Revenir en arrière ou aller de l’avant

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Je cherche à comprendre le monde, y compris à comprendre pourquoi ce genre de quête est si rare alors qu’à moi elle me paraît la moindre des choses. Et ce cheminement m’a mené jusqu’à percevoir l’impasse de nos sociétés productivistes, tout en comprenant aussi pourquoi et comment nous en sommes arrivés là, et surtout, surtout, comment entrevoir une sortie possible, car cette impasse est, juste, mortifère.

Et le point de convergence de cette sortie m’a amené à la conviction de cette nécessité impérieuse et heureuse de revenir à une production artisanale.

Quant aux différences avec l’ancien monde artisanal, ça mérite de s’y attarder un peu. Car il ne s’agit pas uniquement d’un retour en arrière, même si la production artisanale caractérisait assurément le monde d’avant.

Je sais d’expérience que ce retour en arrière est inconcevable pour bon nombre d’entre nous. L’omniprésence du mythe du progrès inarrêtable nous l’a bien mis dans le crâne, sans compter notre attachement viscéral à notre niveau de vie et à notre mode de vie qui prennent le dessus, haut la main, sur la destruction du monde qui, elle, est sans cesse reléguée aux générations futures quoiqu’on en dise. J’ai déjà abordé cette contradiction dans La chaussette retournée – 9 septembre 2019.

Les différences du monde tel que je le conçois demain avec celui d’hier, en dehors d’un effondrement et d’un chaos fort possibles mais également évitables pour peu qu’on s’en donne les moyens, tiennent en ces points, non exhaustifs, et dont chacun peut être discuté à l’infini :

  • nous aurons perdu, définitivement, cet attachement à un désir de conquérir le monde ;
  • nous aurons conscience de la finitude du monde ;nous aurons perdu, définitivement, cet attachement à un fantasme d’énergies fossiles, ou renouvelables, illimitées ;
  • nous nous réconcilierons avec cette vision d’une vie simple, harmonieuse, nous nous réapproprierons cet adage issu de Notre Dame des Landes : « nous ne sommes pas les défenseurs de la nature, nous sommes la nature qui se défend » ;
  • nous retrouverons la notion du temps, de la succession des générations, en cela nous abandonnerons, définitivement, notre représentation d’un monde à courte vue, en constant changement, dont chaque génération efface la précédente par ses créations en tout genre, artistiques ou autres ;
  • nous abandonnerons cette collection démesurée de connaissances inutiles, de bagage culturel qui enfle sans cesse, pour nous recentrer sur des cultures orales qui ne gardent que l’essentiel, un essentiel qui donne du sens aux choses, au vivant ;
  • nous aurons appris à nous méfier de l’argent, des monnaies, et de toute accumulation, en sachant quelles dérives se cachent derrière ;
  • les intuitions d’avant seront devenues des certitudes, des connaissances avérées, confrontées au réel ;
  • notre mythologie s’enrichira d’histoires de mirages passés qui diront, non pas, « nous avons été heureux », mais « nous avons cru être plus heureux » ;
  • nous nous laisserons encore moins avoir pas une quelconque tentative de retourner vers ces mirages que sont l’annexion de territoires et de peuples, l’esclavage, la domination, la soumission ;
  • nous saurons, fermement, définitivement, que l’homme n’est décidément pas un loup pour l’homme et nous saurons déjouer toute manipulation de prise de pouvoir et toute séduction trompeuse venant de l’extérieur, pour les avoir déjà vécues à nos dépens ;
  • autant dans l’ancien monde artisanal chacun trouvait sa voie individuellement, le plus souvent par transmission familiale, autant dans le monde de demain s’imposeront des concertations pour organiser des productions collectives ;
  • autant dans l’ancien monde artisanal les techniques de fabrication nous étaient léguées depuis plusieurs générations, autant dans le monde artisanal de demain toutes les techniques douces s’offriront à nous pour inventer des mondes totalement nouveaux, regorgeant d’imagination ;
  • dans les ressources qui s’offriront à nous se trouvent à n’en pas douter tout ce que la revue passerelleco a compilé, revue papier et site internet, https://www.passerelleco.info/ > Thématiques, ainsi que les travaux de Murray Bookchin sur le même thème et plein d’autres techniques douces, innombrables ;
  • etc.

25 novembre 2019

http://gorgerouge.unblog.fr

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