Nous ne savons pas vers quoi nous allons

Nous ne savons pas vers quoi nous allons

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Mais nous savons que nous y allons. Le mois de novembre dernier, la presse a fortement relayé l’appel lancé par plus de 15.000 scientifiques pour nous alerter de la gravité des risques qui pèsent sur l’avenir de notre biosphère. Cette déclaration nous laissait espérer une prise de conscience de nos dirigeants politiques qui inévitablement allait se concrétiser par des décisions audacieuses. Or que reste-t-il de ce tapage médiatique ? Rien ? Certes non ! Au contraire.

On continue comme avant ?

Non, on accélère ! De l’appel, pour le moins alarmant, de ces scientifiques du monde entier, les décideurs concluent qu’il nous faut aller de l’avant avec encore plus d’enthousiasme, que nous devons marcher à toute force vers le progrès et que nous trouverons notre salut dans les nouvelles technologies issues des pôles de recherche et développement. Ne rien changer donc, et poursuivre notre course aveugle vers l’abîme, en espérant tout de cette vieille lune qu’est la transition énergétique.

Les nouvelles technologies.

Issues de la « recherche et développement » (l’expression, dont les origines remontent au lendemain de la première guerre mondiale, est devenue courante sous l’influence de la très libérale OCDE et du manuel dit de Frascati), les nouvelles technologies traduisent la montée des techno-sciences et l’hégémonie du discours scientiste qui voudrait nous faire croire (il s’agit bien de croyance !) qu’un surcroît de technique pourrait réparer les dégâts causés par la… technique.

Miraculeuse transition énergétique ?

La transition énergétique est un mensonge, elle n’a jamais existé et elle n’existera jamais. Une nouvelle source d’énergie ne s’est jamais substituée à une autre, mais face à la demande croissante d’énergie, elle s’est toujours additionnée à celles existantes. Les énergies renouvelables remplaceront les énergies issues des combustibles fossiles ? Qu’elles soient éoliennes, solaires, marines, ou ce que vous voulez, ces énergies dites renouvelables seront insuffisantes pour répondre à la demande exponentielle d’énergie.

Un cercle vicieux

Ainsi il faudrait près de 20000 éoliennes de 3 MW, rien qu’en France, pour remplacer 58 réacteurs nucléaires de 1.000 MW. (Bien plus quand on sait qu’une éolienne n’est productive que 30% du temps). Or ces 20.000 éoliennes nécessiteront une foule de métaux plus ou moins rares, issus de minerais dont la teneur ne cesse de baisser. La transition énergétique ne se fera tout simplement pas par manque de métaux et par manque… d’énergie pour les extraire. Car nous nous trouvons devant une impasse quasi métaphysique : il faut des métaux pour faire de l’énergie, mais il faut de l’énergie pour extraire les métaux (10% de l’énergie primaire mondiale est consommée par l’extraction). Or nous allons manquer et de l’une et des autres !

La solution ?

Être lucide c’est admettre que nous consommons trop d’énergie et que nous devons opter pour une diminution drastique de sa consommation. Cette diminution a un nom : la décroissance.

6 commentaires

  1. Eh oui, il faut moins consommer, ce sera de grè ou de force. L’éolien à 100% ne peut pas marcher dans l’état actuel de nos connaissances techniques sans un stockage monstrueux qu’on ne sait pas faire aujourd’hui, et l’électricité n’est qu’une petite partie de notre consommation d’énergie. Ceci dit, il faut y aller, sinon tout notre système économique se casse la figure, et on se tape dessus pour simplement essayer de manger.
    Je serai à NDDL
    Michel

    1. Bonsoir Michel,
      Quand bien même l’effondrement social adviendrait avant l’investissement massif dans l’éolien, il est de notre responsabilité, hic et nunc, de proposer une vision politique et des propositions programmatiques qui intègrent une décroissance de nos consommations d’énergie. Car le monde absurde de la croissance, de l’accélération permanente, de la connexion généralisée devient de plus en plus invivable.
      La transition énergétique via le développement de l’éolien n’est que de la croissance verte.
      Quelle soit verte ou bleue la croissance, c’est le non sens. Le bon sens, c’est la décroissance.
      Thierry Brulavoine

  2. Bravo , Jean Yves !
    mais une petite précision s’impose : 10% consommée par l’extraction est un chiffre optimiste !
    En général on parle de 30% : par exemple 1 baril d’énergie pour 2 barils de gaz de schiste.
    Mis ne chipotons pas !
    une seule solution : réduire notre consommation !
    J’approuve et soutiens , et c’est une des raisons pour lesquelles je ne viendrai pas à Saligny ; je vous souhaite un bon moment , fécond en propositions concrètes !

    1. Bonsoir Anne,
      Enchanté de voir que tu continues de suivre notre aventure politique.

      Puisque tu ne te déplaces presque plus, il t’est possible d’envoyer billets ou opinions pour qu’ils paraissent sur ce site. C’est valable pour toute personne. La seule condition: c’est d’articuler son propos avec l’objet de la Maison commune de la décroissance : « Cette association a pour objet de faire connaître la décroissance et s’attache à construire une philosophie politique et un mouvement politique en cohérence avec cet objet.

      La décroissance, trajet vers des sociétés écologiquement soutenables, socialement décentes et démocratiquement organisées, passe par la baisse de l’extraction, de la production, de la consommation, et des déchets.

      Sans aller aux élections en son nom, l’association élabore un projet et des propositions politiques qui organisent démocratiquement la décroissance. Lors des périodes électorales, l’association peut soutenir officiellement des candidatures conformes à cet objet.
      Thierry Brulavoine

  3. Il y a …1 siècle, on investissait un baril et on obtenait 100. Maintenant, on obtient 18 ou 20. Pour le pétrole dit « conventionnel » en déclin depuis 2005-6 et TRE en baisse . Pour les autres « huiles » le TRE-EROI est bien plus faible.
    De même que pour les « renouvelables ». Actuellement les soi-disant énergies alternatives sont le produit de la « société du pétrole ».Après?.L’ humanité a crû avec toujours plus d’ énergie (et de métaux) à sa disposition. Elle en aura moins et de moins en moins : elle va décroître en nombre. Comment? De combien?
    La « décroissance » pouvait être un projet des années 1970. L’horizon actuel, c’est l’effondrement. Plus le temps. Même avec une « décroissance identifiante et clivante »…
    L’épisode industriel moderne de l’histoire de l’humanité touche à sa fin. Beaucoup de dégâts et de souffrances.

    1. Bonsoir Luce,
      L’effondrement social est probable, l’effondrement écologique presque certain. Et malgré cela, le désir de vivre m’oblige à maintenir le flambeau d’une idée de l’humanité. Or je suis intiment convaincu et j’en ai l’intuition, la philosophie politique et le projet politique au sein de la Maison commune de la décroissance que nous portons développe un univers de sens susceptible de mobiliser nos semblables.
      Sinon à quoi bon ? Se résigner ? Et nous laisserions alors le pouvoir de nuisance aux malfaisants.
      Si vous avez laissé ce commentaire, c’est que j’ose croire que vous participerez avec nous à préserver l’humaine étincelle sur cette belle planète.
      Thierry Brulavoine.

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