce que nous pourrions faire « à la place » ou plus tard.

→ Les premiers mois de l’année avaient en effet été consacrés à la préparation des (F)estives. Elles auraient dû avoir lieu du 9 au 12 juillet à la MFR de Mauriac, dans le Cantal.

Thème des (F)estives

Thème retenu : « Notre relation à la Nature est une question politique ». Ces trois dernières années, nous avions réfléchi à une critique politique radicale de l’individualisme en nous questionnant sur « le sens de la vie » (2017), le « sens de la technique » (2018) et le « sens de l’histoire » (2019), sans jamais perdre de vue la dimension politique de ces questions. Ce triptyque est désormais clôturé.

→ Penser notre relation à la Nature en ouvre un nouveau, qui s’articule avec deux autres réflexions autour de « notre rapport à la démocratie » et « notre rapport à la société, aux autres ». Quelle pourrait-être notre relation à la Nature en tant que décroissants ? Quelle définition pouvons-nous en donner ? Ni stock de ressources exploitables économiquement rentable, ni déesse-mère à adorer : notre objectif est d’ouvrir une voie entre l’anthropocentrisme, qui sépare radicalement l’homme de la nature et de l’animalité et nous rend maîtres de cette nature, et la déification de la Nature, où l‘être humain lui-même ne serait qu’une ressource parmi d’autres. Vers un humanisme renouvelé donc, où les hommes ne sont pas le centre de la nature, bien que cela soit toujours dans une perspective humaine qu’ils s’en inquiètent.

→ Ce travail semblait d’autant plus pertinent dans le contexte actuel de pandémie mondiale, qui vient mettre en lumière l’absurdité de notre rapport à la Nature et au vivant, la fragilité de nos démocraties, l’importance de la vie en commun et de la lutte contre l’individualisme. Il est nécessaire de politiser ces questions et de s’en emparer pour ne pas se faire confisquer la réponse à apporter à cette crise par ceux qui ne souhaitent qu’une chose, que tout continue comme avant.

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Références   [ + ]

1. Les (F)estives, c’est l’événement annuel qui nous permet de penser la décroissance et d’élaborer son noyau philosophique. Autour d’un sujet, nous procédons à des interventions longues, des discussions lentes, des débats de fond, dans l’optique d’ouvrir les possibles et de produire des positions clivantes et identifiantes suivies de propositions d’actions concrètes ; dans un climat général de convivialité, de bienveillance et de festivité : projections, musique, théâtre, et autres activités sérotinales…

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